Est-ce que les actes sexuels entre homosexuels entraînent certaines maladies?


Bonjour à vous et ainsi qu’à votre communauté

Je vous souhaite d’avance bonne année 2021, elle soit très différente de 2020 en opportunité en succè et en joie.
Merci vraiment pour la précédente réponse, je suis très satisfait mais  je crois que ce serait mieux si j’arrête avec la masturbation ?
Aujourd’hui je vais encore avoir besoin de certaines réponses pour essayer de changer quelques préjugés ou prenotions.
Beaucoup de personnes disent que les actes sexuels entre les homosexuels surtout les gays entrainent certaines maladies comme après ils ( gays passifs) ne peuvent plus contrôle les pertes de selles.
Est ce vrai ou faux?
Pourquoi, les causes scientifiques ?
Le nom de la maladie ou si c’est une infection, le nom ?
Et quels sont les traitements pour prévenir ou la guérir ?
Personnellement j’ai eu des rapports avec des jeunes garçons dans lesquels j’ai laissé qu’ils pénètrent leurs penis dans mon anus et d’autres part j’ai joué la place de l’actif, c’est a dire mettre mon penis dans leurs anus. Mais ces relations n’ont pas été régulière juste 5 à 10 fois je ne me souviens plus et je ne veux pas me souvenir car ces relations me font douter de ma sexualité comme hétéro ( même si je n’es pas encore eu de rapport avec une personne de sexe différente c’est a dire une fille ).
B.

Salut B. !

Je tiens à te remercier pour tes jolis souhaits pour 2021! Je te souhaite également une jolie année!

Je suis heureux que tu aies apprécié notre précédente réponse concernant la masturbation! Tu te demandes si le mieux ne serait pas de cesser de te masturber. Pour répondre rapidement à cette question, tant et aussi longtemps que tu retires du plaisir à te masturber, je ne vois pas pourquoi ce serait «mieux» d’arrêter de se masturber. Pour citer une ancienne réponse, la masturbation peut t’apporter plusieurs bienfaits : «C’est-à-dire une meilleure connaissance de ton corps, de tes zones érogènes et même un remède anti-stress qui peut favoriser une meilleure santé physique et psychologique! La masturbation permet même de libérer certaines hormones dans le cerveau, soit l’endorphine et la dopamine qui permettent de réduire le stress, et la prolactine qui peut améliorer la qualité du sommeil.» Conséquemment, la décision de te masturber ou non te revient à 100%. Mais je voulais simplement préciser que ce n’est pas mal ou mauvais de se masturber.

Maintenant, explorons tes nouvelles questions! Tu précises vouloir nous écrire afin d’essayer de changer certains préjugés et préconceptions négatives à l’égard des personnes homosexuelles. C’est tout à ton honneur de prendre le temps de vouloir t’informer davantage et de déconstruire, à ton rythme, des préjugés et stéréotypes négatifs à l’égard des personnes de la diversité sexuelle et de genre. Et AlterHéros est là exactement pour cela!

Tu te demandes s’il est vrai que les actes sexuels entre hommes homosexuels puissent entraîner des maladies, dont notamment des problèmes d’incontinence anale lorsque l’homme reçoit une sodomie.

Pour faire une réponse courte : c’est entièrement faux. Il existe beaucoup de stéréotypes comme celui-ci dont la stratégie est de lier une orientation sexuelle ou une pratique sexuelle jugée non-hétérosexuelle à une forme de maladie. L’objectif est de stigmatiser ces pratiques sexuelles ainsi que les personnes les pratiquant. Tous ces stéréotypes et stigmates prennent racine dans ce que l’on nomme l’hétéronormativité. Qu’est-ce que l’hétéronormativité? Pour citer une ancienne réponse à ce sujet : «L’hétéronormativité renvoie à l’idéologie dominante selon laquelle la norme sociale à laquelle tous les individus devraient se conformer est l’hétérosexualité. Il s’agit de cette pensée selon laquelle les rôles sociaux, les genres, les sexes et les sexualités devraient correspondre à un modèle hétérosexuel. Ce système de valeur est souvent inconscient, comme le sont d’autres systèmes d’oppression comme le sexisme ou le racisme. On ne naît pas homophobe par exemple, mais on le devient : en grandissant on vient à adhérer et à intérioriser les idées selon lesquelles l’homosexualité ou la bisexualité sont des orientations inférieures à l’hétérosexualité. Ces idées sont véhiculées par divers moyens, que ce soit pas nos familles ou nos institutions (le mariage, l’adoption, les médias, la façon dont les livres d’école traitent de la sexualité, le traitement social de la diversité sexuelle dans différentes institutions religieuses, etc). Ainsi, inconsciemment, on intériorise l’idée selon laquelle nous devons être hétéro.» Parallèlement, on vient à associer des idées négatives à toutes les personnes ne correspondant pas au modèle hétéronormatif ou ne pratiquant pas les actes sexuels normatifs liés à l’hétérosexualité. C’est donc de là que provient les stéréotypes que tu nommes par rapport aux maladies ou à l’incontinence anale.

