J’aimerais faire mon coming out pansexuelle et genderfluid à mes parents mais j’ai peur…


Bonjour je m’appelle Anissa, j’ai 13 ans et je suis pansexuelle et genderfluid.
En premier lieu j’aimerais faire mon coming-out à mes parents, à un certain moment je me considérée comme bi et j’avais fais mon coming-out à ma mère qui l’avait assez bien pris mais je n’ai rien dis à mon père qui malheureusement est ”homophobe” et maintenant je suis perdue je ne sais pas comment annoncer à ma mère dans un premier temps dans que je suis pan et genderfluid et comment l’annoncer à mon père, ça me fait très peur mais j’ai tellement envie de leur dire mais je suis terrorisée à l’idée qu’il pourrait se montrer violent ou autres…
J’ai aussi peur qu’il ne me considère plus comme son enfant.
Pouvez vous m’aider s’il vous plaît?

Anissa

Salut Anissa!

 

Merci de nous avoir écrit! Dans le fond, tu as déjà fait un coming out en tant que bisexuelle à tes parents et tu aimerais aujourd’hui préciser que tu es en fait pansexuelle et ajouter que tu es genderfluid. Ta mère avait bien réagi à l’époque de ton premier dévoilement, mais ton père beaucoup moins et tu crains sa réaction cette fois-ci. Il y a différentes choses que tu pourrais faire et je vais essayer de survoler les options que je peux voir avec toi. 🙂

 

Premièrement, pour ton orientation sexuelle. Il y a certaines nuances entre bi et pan, et différentes personnes y accordent différentes définitions, reste tout de même que les identités ont beaucoup en commun. Tu es totalement libre de préférer l’un à l’autre! Mais les réactions de ton entourage risquent d’être un peu semblables. Le terme pansexualité est un terme plus récent, il est possible que tes parents ne l’aient jamais entendu et que tu aies à leur expliquer sa signification. S’il est important et utile pour toi de clarifier la différence entre les deux identités à tes parents, tu peux bien-entendu le faire, en utilisant tes mots et en parlant de tes expériences. Si tu ne trouves pas comment le formuler tu peux aussi jeter un coup d’œil à des définitions en ligne comme celle-ci ou celle-là.

 

Ensuite, concernant ton dévoilement en tant que genderfluid. Je crois comprendre que cette partie-là risque d’être plus délicate. Je veux te dire que tu ne mérites pas de subir aucune forme de violence ou d’exclusion à cause de qui tu es, tu ne devrais pas non plus avoir à mentir sur ton identité pour être plus en sécurité dans ta propre maison. Les deux options ne sont pas idéales. J’aimerais que ton contexte soit différent et que tes parents démontrent plus d’ouverture. Si pour n’importe quelle raison tu sens que finalement tu n’as pas l’énergie, le besoin ou l’envie de prendre le risque de leur révéler ton identité, sache que cela n’invaliderait pas ta fluidité de genre. Tu as toujours l’option d’attendre plus tard, d’avoir plus d’autonomie et de ne pas dépendre entièrement de tes parents avant de leur en parler, même si cela peut aussi être difficile.

 

Lorsque tu sentiras que tu es prêt·e, que ce soit maintenant ou plus tard, je peux te donner quelques trucs. Tu pourrais introduire le sujet graduellement, étape par étape, en laissant à tes parents le temps de s’habituer, mais en te laissant aussi de plus en plus d’espace pour t’exprimer. Par exemple, tu pourrais essayer une coupe de cheveux plus courte, des vêtements plus “masculins”, un surnom et éventuellement un autre nom, des pronoms et des accords. Tu pourrais parler de gens de la communauté LGBTQIA+ que tu connais ou encore de célébrités afin de les familiariser à la diversité. Pendant cette préparation du terrain tu pourrais faire des recherches afin de pouvoir répondre plus aisément aux questions qu’ils pourraient te poser.

 

Avec des changements visuels amorcés, il pourrait être un peu plus facile d’aborder ton identité genderfluid. Voici les trucs/conseils principaux auxquels je peux penser pour un coming out :

  • Tu peux choisir les paramètres qui contribuent à ton confort (en personne ou par écrit, à un moment spontané ou planifié, individuellement ou ensemble, avec d’autres personnes ou pas, une annonce simple et rapide ou un discours plus long, etc.) 
  • Ça serait possible d’amener le sujet en les conditionnant que tu veux leur annoncer une bonne nouvelle, en insistant sur la confiance et l’amour que tu as envers eux, sur le soulagement que tu ressens et les aspects positifs de ce dévoilement sur ta confiance, ton estime et ton bien-être. 
  • Tu pourrais parler des changements que tu aimerais faire mais aussi des choses que tu sais qui vont rester pareil, tu restes leur enfant, avec ta personnalité, tes qualités, tes intérêts, tes relations et ton avenir. 
  • S’ils posent des questions tu peux leur répondre du mieux que tu peux, s’ils font des commentaires tu peux essayer de les reformuler ou de les nuancer.  
  • Si jamais la conversation tourne mal, tu peux toujours te retirer et leur laisser le temps et l’espace de digérer et revenir plus tard.

 

Cette liste est inspiré de différentes réponses de notre site, tu peux aussi les lire si tu aimerais trouver d’autres idées :

 

Aussi, comme tu as pu le remarquer la première fois, un coming out est rarement 100% parfait ou entièrement affreux, le plus souvent du temps c’est quelque part dans une zone grise, un mélange d’émotions positives et négatives.

 

Je peux te proposer différentes ressources en ligne si tu aimerais planifier ton coming out. Tu pourrais faire une liste des conseils qui te semblent le plus utiles. Il s’agit aussi de documents que tu pourrais imprimer ou partager à tes parents si tu sens que cela pourrait être pertinent!

 

J’espère que ça pourra t’aider un petit peu! Encore une fois, même avec toute la préparation et les bonnes intentions du monde, il est possible que ton coming out ne se déroule pas comme tu aimerais. Je peux te dire de t’écouter, de te faire confiance et de prendre soin de toi. Je t’envoie toute la force et l’énergie positive donc je suis capable

 

Ave solidarité,

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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