Je pense ne pas être homo mais cette peur constante d’avoir une attirance pour les hommes…


Bonjour, je n’aurais jamais pensé poser cette question sur un forum mais je suis épuisé mentalement, je commence à craquer.
Je crois être atteint du TOC homo, j’ai été voir une psychologue qui a eu d’autre patient dans mon cas et qui m’a dit qu’elle ne pensait pas que j’étais encore atteint de ce trouble mais que j’étais atteint “d’anxiété sévère”.
Pour résumer mon problème, je rentre de vacances en août, après avoir passé 1 mois de folie avec mes potes, et surtout grâce à un amour de vacances que j’avais rencontré là-bas et je me retrouve seul chez moi, à ne rien faire pendant 1 mois. Après avoir passé la dernière soirée avec elle, je rentre chez moi en voiture avec le syndrome des “couilles bleues” à cause d’avoir eu une érection toute la nuit sans n’avoir rien fait avec elle. Je rentre chez moi tout ce passe bien et un beau jour, en plein après-midi, bam, c’est là que tout commence. Je suis dans mon bureau, je m’ennuie, et je me pose 30 000 questions sur la vie etc, et je me pose cette question “attend mais on le sait comment si on est homosexuel ou pas ?”, et là grosse crise d’angoisse, je commence à m’étouffer, à ne plus savoir où je suis, qui je suis, j’ai l’impression d’être dans une autre réalité.
Je commence à me dire que si ça se trouve je le suis, que je me suis trompé sur moi tout ce temps etc… (Car oui, élément important à savoir, je suis sorti avec deux filles aux lycées dont je suis tombé amoureux directement. Je n’avais jamais compris ce qu’était le mot “bonheur” avant de rencontrer la première, j’étais tellement heureux dans ma vie, c’était indescriptible: je me voyais déjà fondé une famille avec elle etc.., et la deuxième a été le coup de foudre directe aussi, je me suis dis “impossible qu’il se passe pareil” et ​ça s’est finit à chaque fois très mal pour moi, puisqu’à la rupture, surtout la dernière qui a été un coup de massue pour moi, j’ai été très très mal pendant plusieurs mois mais je n’ai jamais voulu le montrer à personne). Dès qu’une de ces crises d’angoisse de celle-ci arrive, je vais de manière compulsive et sans pouvoir me contrôler sur un site porno avec de me masturber sur du porno hétéro comme si je voulais me rassurer, l’effet marche quelque minutes, mais le lendemain c’est encore pire. Je commence à me forcer à masturber une ou deux fois par jours, sans ne pouvoir rien contrôler, car je vis dans cette peur de devenir homo.
De plus, à partir du moment où je me suis posé cette fameuse question maudite, je n’arrivais plus à bander, surement par stress mais cela augmente encore plus mon anxiété en me disant que je suis peut-être entrain de changer, peut être que je ne pourrais jamais avoir de rapport avec une fille alors que cela fait tellement longtemps que j’attends ça.. (ceci est revenu petit à petit, j’ai réappris à savoir qu’est ce qui m’existait, comment je fonctionnais etc..). En résume, j’ai vraiment eu l’impression qu’à partir du moment où je me suis posé la question, c’est comme si j’avais eu un “reset” de mon cerveau et que je ne connaissais plus rien à la vie, plus rien sur moi, que je n’avais plus confiance en moi etc, j’ai du tout réapprendre.
Je repense à un évènement qui m’a traumatisé en avril, où un gars de ma classe qui est homosexuel, et avec qui je n’ai jamais eu de problème, aucune attirance, rien, commence à me fixer pendant toute 1 heure. Je suis tétanisé, je ne sais pas quoi faire, j’ai des bouffés de chaleurs, je n’arrive plus à bouger, j’ai l’impression que l’on m’agresse, que l’on me regarde sans que je le veille, que l’on veut me violer. Et oui, carrément, j’ai l’impression qu’on rentre dans mon intimité, c’est très bizarre à expliquer car ce n’est rien mais sur le moment, je l’ai vraiment pris comme une agression sans savoir pourquoi. Et TRES IMPORTANT POUR LA SUITE, mais je me pose ces questions: “est ce que je bande ? est ce que je ressens quelque chose ?” Les réponses sont non mais sur le moment, je n’arrive pas à me le dire. L’heure passe, la journée passe, et je commence à paniquer, à me dire que si ça trouve j’ai réagis comme ça parce que je suis attiré, que si ça se trouve, je ne m’en rends pas compte mais j’ai des sentiments pour les hommes sans le savoir etc…
