Je ne sais pas où m’adresser pour commencer la prise d’hormones


Bonjour,
Je suis une femme (30 ans) qui souhaite débuter sa prise d’hormones pour devenir un homme. Je suis en région et je n’ai pas de médecin de famille. Je me suis présentée à unité de médecine familiale et on m’a dit qu’on ne m’offrait pas se service… Je ne sais pas où m’adresser. Je suis de la vallée du richelieu.

Pour des réponses plus récentes concernant la transition médicale, tel la prise de testostérone, entres autres dans les régions non-métropolitaines, il est possible de consulter :

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Est-ce que la prise de testostérone et les opérations sont coûteuses?

Comment faire une transition?

Bonjour!

Merci de ta confiance! En effet, comme tu le racontes, il n’est pas facile de trouver un endroit où on daigne offrir un service aux personnes trans. Malheureusement, on n’obtient pas les hormones en entrant comme ça dans une clinique de médecine familiale. Je déplore que le personnel médical à ta clinique n’ait pas fait plus d’efforts pour te référer. C’est leur devoir légal, tu sais? S’ils ne l’ont pas fait, c’est parce que, encore aujourd’hui, la transitude fait peur et/ou n’est pas prise au sérieux par le corps médical.

Alors, comment les obtenir, ces hormones? Le WPATH, qui est l’organisme international qui rassemble les spécialiste en santé trans, on créé un document qui s’appelle les Standards of Care. Ce document donne les lignes directrices pour l’aspect médical de la transition. C’est également le protocole qui est suivi par la très grande majorité des spécialistes au Québec. Pour avoir accès à la testostérone, les Standards of Care demandent que le patient obtienne une lettre d’évaluation d’un.e psychologue, sexologue ou psychiatre. Attention, cette évaluation ne devrait pas durer plus de 3 à 6 mois, et dois se faire dans le respect total de ta personne et de ton identité. Le but de cette évaluation est principalement de s’assurer que tu es bel et bien trans et de t’accompagner dans les premières étapes difficiles de la transition. Je te suggère fortement de choisir une personne qui se spécialise en santé trans, ça éviteras de perdre ton temps avec des gens qui vont improviser avec toi. La meilleure chose à faire, c’est d’imprimer une copie des Standards of Care (www.wpath.org) et de t’assurer avec la personne que c’est exactement ce qui sera suivi.
Une fois armé de cette lettre, tu peux prendre un rendez-vous avec un endocrinologue. Il te fera passer des prises de sang et puis voilà, si tout est beau, tu obtiendras la testostérone tant espérée! Celle-ci s’administre généralement par injection, bien que le gel est de plus en plus employé. La testostérone a de nombreux effets et ceux-ci se produisent généralement assez rapidement: apparition du poil au visage et sur le corps, mue de la voix, développement osseux et musculaire, fin des menstruations. Il y a des effets secondaires malheureusement, dont des problèmes cutanés. Mais ton médecin pourra t’en parler.

Tu as tout de même la chance de vivre à une distance raisonnable de Montréal. Même si de plus en plus de spécialistes commencent à offrir des services à la population trans en région, on ne peut nier que c’est dans la métropole qu’il y a le plus de gens disponible, et donc moins de temps d’attente. Peut-être t’inquiètes-tu des déplacements que cela engendrera. Hors, en temps normal le suivi médical et psychologique pour une transition ne nécessite que deux à quatre déplacements par mois. Une fois la transition complétée, on parle même d’une simple visite annuelle chez un endocrinologue. Le suivi post-transition peut même être effectué par ton médecin de famille dans ton patelin, si tu le veux.

Afin d’obtenir les coordonnées de contact des principaux spécialistes de Montréal, je t’invite à communiquer avec l’ATQ (www.atq1980.org). Iels ont une liste de référence des spécialistes des  confiance de la région de Montréal.

Bonne suite dans tes démarches!

Élyse, intervenante pour AlterHéros


About Élyse Vander

Élyse est enseignante au secondaire depuis 2005, ce qui l’a amené à développer sa capacité d’intervention auprès des jeunes. De plus, elle a une expertise dans le domaine de la transsexualité, ayant œuvré dans le milieu dans divers organismes depuis 2007.

Mon implication à AlterHéros me donne confiance que dans les prochaines années, les jeunes pourront de plus en plus assumer et vivre harmonieusement leur homosexualité, bisexualité ou transsexualité, particulièrement à l’école secondaire.

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