Comment, à mon âge, trouver une petite amie alors que la grande majorité de mon entourage est LGBTphobe?


Bonjour!
Je suis Lou et je reviens une seconde fois vers vous pour cette fois ci une question sur le fait de se mettre en couple

Je vis en région parisienne, en France et surtout dans un milieu ou la grande majorité son lgbtphobe (première semaine de rentrée et j’ai deja entendu plusieurs remarques pas génial…) et depuis peu je vois mes amis se mettre en couple hétéro ce qui m’a fait me mettre a regarder les gens autour de moi presque inconsciemment et en me rendant compte que je regardais que des filles je me suis demandé, comment a mon age pourrais je trouver une petite amie (étant né.e fille). La seule fille par qui j’ai ete attirée etait hétéro…

Donc me voilà adolescent.e de 16 ans, au lycée, cherchant le grand amour ..!
(Grande parenthèse. En parlant de lycée, j’aimerais pouvoir aider concernant l’acceptation des lgbt (chose qui n’existe pas dans mon lycée) mais je n’ai aucune idée de comment faire et j’ai un peu peur de faire mon coming out)
Enfin bon ! Désolé de vous avoir dérangé avec tout ça et merci à vous !

Lou

Salut Lou !

Merci de nous écrire à nouveau. Surtout, sache que tu nous ne déranges pas – ça fait plaisir de répondre à tes questions, c’est notre boulot! 😉

Je suis sincèrement désolée de savoir que tu vis dans un milieu LGBTphobe. C’est une situation super anxiogène que personne ne devrait vivre. Par contre, tu n’es pas seul.e – même si ça te semble improbable, je te jure qu’il y a d’autres élèves LGBTQ+ dans ton lycée et dans ta région. Seulement, quand on est dans un endroit où on ne se sent pas bienvenu.e, on n’ose pas prendre la parole de peur de vivre des violences et c’est un réflexe tout à fait légitime… mais ça rend les occasions de rencontres entre personnes LGBTQ+ plus rares.

À mon avis, la meilleure façon de rencontrer des gens avec qui on connecte, c’est en participant à des activités qui nous passionnent. Par exemple, des ligues de sport, des clubs de lecture, des ateliers de musique… Ainsi, même si on ne trouve pas d’office le grand amour, on peut créer des liens avec des gens qui nous ressemblent, qui peuvent ensuite nous présenter d’autres personnes… et éventuellement, il arrive qu’on tombe sur une personne qui nous plaît plus que les autres! 😉 Je ne sais pas comment se passe l’adaptation à la pandémie chez vous, mais ici, c’est plus difficile de participer à des activités en personne depuis mars dernier. Plusieurs personnes se tournent vers les rencontres et activités en ligne. Sur l’application Eventbrite, tu peux trouver des événements en ligne et en personne qui pourraient t’intéresser.

Il y a aussi des groupes de discussion et d’activités dédiés aux personnes LGBTQ+. Tu peux en trouver sur MeetupCette rencontre qui aura lieu dimanche pourrait t’intéresser. Attention, je ne peux pas déterminer si c’est complètement sécuritaire – à toi de voir. Tu peux aussi jeter un coup d’oeil aux médias sociaux des associations LGBTQ+ de ta région ou de France en général, tu pourrais participer à leurs activités pour te sentir moins seul.e et, qui sait, peut-être trouver l’amour ! Pour trouver l’asso LGBTQ+ de ta région, tu peux écrire à C’est Comme Ça, une asso française dédiée au bien-être des jeunes LGBTQ+ ! Sur une autre note, connais-tu le roller derby? C’est un sport de patin à roues alignées qui a comme réputation d’être un endroit très (très!) sécuritaire pour les femmes qui aiment les femmes ainsi que pour l’ensemble des personnes non-binaires, fluides dans le genre ou de genre créatif! Par exemple, dans la région de la Haute Savoie, il y a ces équipes sportives que tu peux contacter. Ça peut être un joli moyen de rencontrer d’autres filles qui ne sont pas hétérosexuelles. 🙂

Enfin, tu peux lire les autres questions dans la catégorie “Comment rencontrer?” de notre site web. Tu y trouveras d’autres pistes. Je te laisse aussi cette page du gouvernement du Canada au sujet de rencontres en ligne sécuritaires.

Pour répondre à ta question-parenthèse, tu peux contacter les assos LGBTQ+ (comme Stop Homophobie) pour leur demander d’entrer en contact avec ton lycée et d’envoyer du matériel de sensibilisation (posters, dépliants, etc.) en spécifiant que tu souhaites garder l’anonymat. Ainsi, tu n’auras pas besoin de faire ton coming-out à ton école. Tu peux aussi voir si les règlements, codes de vie, principes directeurs de ton lycée sont disponibles en ligne et voir s’il y a des mentions de l’homophobie et la transphobie. Si c’est le cas, il y a de l’espoir ! Sinon (et là, il se peut que tu aies à faire ton coming-out), tu peux t’impliquer (ou mettre sur pied) dans un syndicat / conseil / regroupement étudiant et demander à ce que des mesures soient mises en place. Si tu te sens à l’aise, pour le bien-être de l’ensemble des étudiant.e.s, tu peux promouvoir l’anti-racisme, l’anti-capacitisme et le respect des droits des personnes LGBTQ+. En t’impliquant dans des comités étudiants, tu pourrais rencontrer des personnes qui ont des intérêts similaires aux tiens, aussi. Au Québec, il y a l’association Interligne qui offre un kit de démarrage pour n’importe quel.le jeune désirant mettre sur pied un comité LGBTQ+ à son école. Tu peux commander la trousse de démarrage en remplissant leur formulaire ici.

Voilà ! Je te souhaite la meilleure des chances pour la suite des choses. N’hésite pas à nous réécrire si tu le souhaites, on est là pour toi !

Marie-Édith, B.A. sexologie, pour AlterHéros


About Marie-Édith Vigneau

Marie-Édith est une femme lesbienne acadienne étudiante à la maîtrise en travail social. Elle est grande fan de la mer, de féminisme, de santé sexuelle, de justice sociale, de musique, d'espresso, de bières de microbrasseries, de bas de laine et de grilled-cheese.

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