Je pense être genderfluid, mais je ne suis sure…


Bonjour,
Depuis quelques mois je me questionne sur mon identité de genre. Il y a plus d’un moi je me suis mis.e à paniquer parce que j’ai des seins, il y a également certains jour ou je déteste avoir un corps de femme, d’autres ou sa ne me dérange pas et d’autres ou j’adore avoir un corps de femme. Sa ma emmené à me questionner sur mon identité de genre. Je pence être gender fluid mais je ne suis pas sure. Sa me fais également peur d’en parler avec mes parents ainsi qu’à mes amie même si je sais qu’il vous tous m’accepter comme je suis. J’aimerais qu’en me répondant vous utilisiez dès terme neutre pour ne pas me sentir obligé à être dans la case femme alors que je suis en questionnement.

Alex

Bonjour,

 

Merci d’avoir pris contact avec nous 🙂 J’utiliserai avec plaisir un langage neutre/inclusif dans ma réponse.

 

Alors, tes sentiments en lien avec ton corps genré varient par moments, certains jours ses caractéristiques associées à la féminité peuvent te rendre inconfortable, d’autres te plaire et d’autres jours encore tu n’as pas de forts sentiments envers ce dernier. Ces changements te font croire que tu pourrais possiblement être genderfluid mais tu hésites encore et tu ne sais pas trop comment l’expliquer à tes proches. C’est bien ça?

 

J’ai l’impression que genderfluid est un terme qui pourrait bien décrire la façon dont tu ressens ton genre. En théorie, des hommes et des femmes, cis et trans, tout comme des personnes non-binaires ou s’identifiant autrement peuvent vivre et exprimer leur masculinité/féminité/androgyne de façon différentes à différents moments. Mais parfois aussi ces fluctuations sont suffisamment importantes pour faire l’objet central de son identité. Tu dis que tu es encore en questionnement, tu peux prendre le temps qu’il te faut pour y penser et si tu finis par préférer un ou plusieurs autres termes c’est vraiment correct!

 

Ta poitrine/ton torse est un aspect particulier qui te fait sentir beaucoup de dysphorie, de panique, de détresse, d’inconfort que l’on peut ressentir envers son corps pour la façon dont il est perçu. Beaucoup d’autres personnes trans, non-binaires et genderfluid·e·s (bien que pas toustes) ressentent ce type de malaise à un moment ou un autre. Tu as différentes options qui s’offrent à toi, tu pourrais te procurer un binder, une camisole de compréhension visant à aplatir la poitrine. L’avantage est que tu peux le porter quand tu en ressens le besoin, et ne pas le porter les jours ou ton corps te convient/te plait. C’est possible d’en acheter toi-même, de demander à tes parents ou une personne proche, ou d’en obtenir un gratuitement dans certains programmes. Il y a quelques conseils de sécurité à respecter, comme s’assurer de choisir une taille pas trop petite et éviter de le porter trop longtemps, en dormant la nuit ou lors d’activités physiques, mais les respecter réduit grandement les quelques risques possibles.

 

Sinon, les soutien-gorges de sport, les vêtements plus grands, plus foncés ou avec des motifs, ou encore une chemise par-dessus un t-shirt sont des stratégies relativement simples et faciles pour aider à camoufler l’apparence de sa poitrine.

 

Je tiens aussi à préciser que “corps de femme” et “corps d’homme” sont des termes relatifs. Comme le dit mon collègue Séré, notre corps nous appartient : 

si tu es un garçon, ton corps est déjà un corps de garçon, car il est à toi. Les garçons ont toutes sortes de corps. Certains sont nés avec un pénis, d’autres avec une vulve, d’autres avec un mélange des deux. Ton corps n’est pas mauvais, c’est le fait que la société t’ait assigné un genre sans te demander ton avis qui est mauvais. Tu es un garçon important et qui a de la valeur, peu importe à quoi ton corps ressemble. 

 

En tant que personne non-binaire ou genderfluid·e se sentant plus masculin·e le même concept s’appliquent, même si tu n’es pas exactement, uniquement ou exclusivement un garçon 🙂

 

En deuxième temps, pour ce qui est de parler de ton identité de genre fluide à tes parents et tes ami·e·s, je comprends que ça peut être difficile ou décourageant si iels ne connaissent pas trop cela ou ne sont pas encore famillier·ère·s avec les réalités trans et non-binaires. Tu ne sais peut-être pas encore tout sur ton identité de genre, mais tu sais déjà que tu préfères qu’on utilise des termes neutres pour parler de toi, c’est déjà un très bon début! Tu pourrais possiblement commencer la conversation en parlant de cela, en leur donnant des exemples de phrases à éviter et à utiliser à la place.