Il faut savoir qu’un évènement qui m’a particulièrement marqué était qu’un des mes potes s’est fait agressé sexuellement par un autre de mes potes, qui a fait son coming-out ensuite et que tout le monde à fait comme si il ne c’était rien passé.
Ce qu’il faut également savoir, c’est que ce mécanisme d’avoir l’impression de devenir ou d’être attiré par quelque chose que je ne veut pas m’étais déjà arrivé: j’ai eu l’impression de devenir fou, de devenir un psychopate, d’être même attiré par les chats.. A chaque fois, ces épisodes ont duré de quelques jours ou ce sont étendus sur plusieurs mois jusqu’à ce qu’il disparaisse totalement et que je les trouve totalement absurde, mais sur le moment, impossible de me dire que tout ça est irrationnel.
Bref, on arrive en septembre, je vais voir une psychologue car j’ai l’impression de ne plus rien ressentir, que ce soit concernant mes exs, concernant les décès dans ma famille etc..) Je lui raconte tout et comme je vous l’ai dis, elle me diagnostique une importante anxiété mais ne me donne pas de médicaments car je me dis que je veux la combattre tout seul, sans une aide médicamentale, afin que ce soit durable dans le long temps.
Petit à petit, je me rend compte que cette impression de devenir homosexuel cachait des problèmes que je refusais d’affronter et que je refuse encore d’affronter. C’est notamment grâce à deux soirées où j’ai rencontré des filles que j’ai kiffé, où sur le moment, je comprenais qu’est ce qu’étais l’attirance, amoureuse et sexuelle qui m’ont permis de réduire mon anxiété.
Mais toujours le même mécanisme, les jours qui suivent ces évènements, je vie ma meilleure vie, mon anxiété n’existe plus, je revis comme avant finalement et surtout, je suis “HEUREUX” et petit à petit, elle se réinstalle et le monstre recommence à s’alimenter. Je ne comprends plus ce qu’est l’attirance, comment elle se manifeste, ce qu’on ressent etc.. (j’ai toujours eu du mal à savoir ce que je ressens depuis que je suis petit de manière générale).
Information importante, je bande très facilement, il suffit que je m’imagine une scène avec une femme, la sensation le toucher etc pour que j’ai une érection. Pareil, je bande très facilement en voiture à cause des vibrations et quand j’ai un de mes potes à côté, j’ai l’impression d’être homo et je recommence à angoisser. Je bande également lorsque j’ai un objet sur moi, que ce soit un animal, un carton ou quoi, je bande.
Le fait est que je n’ai JAMAIS eu une érection concernant un homme, et même en me forçant, je n’y arrive pas, j’ai beau m’imaginer des scénarios, je n’y arrive pas et je ne comprends pas pourquoi. Enfaite, je me pose cette question, qu’est ce qu’y fait que par exemple, lorsque je m’imagine une femme entrain de me faire une félation, j’ai une érection, mais lorsque c’est un homme, cela ne me procure rien. Pareil lorsque je parle avec une femme, ou que je m’imagine une scène avec elle, alors que quand c’est l’inverse ,cela ne me fait rien, pourtant, l’acte sexuel est le même ? Et ces questions qui alimente particulièrement mon anxiété. Pourtant ces questions reviendraient à se demander pourquoi je préfère les frites au haricot vert ? parce que c’est comme ça et je le sais bien. Mais là, vu que c’est quelque chose de plus gros et plus important pour moi, je n’arrive pas à comprendre et j’ai toujours cette peur de me dire, à bas si ça trouve, j’aime bien les haricots verts, il faut juste que je me force si ça trouve.

