Comment annoncer à ma famille que je suis genderfluide?


Alors salut je viens sur ce site en quête d’aide à mon problème,
Je vous explique, j’ai 14 ans et depuis 5 moins je m’identifie et je m’assume genderfluide j’ai même changer de coupe depuis pour me sentir mieux, et j’ai pris un nouveau prénom donc mon entourage (amis) m’appelle maëlle et j’aimerais faire mon coming out. Je l’ai déjà fais a mes amis… J’étais très gêné.e mais au final iels ont tous accepté et rien n’a changer et j’aimerais faire de même à mes parents et ne plus me cacher et vue qu’ils sont au courant de rien m’appelle par mon date name ce qui me fais mal pour être honnête. J’ai déjà abordé le sujet à mes parents sans dire que je l’étais et leurs réaction me faisais repoussé sans arrêt mon coming out… Iels disaient que c’était un trouble mentale être genderfluide et que c’était (désolé du vocabulaire mais je dit ce qu’ils m’ont dit) une connerie et que les lgbtq+ c devenue une connerie et ils disais sa tout le temps j’en ai parlé 2 fois et je me sentais très mal donc je ne sais pas comment leur annoncé que leur ” trouble mentale et leur connerie” et bah c’était moi je suis vraiment désemparé.e donc je demande de l’aide des conseil pour savoir comment le faire.
En tout cas je vous remercie d’avance <3
Maëlle

Bonjour Maëlle!

 

Merci d’écrire à AlterHéros. Et félicitation d’avoir trouvé une identité qui te convient et d’en avoir parlé à tes ami.e.s! Dans les derniers mois, tu as passé à travers de très grandes étapes, j’espère que tu réalises le courage et la force que cela a dû te prendre. Tu aimerais maintenant faire ton coming out à tes parents, mais suite à quelques conversations sur la communauté LGBTQ+, tu crains qu’iels ne réagissent pas très bien. Si ça te va, je vais commencer avec quelques conseils et ensuite te donner quelques ressources en ligne qui pourraient t’aider.

 

Premièrement, ta sécurité et ton bien-être sont des priorités. Si tu sens qu’aborder le sujet avec tes parents te met dans une situation dangereuse ou trop inconfortable, tu n’as absolument pas l’obligation de faire de coming out. Certaines personnes, par exemple, attendent de ne plus vivre avec leurs parents pour faire leur coming out à leur côté. Par contre, le fait qu’iels utilisent le mauvais prénom, de même que leurs propos LGBTQphobes, te font du mal. Il est normal que tu ressentes une multitude d’émotions comme la tristesse, l’anxiété ou la colère quand ça arrive. Apprendre que leur enfant fait partie de cette communauté pourrait les sensibiliser et entraîner un changement positif de leur côté, mais ce n’est pas toujours le cas. Il est donc important de commencer par bien prendre le temps de réfléchir à ce qui pourrait arriver.

 

Si tu crois toujours que tu veux leur en parler, il est possible que tu doives des explications, répondre à leurs questions et à défaire certains de leurs préjugés. Tu pourrais commencer avec ces définitions simples :

  • Trans : une personne qui n’est pas strictement du genre assigné à la naissance (i.e. pas du tout, pas complètement, pas uniquement ou pas tout le temps).
  • Non-binaire : une personne qui n’est ni strictement femme, ni strictement homme.
  • Fluide : une personne dont le genre change au cours du temps entre n’importe quelle combinaison de genres (deux ou plus). Les personnes de genre fluide sont incluses dans la non-binarité.

L’article “Mot de genre sans maux de tête” de l’OTSTCFQ donne aussi des défintions accessibles de concepts comme sexe et genre, identité et expression de genre, cis, trans et non-binaire. Il sera sans doute plus facile d’en parler en étant informé.e et preparé.e. Certaines personnes préfèrent écrire une lettre, un message ou un courriel afin de pouvoir tout expliquer sans se faire interrompre. Il est aussi possible de glisser des ressources utiles au besoin. Il y a aussi des avantages à le faire en personne. Et toi, que préférerais-tu?

 

Tes parents vont sans doute exprimer leurs opinions et leurs émotions. Parfois, cela peut être difficile à écouter, surtout lorsqu’iels ont de la difficulté à communiquer respectueusement ce qu’iels ressentent. Dans la mesure du possible, essaie de les écouter et de donner l’exemple. Tu dis qu’en ce moment tu as l’impression de leur mentir et de faire semblant, tu pourrais le mentionner, peut-être qu’iels appréciaient le fait que tu veux être honnête et te rapprocher d’elleux.

 

Ce qui est aussi important d’expliquer à ses parents est ce que l’on aimerait changer et ce qui ne changera pas. Dans ton cas, tu parles de ton prénom et de ta nouvelle coupe de cheveux, si tu aimerais qu’iels t’achètent des vêtements différents ou qu’iels utilisent d’autres pronoms (il, elle, iel, ille) ou certains termes (leur enfant au lieu de leur fille par exemple), tu pourrais leur préciser aussi! Par contre, ta personnalité, tes intérêts et ta relation avec elleux ne changeront pas. Certains parents ont peur de “perdre” leur enfant, il est bien de leur rappeler que tu es encore toi-même. Il est d’ailleurs possible que tu aies à faire des rappels à l’occasion, même si ton coming out se passe bien. 

 

Le lien que font tes parents entre identité trans et problèmes de santé mentale risque de revenir dans les conversations avec elleux. À ce sujet, je dirais qu’il y a beaucoup d’études qui démontrent que les plus haut taux d’anxiété et de dépression des personnes trans et non-binaires ne sont pas causés par leur identité, mais bien par l’absence de soutien et d’accompagnement de leur entourage. Je te cite cet article sur le soutien familial des jeunes trans :

Le soutien fort et explicite au sein de la famille contribue au bien-être des jeunes trans, en réduisant leur détresse psychologique. Des recherches récentes démontrent que les enfants transgenres soutenus par leurs parents, au sein de la famille et socialement, ont une identité aussi forte, cohérente et ancrée que chez les jeunes cisgenres. Lorsqu’ils sont soutenus, ils ne sont pas plus déprimés et ne sont que marginalement plus anxieux que les enfants cisgenres.

Ce tableau du même article est aussi très révélateur :

Donc si tes parents se préoccupent de ta santé mentale, iels devraient être en mesure de comprendre que leur soutien est un des éléments qui fait la plus grande différence.

Maintenant je te donnerais quelques liens vers ressources utiles que j’ai trouvé :

 

Voilà! Je sais que ça fait beaucoup d’information à absorber, mais j’espère que cela t’aidera dans ton parcours. Même s’il est important de se préparer pour le pire scénario, il est aussi possible que ça se passe bien. Même les parents les plus fermé.e.s d’esprit peuvent nous surprendre des fois.

 

Tu peux toujours nous réécrire s’il y a quoi que ce soit, ça nous fait toujours plaisir d’avoir des nouvelles. Si tes parents ont encore des questions tu peux aussi leur donner le site d’AlterHéros, il nous arrive de répondre à des parents aussi. 🙂

 

Prends soin de toi!

 

Maxime, stagiaire pour AlterHéros


About Maxime-iel

Impliqué.e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxime a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent.e amateur.e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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