 

Pour te donner plus de détails et de ressources en lien avec la préparation au coming out en tant que genderfluid·e, si tu me permets, je vais citer une de mes réponses précédentes :

 

C’est déjà pas toujours facile de faire n’importe quel type de coming out à ses parents, mais lorsqu’il s’agit d’identités “moins connues” ça peut ajouter un obstacle de plus. Mais ne t’inquiètes pas trop non plus, ce n’est pas impossible et il y a des stratégies que tu peux adopter pour que ça se passe le mieux possible. 

 

Mon collègue Hadrien a déjà rassemblé une petite liste de conseils dans cette réponse à un.e ados qui voulait faire son coming out en tant que genderfluid, ça pourrait être un bon endroit pour commencer :

  • Tu peux le faire graduellement, en exprimant petit à petit des pans de ton identité genderfluid (par exemple, en changeant ta coupe de cheveux ou ta garde-robe) pour permettre à ta mère de s’habituer.
  • Tu peux choisir la façon de l’annoncer à ta mère, en fonction de tes préférences (lieu, moment, canal de communication écrit ou verbal…), ainsi que le temps que tu veux consacrer à la discussion (courte ou longue).
  • Tu peux demander à une personne de confiance de t’accompagner au moment de faire ton coming out à ta mère pour te soutenir.
  • Tu peux insister sur l’aspect positif de la nouvelle: lui dire que c’est un moment important pour toi, que c’est une preuve de confiance et que tu ressens du soulagement à lui dévoiler cette partie de toi.
  • Tu peux essayer de répondre à ses questions, nuancer ou reformuler ses propos. Sache toutefois que tu n’as pas à faire son éducation ou à subir d’insultes.
  • Si la conversation prend une tournure qui te met mal à l’aise, planifie une «porte de sortie», c’est-à-dire un endroit où tu peux te retirer. Tu pourrais ensuite réessayer d’aborder le sujet plus tard, si tu en as envie

 

Pour te préparer à toute sorte d’éventualiés, tu pourrais suvoler cet article de C’est comme ça qui mentionne les réactions négatives possibles des parents (mises en doute, déni, questions sur l’origine, honte ou dégout, idées reçues, etc.) lors d’un coming out en tant que gay ou bisexuel·le. Il y aurait quelques adaptations à faire pour genderfluid, mais je crois que ça peut être une base utile quand même!

 

Le site WikiTrans est une belle introduction, simple et attrayante, pour les réalités trans et gendefluid que tu peux utiliser et partager. Je te recommanderais surtout les pages suivantes :

 

Une activiste non-binaire que j’aime beaucoup s’appelle Florence Ashley, deux de ces textes pourraient être utile à montrer à test parent dans la période entourrant un coming out. 

Il peut s’agir d’une façon d’introduire le sujet de façon générale, ou de donner des ressources après avoir fait ton annonce.

 

Sinon, j’aime beaucoup ce petit F.A.Q. de transkids qui aborde spécifiquement les jeunes (moins de 18 ans) trans et comment bien les soutenir tout en adressant plusieurs mythes et stéréotypes. Un autre sur les mythes et stéréotypes, en anglais cette fois mais facilement traduisible avec google. Et enfin, maon ami·e Alex Simon a écrit des articles sur l’importance des pronoms et la non-binarité (qui inclut les genres fluides et multiples!) qui pourraient aider à compléter.

 

Je tiens à dire que la façon que tu l’apporte dans ton message, être parfois un garçon et parfois une fille, est très bien formulé ainsi. Ça n’a pas nécessairement à être beaucoup plus compliqué que cela. J’ai confiance que tu arriveras à te faire confiance 🙂

 

Plusieurs des sites que j’ai nommé proviennent de mes réponses précédentes, sens-toi aussi libre de les consulter pour plus d’infos, et pour voir que tu n’est certainement pas le·la seul·e à avoir besoin de support pour faire ce type d’annonce :

 

Voilà! Je sais que ma réponse est plutôt longue, sens-toi libre de la survoler et de passer plus de temps uniquement sur les passages qui te semblent les plus pertinents en ce moment. S’il manque quelque chose ou si tu aimerais nous écrire à nouveau pour quoi que ce soit n’hésites pas à le faire! Par ailleurs, connais-tu le groupe Le Néo, basé dans Lanaudière, qui organise régulièrement des évènements ou groupes de discussion pour les jeunes ado de la diversité sexuelle et de genre? Ça peut parfois être chouette de pouvoir discuter avec d’autres jeunes de son âge qui ont vécu ou qui vivent une situation similaire à la tienne. 🙂 

 

Au plaisir,

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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