J’ai toujours été heureux avec les femmes, même si elles m’ont souvent rendues malheureux, mais je parle à une fille en ce moment avec qui me commence à m’attacher: j’ai des érections en m’imaginant des scénarios avec elle, en m’imaginant des moments intimes, en amoureux avec elle.

Premièrement, j’ai fais cette conversation pour me confier et me libérer de ce tout ça, l’écrire ça fait du bien, et surtout ça soulage.
Deuxièmement, j’aimerais avoir votre avis sur ma situation, je pense ne pas être homo mais cette peur constante d’avoir une attirance, d’avoir une érection, d’avoir changer alors que j’étais si heureux avant avec les questions envahissantes qui ne cessent dans ma tête me fatigue énormément. Je sais que l’on est à un âge où je me pose beaucoup de questions sur ma vie, mon futur etc et c’est normal mais cela devient tellement épuisant que c’est très dur à gérer.

Bonne soirée à vous.

Polioop

Salut Polioop!

Wow, tout un processus que tu as déjà entamé! Je te félicite d’avoir été consulter une psychologue pour mieux te comprendre. Et merci de t’exprimer à nous concernant ta situation, je suis contente de voir que ça te soulage déjà d’avoir écrit ce message et je vais faire de mon possible pour t’aider dans tes questionnements!

Alors, tu penses être atteint du « Toc homo », soit un trouble obsessionnel compulsif avec obssessions sexuelles. Tu es allé consulter une psychologue qui t’a dit que tu n’avais pas ce TOC, mais que tu avais plutôt une anxiété sévère. Tu es seulement attiré par les femmes, malgré le fait qu’elles t’ont souvent rendu malheureux. Lorsque tu as ces pensées intrusives, tu te masturbes sur de la pornographie hétérosexuelle pour te rassurer, mais lorsque tu as commencé à penser, ton stress embarquait et tu n’arrivais plus à bander. Deux événements marquant semblaient peut-être avoir influencé cette réflexion sur les orientations sexuelles, soit le fait que tu t’es fait fixer pendant longtemps par un homme gay et ça t’a fait sentir agressé, ainsi que le fait que ton ami s’est fait agresser sexuellement par un autre ami qui a ensuite fait son coming out. Tu te poses la question à savoir pourquoi tu n’as pas d’excitation en pensant à un homme. Tu ne penses pas être homosexuel, mais tu as une peur constante d’avoir une attirance ou une érection en pensant à un homme. 

Premièrement, il est important de savoir ce que signifie vraiment avoir un « TOC homo » qui peut être un terme mal interprété en faisant des recherches sur internet. Je te cite ici une réponse à une question semblable, rédigée par mon collègue Guillaume:

« Dans la documentation scientifique, on note des manifestations de compulsions mentales liées au TOC homo de différents ordres :

1) chercher à se faire rassurer constamment sur son hétérosexualité par son entourage ou des services d’aide.

2) vérifier ses réactions physiologiques pour déceler un érotisme, comme en écoutant frénétiquement de la pornographie homosexuelle pour analyser les réactions du corps humain.

3) faire usage de techniques d’évitement comme une manoeuvre pour réduire l’anxiété. Cela peut prendre la forme d’éviter de façon réfléchie des activités sociales, de mettre fin à des relations amoureuses ou de consommation excessive diverse.

