Est-ce qu’il y a des risques de contracter une MST avec la sodomie si mon partenaire et moi sommes vierges?


Si moi je suis vierge et mon partenaire aussi et qu on pratique sodomie sans capote risqu t on de contracter une MST ?
Xavcou17
 
Salut Xavcou17 ! D’abord, milles excuses pour le délai de réponse.
Je tiens aussi à te remercier pour la confiance que tu portes envers AlterHéros. Si je comprends bien ta situation, ton partenaire et toi êtes vierges et vous vous demandez s’il y a un risque de contracter une maladie sexuellement transmise (MST) si vous avez des pratiques sexuelles anales sans préservatif. Dans le cadre de cette présente réponse, j’utiliserai l’expression infection transmissible sexuellement ou par le sang (ITSS) qui est de plus en plus répandue dans le langage de la santé publique pour remplacer le terme MST.
En premier lieu, lorsque tu dis que ton partenaire et toi êtes vierges, comment définis-tu la virginité? Certaines personnes se considèrent vierges ou puceaux si elles n’ont eu aucun rapport sexuel (fellation, anulingus, cunnilingus, pénétration vaginale ou pénétration anale), d’autres vont utiliser ces termes pour référer uniquement à leur première expérience de pénétration vaginale ou anale. Chaque personne a la liberté de définir comme elle le souhaite ce que représente la virginité pour elle, selon ses propres valeurs et visions de la sexualité.
En deuxième lieu, tu te questionnes à savoir s’il y a des risques de contracter une ITSS si tu pratiques la sodomie sans condom avec ton partenaire. Considérant qu’il m’est impossible de connaître avec certitudes les antécédents sexuels, voici les différentes possibilités.

  1. Si ton partenaire et toi n’avez jamais eu de contacts sexuels avec d’autres personnes (fellation, anulingus, cunnilingus, pénétration vaginale ou pénétration anale), les chances de transmission de la majorité des ITSS sont donc casi nulles. Je réfère ici au VIH, à la syphilis, la gonorrhée et à la chlamydia. Toutefois, l’analyse des antécédents sexuels ne permet pas de savoir avec précision les risques de transmission d’une ITSS. Est-ce que ton partenaire ou toi avez partagé du matériel de consommation de drogues par injection ou par voies nasales ou avez reçu un tatouage ou un piercing dans des conditions non stérile? Si oui, le VIH et certaines hépatites  peuvent se transmettre via une exposition à du sang contaminé. De plus, les hépatites A et E peuvent également se transmettre si la bouche est en contact avec des matières fécales de personnes atteintes, comme dans le cas des pratiques sexuelles bouche-anus, ou en étant en contact avec des eaux ou aliments impropres dans des zones ou pays où le traitement des eaux usées n’est pas adéquat.
  2. Si ton partenaire et toi avez déjà eu des rapports sexuels impliquant une fellation, un anulingus ou un cunnilingus, il y a alors davantage de risques de transmission d’ITSS. La gonorrhée, la chlamydia et dans une moindre mesure, la syphilis, se transmettent également par des rapports sexuels impliquant la bouche et les organes génitaux.
  3. Est-ce que ton partenaire et toi avez déjà réalisé un dépistage d’ITSS? La meilleure façon de connaître les risques de transmission, c’est de connaître son statut de santé sexuelle! Ainsi, si ton partenaire et toi préférez poursuivre vos rapports sexuels sans condom, la seule façon d’avoir la certitude que vous ne vous exposez à aucun risque de transmission d’ITSS est de réaliser un test de dépistage! Je vois que tu habites en France. Est-ce que tu connais l’association AIDES ? Il s’agit d’une association offrant des services de prévention de santé sexuelle, dont leur approche est très sécuritaire et friendly pour les gars qui ont du sexe avec d’autres gars. Cette association est active dans plusieurs villes en France et permet d’accéder à des tests complets de dépistage! Clique ici pour voir la carte de leurs nombreux points de services en France. Un test de dépistage comprend habituellement des prélèvements aux sites de la gorge, de l’anus et du vagin à l’aide d’un coton-tige. Pour les personnes avec un pénis, un test d’urine sera également effectué. Ces prélèvements permettent de détecter la présence de la chlamydia et de la gonorrhée. Finalement, des prises de sang permettant de détecter le VIH, la syphilis et les hépatites seront également faits.
  4. Est-ce que tu connais la PrEP (Prophylaxie pré-exposition). Il s’agit d’un médicament permettant de prévenir le VIH. Un comprimé par jour te protège du VIH! Si tu rencontres des intervenant.es d’AIDES en France, iels seront te renseigner sur ce médicament préventif. Il s’agit d’une technologie efficace permettant de prévenir de nouvelles infections au VIH qui mérite d’être connue!

 
Finalement, la décision de porter un condom ou non pendant un rapport sexuel nécessite une conversation entre ton partenaire et toi. Le condom est la technologie la moins coûteuse et la plus facile pour prévenir la transmission du VIH et d’autres ITSS. Toutefois, pour plusieurs raisons qui appartiennent aux personnes concernées, certaines personnes prennent la décision de ne pas utiliser de condom. Si tel est le cas, l’important est de connaître les différentes stratégies disponibles à adopter avec ton partenaire (ou tes futurs partenaires!) : notamment le dépistage régulier, le traitement advenant un résultat positif à une ITSS et une communication constante sur la santé sexuelle!
Je te laisse avec une belle citation du site internet Le sexe qui t’allume abordant la santé sexuelle, le condom, le VIH et la PrEP pour les gars qui ont du sexe avec d’autres gars : ”Quoi qu’il en soit, parlons-en. Quand on flirte, qu’on fréquente quelqu’un, qu’on suce, qu’on baise ou qu’on aime, il est important d’être honnête par rapport aux pratiques sexuelles que l’on a et que l’on aimerait avoir. Bref, on t’encourage à en apprendre plus sur les stratégies disponibles et à adopter celles qui te conviennent le mieux.”
J’espère que cela a répondu à tes interrogations. N’hésite pas à nous écrire si tu as d’autres questions!
Guillaume, pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.