Explorons un peu plus en profondeur tes questions si tu me le permets. D’abord, recevoir une sodomie est une expérience différente pour chaque personne. Chaque individu a une expérience différente liée au plaisir anal et l’important est que les personnes en retirent du plaisir! Que ce soit des personnes hétérosexuelles ou homosexuelles, des hommes ou des femmes, peu importe qui pratiquent la sexualité anale, ça n’a absolument aucune différence. Les risques associés à la sodomie sont beaucoup plus liés à la façon de pratiquer la sexualité anale que dans l’acte en soi. Et ces risques s’appliquent à tout le monde! Je m’explique. La question des risques dépend de l’individu, du contexte et de l’objet utilisé à la pénétration. Par exemple un même jouet sexuel utilisé sur une autre personne pourrait avoir davantage de risque. Un même jouet utilisé sur une personne déjà initiée peut avoir un risque différent si le contexte est différent (si la personne est intoxiquée par exemple). Conséquemment, chaque situation est à analyser indépendamment. L’important, c’est de reconnaître que chaque individu est l’expert de son propre corps! En bref, si une sodomie se fait en douceur, avec du lubrifiant et en écoutant les limites de la personne, il s’agit généralement de trois ingrédients importants pour garantir qu’il n’y ait pas de risques sur le corps. Puis, il est possible de ressentir certaines douleurs après une sodomie ou même de noter des petites traces de sang dans les selles. La présence de sang dans les selles est généralement liée à des microlésions. C’est relativement fréquent et il est inutile de s’inquiéter, car le corps se guérit rapidement par lui seul. C’est simplement que la muqueuse anale est relativement fragile et lorsqu’on pénètre trop fort et avec pas suffisamment de lubrifiant, il peut y avoir des microlésions. La même chose peut arriver dans un vagin! Si le sang est plus abondant et si on ne note pas d’améliorations après plusieurs jours, il devient alors intéressant de consulter un.e professionnel.le de la santé. Bref, pour répondre directement à ta question, la sexualité anale ne comporte pas de risque en soi si tu connais tes propres limites, si tu utilises une quantité suffisante de lubrifiant, si tu laves correctement tes jouets sexuels, si tu mets fin à l’activité lorsque tu ressens que c’est le moment et si tu offres à ton corps le temps de récupération que tu as de besoin. C’est une pratique super plaisante!

Concernant la question de l’incontinence anale, laisse-moi citer cet extrait d’une réponse que j’ai composée à ce sujet : «Au niveau des risques de l’incontinence anale, il n’y a toujours pas de données probantes qui officialisent une quelconques corrélations entre la pratique de la pénétration anale et l’incontinence anale. Toutefois, ce que l’on sait, c’est que les rapports sexuels par voie anale diminuent le tonus anal. En d’autres mots, le sphincter interne devient un peu plus souple. Est-ce que cela engendre à son tour de l’incontinence anale? Pas nécessairement! Ce que l’on peut supposer toutefois, c’est que les personnes pratiquant la sexualité anale réceptive ont un meilleur confort anal et que ces dernières soient tout simplement plus relaxées que les autres au moment de déféquer. Un petit truc personnel, c’est de garder en tête qu’après une sodomie et/ou masturbation anale, on a, d’une part, beaucoup de lubrifiant sur les parois rectales et, d’autre part, que nos sphincters interne et externe sont plutôt dilatés! Conséquemment, si on ressent le besoin d’aller à la selle dans l’heure suivant une sodomie et/ou masturbation anale, on est mieux de ne pas trop tarder afin d’éviter les dégâts… (oui oui, je parle en expérience personnelle! hehe). Il faut après tout laisser le temps à notre corps de récupérer! 😉»

Ainsi, pour répondre à ta question, et en tant qu’homme homosexuel pratiquant la pénétration anale réceptive depuis mon adolescence, l’anus est un muscle extraordinaire qui se détend et se contracte! Il n’y a pas de risques d’incontinence à ce niveau. Je t’invite à garder en tête que certaines douleurs ou blessures, comme les fissures précédemment nommées, peuvent survenir plus souvent en fonction de la vitesse et de la force utilisées pendant la séance. À toi d’ajuster les paramètres de l’acte sexuel en fonction de ces informations! 🙂

Finalement, il existe bien évidemment des risques d’infections transmissibles sexuellement ou par le sang (ITSS) associés à la sexualité anale. Ces risques sont similairement les mêmes que pour la sexualité vaginale! Tu peux opter pour l’usage d’un préservatif, combiné à un dépistage régulier et même -si c’est accessible dans ton pays- pour la PrEP qui peut protéger contre le VIH. Il existe différentes techniques pour se protéger soi-même et nos partenaires des ITSS. À toi de voir quelle tactique tu préfères! Tu peux lire cette réponse pour en lire davantage sur les ITSS et les moyens de prévention : Est-ce qu’il y a des risques de contracter une MST avec la sodomie si mon partenaire et moi sommes vierges? Puis, si tu as des questions spécifiques concernant le VIH/sida et la façon dont ce virus affecte les communautés homosexuelles tu peux lire cette réponse à ce sujet.

J’espère que tout cela a pu éclaircir certains de tes questionnements! N’hésite pas à nous contacter de nouveau si tu en ressens le besoin! Si tu le souhaites, tu trouveras des informations complémentaires dans ces réponses :

Comment bien se préparer au sexe anal?

Quelles sont les précautions à prendre lors d’une première relation sexuelle entre hommes?

 

Au plaisir d’avoir de tes nouvelles! Et amuse-toi! 🙂

Solidairement,

Guillaume, pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.

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