J’ai peur de ma famille qui n’acceptera pas mon homosexualité…


G 13 ans et bientôt 14.
G pas de fantasmes avec les filles. G des fantasmes entre garçon depuis 10 ans. J’essaie d’être avec des filles et j’essaie de pensée aux filles les plus jolie mé ca marche pas je pense tjrs à des garçons que je trouvent mignon chez les copains ou à la télé. Jaime beaucoup 3 copains, trop physiquement mignons , qd je sui seul avec eux j’espère tjrs secrètement qui y aura un truc qui se passe, mais rien pour le moment. G peur de ma famille pour qui etre gay c pas bien c pervers et c du vice. Aidez moi a ne pas devenir gay à cause de ma famille qui ne l’acceptera jamais. Avez vous des solutions psychologique pour avoir des fantasmes avec des filles ? Si je rencontre un gay je serai gay à mon tour avec lui et ça sera trop tard. J’ai un feu qui brûle dans tout mon corps qd je sui avec un garçon que je trouve physiquement mignons, je ne sais pas pourquoi c pas bien d’être gay, g jamais eu ce feu avec une fille, en quoi c mal pour des parents ?. Je voudrai parfois étre une fille pour avoir le droit de mes parent detre en amour avec un garçon . Je voudrai etre moi avec un garçon mais c interdit. Aidez moi a me détourner des garçons pour ma famille ? Comment faire sans être malheureux, ce feu avec un garçon est très fort et jen sui accroc à cause de ce bien être et du plaisir que ça me procure sur le moment ? Pourquoi ce feu en moi est mal pour sa famille ?

Iceberg

Salut Iceberg!

 

Merci beaucoup d’écrire à AlterHéros et de nous faire confiance avec ce qui t’arrive.

 

Si je comprends bien, tu es attiré physiquement par les garçons et ton attirance te procure du bien-être. Malheureusement, ta famille fait des commentaires négatifs sur l’homosexualité ce qui te crée beaucoup d’anxiété. Tu aimerais une solution pour changer tes attirances.

 

Premièrement, je veux souligner que ça prend énormément de courage pour reconnaître ses sentiments et en parler à une autre personne comme tu viens de le faire. Tu as le droit de te sentir triste, blessé, effrayé ou en colère en ce moment. C’est important que tu t’habitues à nommer tes émotions et à te laisser la possibilité de les vivre, même si c’est inconfortable.

 

Maintenant, la mauvaise nouvelle est que tu ne peux pas te forcer à changer ton orientation sexuelle ou tes fantasmes. Même s’il est possible que ça change avec le temps, ce n’est pas des choses sur lesquelles tu as un contrôle direct. Par contre, la bonne nouvelle est qu’on peut absolument travailler sur nos difficultés avec notre famille! 

 

Tu te demandais pourquoi certaines personnes ont une vision négative de l’homosexualité. Généralement, il s’agit simplement d’un manque de connaissance et de l’environnement dans lequel ces personnes ont grandi. Souvent, les représentations des personnes de la diversité sexuelle (à la télé, dans la religion, dans la société) ne sont pas réalistes. Cela finit par encourager des fausses idées et des stéréotypes, par exemple que les hommes gays sont plus féminins ou que leur sexualité est sale ou impure. Lorsque ces stéréotypes influencent des actions, c’est ce qu’on appelle de l’homophobie. Ces idées peuvent être déconstruites avec le temps et la patience. Les parents veulent généralement que leurs enfants n’aient pas à subir de violence ou d’injustice. Certain.e.s, croyant que l’homosexualité est dangereuse ou que la société ne les acceptera pas, vont donc essayer de protéger leurs enfants. En gros, c’est un peu certaines des causes, mais je vais aussi te parler de ce que tu peux faire.