Plusieurs différents types d’angoisses peut être liées au TOC homo  : «la crainte d’un changement de son orientation sexuelle, la peur d’avoir des désirs pour les personnes du même sexe, l’inquiétude par rapport à leurs désirs hétérosexuels, la croyance que l’homosexualité est immorale, le désir d’éviter le jugement des autres et la honte». On y décrit également «différents sous-types de TOC sur l’orientation sexuelle, dont le TOC «tout ou rien» – où une idée vaguement homosexuelle surgit dans l’esprit sans aucun homoérotisme antérieur et cette idée est prise comme preuve d’une homosexualité latente ; le TOC «relationnel» où l’on utilise un échec ou une série d’échecs amoureux comme raison de remettre en question son orientation; le TOC «expérientiel » où une expérimentation antérieure avec le même sexe est prise comme preuve d’une orientation homosexuelle; le TOC «auto-dérisoire» où l’individu se répète qu’il est gai, mais l’étiquette fait davantage office d’insulte que de référence à sa sexualité.»

 

L’objectif ici est d’inviter les personnes à différencier l’anxiété accrue concernant les questionnements sur l’orientation sexuelle de l’attirance physique/émotionnelle que les personnes peuvent ressentir pour une/des personne.s du même genre qu’elles. Il est donc possible pour plusieurs personnes de cesser ces vérifications compulsives sur leur sexualité en différenciant l’anxiété accrue de l’attirance. Il est aussi fréquent que ces questionnements refassent surface dans des moments de stress ou de fatigue chronique, car on cherche à tout prix à trouver une cause à ce stress ou cette fatigue. »

Il est certain que nous pouvons aussi mélanger parfois l’anxiété avec un questionnement sur ses orientations sexuelles, sans motif nécessairement clair. Comme il est mentionné à la fin de cette réponse, ces questionnements peuvent apparaître surtout dans des moments de stress ou de fatigue. Si tes pensées sont souvent concentrées sur cette question lorsque tu te retrouves seul chez toi, ceci peut être motivé par ton anxiété. Par contre, je ne suis pas en train de mentionner ici que tu es « atteint du TOC homo ». Il est normal, à n’importe quel moment dans notre vie, de se questionner sur son orientation sexuelle. Ces pensées peuvent se faire envahir par de l’homophobie intériorisée, étant donné que nous vivons dans une société qui prône l’hétérosexualité comme étant la « norme ». Je t’insère ici un autre extrait de la réponse de mon collègue Guillaume: 

« Chez AlterHéros, nous sommes généralement très prudent.e.s à aborder le sujet du TOC homo. Pourquoi? Parce qu’il s’agit d’un concept en psychologie utilisé par des thérapeutes professionnel.le.s et qu’il est souvent mal interprété et mal utilisé au quotidien par les internautes. De plus, c’est un concept sur lequel il est possible de trouver une tonne d’informations fausses sur Internet. En effet, ce concept est trop souvent utilisé afin d’invalider des questionnements sains et normaux dans le développement identitaire d’une personne. Ceci peut donc contribuer à une forme d’homophobie intériorisée en offrant la prémisse que les questionnements sur l’orientation sexuelle sont liés à un trouble psychologique et non pas à un développement psychologique normal. Alors avant d’approfondir la question du TOC homo, rappelons-nous ces quelques éléments :

  • Il est complètement sain d’avoir des questionnements sur son orientation sexuelle.
  • Il n’y a pas d’âge ou de moments précis pour avoir des questionnements, des réflexions ou des idées érotiques au sujet de l’orientation sexuelle.
  • Toutes les orientations sexuelles sont aussi belles les une que les autres. Aucune orientation sexuelle n’est meilleure ou inférieure à l’autre.
  • Les orientations sexuelles ne sont pas limitées à l’hétérosexualité ou l’homosexualité, mais que les personnes bisexuelles, pansexuelles et asexuelles existent. Il est donc possible que nos désirs et comportements ne s’inscrivent pas dans une case précise.
  • Les orientations sexuelles comprennent plusieurs composantes liées aux attirances physiques et aux attirances romantiques. Il est donc possible d’être romantiquement attiré par un type de personnes et sexuellement attiré vers plusieurs types de personnes.
  • La sexualité est quelque chose de fluide : nos préférences, besoins, intérêts, désirs et libido peuvent varier avec le temps, selon les contextes et selon les rencontres que nous faisons.
  • Ce n’est pas parce que quelqu’un a eu une idée, une attirance, un questionnement ou un fantasme homosexuel que cela nie son hétérosexualité. »

