Je me pose beaucoup de questions sur ma sexualité. Aie-je un toc homo?


Bonjour,
Alors voilà ma situation. Je suis un jeune homme de 19 ans en voyage depuis 10 mois.je me pose beaucoup de questions sur ma sexualité et par ce biais la je suis mal dans ma peau. après les recherches que j ai pu faire ca ressemble bien a un toc homo. J ai toujours été hetero, j ai eu plusieurs copines. Puis en arrivant au niveau post bac je m étais déjà pose des questions qui avaient disparues lorsque je m étais remis en couple. Mais maintenant c est pire ca fait plusieurs mois que je doute.j ai pourtant eu des relations sexuelles hétéro, mais cela ne m a pas beaucoup plus. Alors je me dis que ca peut venir d un manque de confiance, la distance avec mes proches, 1 ou 2 échec en performance sexuelle,j ai aussi eu une rupture amoureuse et une amicale dur à accepter. Et puis surtout a force de me poser ce genre de question j ai l impression que les femmes ne m attirent plus et que les homme commencent à me plaire. Pourtant je ne peu imaginer faire quelque chose avec un homme
Epk

Bonjour Epk, merci de nous faire confiance et de prendre le temps de nous écrire.
Depuis plusieurs mois, tu te poses beaucoup de question sur ta sexualité. Tu dis que tu as toujours été hétérosexuel, que tu as eu seulement des partenaires de sexe féminin, et maintenant tu as l’impression que les femmes ne t’attirent plus et que les hommes commencent à te plaire même si tu ne t’imagine pas avec l’un d’eux. Tout ceci fait que tu te sens mal dans ta peau.
Il est normal de se poser ce genre de questions à un point de notre vie, de se demander qui on est, de douter. En prendre conscience est une bonne étape. Tu sais, les orientations sexuelles sont vastes, il n’y a pas seulement l’orientation hétérosexuelle ou homosexuelle; il y a d’autre nuances, la bisexualité, par exemple. Les attirances peuvent être amoureuses, sexuelles, romantiques… Tu sembles être en train de te positionner quelque part dans tout cela. Maintenant, repassons les éléments qui attirent mon attention dans ce que tu nous écris.
Tu parles d’un “toc homo” dans ton message. Le TOC est un trouble obsessionnel compulsif. Je crois comprendre que la possibilité d’être homosexuel t’effraie. Je me dois de faire quelques rappels, au cas où: l’homosexualité et la bisexualité ne se développent pas, ne s’attrapent pas, ce ne sont pas des maladies ni des infections. C’est plutôt qu’on découvre parfois au fil du temps à propos de soi. Ce n’est pas dangereux. Ce qui peut être dangereux, c’est surtout le regard des autres. Est-ce que c’est cela qui te fait peur?
Petite réflexion: si tu n’avais eu que des rapports homosexuels par le passé et que tu voulais maintenant avoir des rapports hétérosexuels, te poserais-tu ce genre de questions? Chercherais-tu une raison à tes envies, des désirs? L’homosexualité ou la bisexualité ne sont pas des orientations sexuelles “de consolation” ou “par dépit”, elles sont normales, complètes et valides au même titre que l’hétérosexualité. Les échecs, les ruptures et les relations difficiles n’expliquent pas l’homosexualité, sinon, tous les êtres humains seraient homos, qu’en dis-tu? 😉
Tu parles aussi “d’échecs en performance sexuelle”. Qu’est-ce qu’un échec en matière de sexualité, pour toi? Surtout, pour quelles raisons associes-tu la sexualité à une performance? Je comprends qu’il est important pour toi de plaire à tes partenaires. Je comprends aussi qu’il est difficile d’ignorer les médias (les magazines, la télé et aussi la porno!) qui nous bombardent sans cesse de trucs pour être de meilleurs amant.e.s. Petit secret entre nous, juste ici: les meilleurs trucs pour être un.e excellent.e amant.e, ce sont la communication et le partage. C’est un secret que tu peux partager comme bon te semble. 🙂
En voyant les relations sexuelles comme des espaces de performance, on en vient à oublier le plaisir qu’elles devraient nous procurer, laissant place à cette “angoisse de performance” que tu sembles avoir expérimentée. Lorsque tu vivras d’autres expériences sexuelles partagées, je t’invite à discuter avec ton, ta ou tes partenaires de ce qui te plaît, ce qui te plaît moins, d’être à l’écoute et de te laisser guider. Tu peux même le demander: “Quand je fais ceci, est-ce que c’est agréable? Est-ce que tu peux me guider avec ta main? Qu’est-ce que tu préfères comme toucher?”. Si tu oses exprimer tes désirs et tes questionnements pendant les rapports sexuels, il se peut que tu deviennes accro à la communication et que l’anxiété laisse place au plaisir. Tu nous en donneras des nouvelles si le cœur t’en dit!
En terminant, portons attention à cette rupture amoureuse et à cette rupture amicale qui t’ont blessé profondément. Est-ce que ces ruptures, au-delà du mal qu’elles t’occasionnent, t’ont appris des choses? Est-ce que maintenant, tu te connais davantage? Peux-tu identifier tes limites, tes besoins et tes désirs? Parlant de désirs, oui, le désir sexuel envers les hommes peut en faire partie, et pas seulement parce que tu as vécu de la déception au sein de relations avec des femmes. C’est bien de se poser des questions suite à nos déceptions amoureuses ou amicales. C’est aussi correct d’avoir du désir pour les personnes d’un sexe ou de l’autre, et aussi d’avoir du désir pour les hommes comme les femmes! Pour mieux digérer la déception, tu peux dresser une liste des choses que ces ruptures t’ont apporté et la relire quand tu auras besoin d’un peu de réconfort. Qu’en penses-tu?
L’équipe d’AlterHéros espère que tu sauras trouver réponse à tes interrogations.
Continue d’être à l’écoute de toi-même et profite bien de ton voyage!
N’hésite pas à nous réécrire si tu en ressens le besoin.
Marie-Édith, B.A. sexologie, avec la participation de Sarah, étudiante en psychologie, pour AlterHéros


About Marie-Édith Vigneau

Marie-Édith est une femme lesbienne acadienne étudiante à la maîtrise en travail social. Elle est grande fan de la mer, de féminisme, de santé sexuelle, de justice sociale, de musique, d'espresso, de bières de microbrasseries, de bas de laine et de grilled-cheese.