 

Quand ta famille a des propos blessants sur l’homosexualité, tu pourrais essayer de clarifier ce qu’iels (contraction de “il” et de “elle”) veulent dire. Parfois, lorsqu’on les questionne ou leur demande d’où viennent ces idées, iels se rendent compte qu’il n’y a pas d’argument pour supporter leur position. Tu peux exprimer ton opinion et ton désaccord si tu te sens capable de le faire. Sache toutefois que tu n’es pas obligé si ça te met dans une position trop inconfortable. Tu peux te réfugier dans ta chambre ou chez tes ami.e.s lorsque tu as besoin d’être tranquille. D’ailleurs, tu n’es pas non plus obligé de parler de ton orientation sexuelle à tes parents. Il est important que tu respectes tes limites et ton rythme. Si par contre tu as envie de faire un coming out et que tu te sens en sécurité de le faire, il y a plusieurs stratégies disponibles pour que ça se passe le mieux possible (n’hésite pas à nous réécrire sur le sujet au besoin!) Je te mets le lien pour un petit guide wikihow intitulé “comment faire face à des parents homophobes” qui donne plein d’astuces utiles. Il existe aussi plusieurs témoignages et ressources sur internet, ce site par exemple, pour aider les parents à mieux comprendre. Bref, que tu décides de confronter ta famille ou non, le plus important est que tu fasses attention à toi et que tu priorises ce qui te fait du bien.

 

Tu parles de tes copains, est-ce que tu crois que tu pourrais parler de ce qui t’arrive avec eux? C’est souvent plus facile de commencer à en parler avec ses ami.e.s. Beaucoup de personnes LGBTQ (lesbiennes, gays, bisexuel.le.s, trans et queer) ont des difficultés avec leurs familles d’origine, mais vont finir par développer une famille choisie. Il s’agit d’un groupe de personnes dont on est très proches, avec qui l’on peut être authentiquement soi-même, se sentir en sécurité et recevoir du soutien. Je t’assure que l’on ne devient pas gay en rencontre d’autres personnes gaies, c’est un des stéréotypes dont je te parlais. Rencontrer d’autres personnes qui ont vécu des choses similaires risque plutôt de t’apporter du réconfort et un sentiment d’appartenance. Tout le monde mérite de se sentir accepté et compris. Si tu aimerais rencontrer d’autres personnes LGBTQ+, tu pourrais regarder des groupes Facebook, des associations à ton école ou encore des associations actives dans ta région spécialement dédiées pour et par les personnes LGBTQ+, comme l’Association Clin d’Oeil LGBTQI active dans la région d’Oise et qui héberge même un forum de discussion anonyme, ou même l’Association C’est Comme Ça spécialement dédiée pour les adolescent.e.s LGBTQ. Tu peux aussi lire les recommandations de Marie-Édith à une jeune française qui souhaite rencontrer d’autres jeunes LGBTQ+. 

 

Si à un moment ou un autre, tu ne te sens pas bien et tu as besoin de parler à quelqu’un il y a, tu peux téléphoner la ligne d’écoute Ligne d’Azur spécialisée sur tous les sujets liés à la diversité sexuelle et de genre au numéro suivant : +0 810 20 30 40. Tu peux aussi contacter les services de clavardage de  l’Association C’est Comme Ça. Sinon peut-être qu’il y un adulte de confiance à l’école qui pourrait t’aider? AlterHéros est aussi toujours là pour répondre à tes questions et t’encourager dans ton parcours 🙂

 

Justement, je te mets les réponses de quelques un.e.s de mes collègues à des jeunes qui sont des des situations similaires à la tienne. Libre à toi de les lire, peut-être qu’elles pourraient t’aider. Rappelle-toi que tu n’es pas seul et qu’il y a des solutions qui s’offrent à toi.

 

J’aimerais terminer sur une note d’espoir. Parfois nos familles peuvent nous surprendre par leur ouverture et leur soutien. Quand ma grand-mère, très âgée et très catholique, a rencontré mon amoureux pour la première fois, elle l’a accueilli comme s’il avait toujours fait partie de la famille. Depuis, elle l’appelle tous les ans pour sa fête. Évidemment, ça se passe différemment pour tout le monde, mais c’est juste pour te dire que c’est possible que ça se passe bien pour toi aussi. C’est possible que ça prenne un certain temps, mais la belle chose chez les êtres humains est que nous pouvons tou.te.s changer.

 

Tu n’es pas seul. C’est tout à fait possible pour un garçon qui aime les garçons de mener une vie remplie de bonheur et de douceur. Garde en vie le feu de bien-être et de plaisir que tu mentionnes, il fait partie de toi et il n’est pas dangereux.

 

Tu peux toujours nous réécrire s’il y a quoi que ce soit. Je t’envoie plein d’énergie et de courage pour la suite.

 

Maxime, stagiaire pour AlterHéros.


About Maxime-iel

Impliqué.e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxime a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent.e amateur.e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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