Cela me porterait donc à te demander, penses-tu que des facteurs extérieurs propres à ton vécu influencent ta façon de percevoir l’homosexualité? J’ai l’impression que tu as une certaine crainte face à comment tu vois les personnes gays de ton entourage, par rapport aux événements négatifs que tu as vécu ou dont tu as été témoin, comme ton ami qui s’est fait agresser par un homme gay. Il est alors important de savoir qu’une personne ayant une orientation sexuelle autre qu’hétéro n’est pas problématique. Toutes les orientations sexuelles sont belles et aucune n’est supérieure à une autre. Cet ami, qui a fait son coming out après avoir agressé un autre ami, a eu un comportement inapproprié, mais ceci n’est pas relié à son orientation sexuelle, mais plutôt à la personne en soi. Il aurait pu avoir le même comportement tout en étant hétérosexuel. 

Aussi, t’es tu questionné sur le pourquoi tu te sentais agressé lorsque l’homme dans ta classe te fixait? Pourquoi te demandais-tu à ce moment si tu bandais? Aurais-tu eu la même réaction si c’était une fille qui te fixait? Peu importe la personne qui te fixe, cela ne veut pas dire que tu as un intérêt de ton côté. Le comportement d’une autre personne n’est pas un motif de remise en question sur notre sexualité!

Bon, où je m’en vais avec ces questions, c’est que je t’invite à la réflexion face à tes pensées négatives face à l’homosexualité, puisqu’elles pourraient être un facteur sur ton anxiété et tes crises d’angoisse.

De plus, tu mentionnes un très bon point, soit que tu penses que « cette impression de devenir homosexuel cachait des problèmes que tu refusais d’affronter et que tu refuse encore d’affronter ». Je ne suis pas en train de confirmer que c’est le cas, mais c’est une très bonne piste de réflexion, puisque tu mentionnes avoir été souvent malheureux à cause d’échecs relationnels avec des femmes. Ce facteur peut en effet parfois motiver les questionnements sur l’orientation sexuelle. Par contre, dans tout ton texte, tu affirmes ne jamais avoir ressenti d’attirance par un homme. Tu dis ne pas être excité à l’idée d’être avec un homme et comprendre c’est quoi l’attirance lorsque tu te retrouves en présence de femmes pour lesquelles tu as un intérêt. 

Pour répondre à ta question sur le pourquoi tu bandes en pensant à une femme, mais pas à un homme, il me semble que ton propre ressenti pourrais t’aider à y voir plus clair. Normalement, nous n’avons pas besoin de « se forcer » pour avoir une attirance envers une autre personne. Cela vient naturellement, selon ce qu’on ressent au fond de nous. Malgré le fait que les questionnements sur son orientation sexuelle sont sains et normaux, le motif de tes questionnements ne semble pas basé sur un ressenti d’attirance sexuelle et/ou romantique, mais surtout basé sur ton anxiété et possiblement certaines craintes. Il serait alors possible, pour t’aider à mieux te comprendre, de délier cette anxiété sur le questionnement de ton orientation sexuelle vs ton propre ressenti face à ce qui t’excite, ce qui t’attire. Il est très normal pour toute personne de ressentir de l’excitation sexuelle en pensant seulement à des femmes et non aux autres genres, comme l’inverse est tout aussi normal, ainsi que le fait de ne pas ressentir du tout d’attirance est tout aussi possible. Cela dépend de chacun·e.

Je tiens tout de même à te mentionner que les désirs, les fantasmes, les pensées que tu pourrais avoir lors de la masturbation ou autre, et MÊME les comportements ne sont pas une preuve d’une orientation sexuelle quelconque. Nous avons la liberté de nous approprier nos propres mots pour décrire nos intérêts, ce qui veut dire que même si nous avions eu une ou plusieurs relations sexuelles avec une personne du même genre, nous ne sommes pas obligatoirement homosexuel, bisexuel, pansexuel, ou autre. Aussi, il se peut que nous nous posions ces questions à d’autres moments dans notre vie et que nos attirances changent, puisqu’elles peuvent fluctuer avec le temps. Pour notre bien-être, il est bien d’accueillir ces questionnements avec bienveillance, puisque c’est un processus normal, qui peut porter à une belle exploration de notre sexualité!

En réponse au paragraphe où tu mentionnes bander facilement, soit à des stimulis comme les vibrations en voiture ou à un objet placé sur toi, cette réaction n’est pas nécessairement reliée à des facteurs psychologiques, mais c’est plutôt une réaction physiologique. Ce n’est pas parce que notre corps est en excitation, que nous avons une érection, que notre cerveau est du même avis. Ce n’est pas une preuve de désir, d’attirance. Ainsi, ça ne veut pas dire que c’est parce que tu es à côté de ton ami en voiture que tu es attiré ou excité par lui. Ce sont plutôt les stimulis physiques qui provoqueraient ton érection. Dis-toi que c’est une réaction normale et commune pour certaines personnes, tu n’es pas le seul à qui ça arrive! 

Tu mentionnes aussi que ta réaction face à tes pensées intrusives est de te masturber sur de la pornographie hétérosexuelle. Pourquoi ressens-tu le besoin de te rassurer de cette manière? Si ce n’est pas très efficace, comme tu le mentionnes, aurais-tu en tête d’autres manières de diriger tes pensées vers du positif? Ou de te distraire? Pourrais-tu à ce moment te questionner sur ce qui te rend anxieux à l’idée d’être attiré par les hommes?

Donc, je te rappelle encore une fois que le processus de réflexion que tu as déjà entamé est très bien et tu devrais être fier d’avoir partagé tout ça et d’essayer de te comprendre! Je t’encourage à continuer ton processus avec ta psychologue pour t’aider avec ton anxiété et, possiblement, lui partager ce que tu nous mentionnes dans ton message?

Si jamais tu veux aller plus loin dans ta recherche de réponses, voici des réponses de mes collègues à des questions ressemblant à la tienne:

-J’ai beaucoup d’anxiété, je suis puceau, j’aime les femmes et le plaisir anal, est-ce que je refoule mon homosexualité par de l’homophobie?

J’ai comme un toc ou une phobie impulsive à l’idée d’être homosexuel… Est-ce qu’un hétéro peut aimer la porno gaie?

-J’aimerais savoir si ces pensées envahissantes sont liées au TOC homo?

-J’ai peu d’expérience avec les femmes, suis-je gay, ou est-ce que j’ai un TOC homo?

J’espère vraiment avoir fait le tour de tes questionnements avec ma réponse très longue et que ce ne fut pas trop lourd à lire!

N’hésite pas à nous recontacter si tu as d’autres questions.

Prends-soin de toi,

Émilie (elle), stagiaire à AlterHéros


About Émilie Grandmont

Émilie (elle/she) est une femme bisexuelle et féministe. Elle étudie présentement au baccalauréat en sexologie à l’UQAM. Elle est entrée dans ce programme avec le but d’en apprendre davantage sur la diversité sexuelle et de genre, sur la santé sexuelle et sur l’éducation sexuelle intersectionnelle. Aujourd’hui, elle souhaite venir en aide aux survivant.es d’agressions sexuelles et offrir une écoute inclusive et sécuritaire à toute personne faisant partie de la communauté LGBTQIA2S+. Ses ami.es la décriraient comme passionnée des animaux, effrayée par les papillons et difficile à réveiller aux petites heures du matin.

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