J’ai eu un rapport sexuel avec un homme et il s’est frotté fortement sur mon anus, ce qui a entraîné des saignements en allant à la selle. Y a-t-il un risque de VIH?


Bonjour,

J’ai eu un rapport sexuel un soir avec un homme que je ne connais pas, et il a forcer la pénétration mais n’a pas réussi et du coup il s’est frotter à mon anus fort ce qui a entraîné des saignements au niveau de mon anus en allant à la selle? Il était protégé pendant la « pénétration » (j’ai senti le latex au niveau de mes fesses je crois et je lui ai enfilé juste avant)? Y a t’il un risque de VIH? ou bien est-ce juste une fissure anale? Je m’inquiète un peu..

 

Bonjour à toi!

 

Merci de faire confiance à notre équipe pour répondre à ta question.

 

Tu te demandes donc s’il y a un risque de VIH, après qu’un homme que tu ne connaissais pas a frotté son pénis vigoureusement sur ton anus, ce qui a entraîné des saignements, rendue à la selle. Tu précises qu’il portait un condom.

 

Alors, pour répondre de manière brève, non il n’y a pas vraiment de risques de contracter le VIH suite à ce frottement, puisque vous avez fait la bonne chose en vous protégeant, et aussi que, pour contracter le VIH, il faut que l’autre personne soit porteuse et à charge virale.

 

Il est normal, suite à toute pratique dans la région anale, d’avoir quelques saignements. Dans ton cas, c’est possiblement dû à de l’irritation. Comme le mentionne mon collègue dans cette ancienne réponse:

« En effet, il peut arriver qu’après avoir eu des pratiques anales qu’il puisse y avoir du sang. C’est un signe qu’il peut y avoir eu un déchirement ou des lésions. Si les saignements sont très brefs et assez faibles, ça ne devrait pas être trop inquiétant. Il est sûr qu’il vaut mieux rester attentif. C’est un signe qu’on a peut-être été un peu trop intense. Peut-être avoir voulu aller trop vite, un manque de lubrifiant ou plusieurs autres raisons. L’important, c’est de rester à l’écoute et être attentif. Si tu remarques que les saignements n’arrêtent pas, qu’ils sont vraiment importants, que tu as de la douleur ou tout autre doute, n’hésite pas à consulter. […]

Je ne pense pas qu’il soit toujours nécessaire de consulter un.e médecin dans l’immédiat. Mais si tu remarques que ça perdure et que les saignements ne diminuent pas, voir même augmentent, là oui, en effet mieux vaut consulter. Regarde aussi si c’est récurrent, est-ce que ça le fait souvent? Peut-être est-ce des hémorroïdes qui causent les saignements. Tu peux toujours aussi demander conseil à un.e pharmacien.ne, ce que tu peux prendre pour soulager si cela te procure un inconfort. Ça m’arrive d’avoir des saignements aussi, mais je reste attentif. Généralement ça se résorbe assez vite. Je vais prendre des pauses de quelques jours pour m’assurer que tout est ok, m’assurer que mon corps a eu le temps de guérir.

Il peut être bon de savoir que les muqueuses des parois anales sont fragiles. Elles peuvent facilement avoir des micro-lésions, ce qui peut engendrer des saignements. Il est important de prendre son temps, et avoir une bonne préparation pour s’amuser de façon sécuritaire. Regarde pour des pistes qui puissent t’amener à continuer d’avoir du plaisir en évitant le maximum de risque. Comme je disais, avoir le bon lube et en bonne quantité peut aider énormément. Plus ça glisse, mieux ce sera! »

 

Appliquer du lubrifiant serait donc la bonne solution pour éviter ou réduire les saignements pour la prochaine fois!

 

Ensuite, pour retourner un peu sur le VIH, comme le mentionne mon collègue dans cette réponse:

« Il est important de savoir que la transmission du VIH n’est pas aussi facile que certaines personnes peuvent le croire. Pour que la transmission ait lieu, il faut réunir ces trois éléments : (1) une porte de sortie du virus (saignement, éjaculation, production de liquide pré-éjaculatoire, allaitement, utilisation de matériel d’injection), (2) une porte d’entrée du virus dans un organisme non porteur (plaie ouverte, lésion de la peau, muqueuse anale, vaginale, injection, ingestion, tatouage, perçage) et (3) un porteur (messager) du virus entre ces deux portes (liquide biologique comme le sperme, le liquide pré-éjaculatoire, les sécrétions vaginales, anales, le lait humain, le sang).

[…]

Pour reciter la réponse précédente : «Finalement, je t’invite grandement à t’informer sur la réalité vécue par les personnes vivant avec le VIH. En [2021], le VIH est beaucoup mieux connu qu’il l’était à l’époque de la crise du VIH dans les années 1990. Les traitements offerts aux personnes vivant avec le VIH, appelés traitements antirétroviraux, permettent de bloquer la réplication du virus dans le corps et de diminuer fortement la charge virale (donc la quantité de virus du VIH dans le corps). Ces traitements permettent aussi de renforcer le système immunitaire de la personne vivant avec le VIH. Bien qu’il est encore impossible d’éliminer à 100% le VIH du corps de la personne, lorsque les traitements antirétroviraux fonctionnent, la charge virale de la personne devient indétectable. Que signifie être indétectable? Cela signifie que le virus est tellement affaiblit dans le sang qu’il devient impossible de détecter le virus dans le sang de la personne. Ce qu’il est important à savoir sur les personnes ayant une charge virale indétectable, c’est que le virus devient intransmissible. C’est ce que l’on nomme I=I (Indétectable = Intransmissible). Une personne vivant avec le VIH qui prend sa médication sur une base régulière, dont la charge virale est indétectable, ne peut pas transmettre le VIH à ses partenaires par voie sexuelle. »

 

J’espère avoir pu répondre à ta question. Si, malgré tout, tu es inquiète, je t’invite à aller consulter un·e professionel·le de la santé et, aussi, de faire un test de dépistage. Il est toujours bien d’aller en faire une fois de temps en temps!

 

Émilie (elle/she), pour AlterHéros

 


About Émilie Grandmont

Émilie (elle/she) est une femme bisexuelle et polyamoureuse. Elle possède un baccalauréat en sexologie de l’UQAM. Elle est entrée dans ce programme avec le but d’en apprendre davantage sur la diversité sexuelle et de genre, sur la santé sexuelle et sur l’éducation sexuelle intersectionnelle. Aujourd’hui, elle souhaite venir en aide aux survivant.es d’agressions sexuelles et offrir une écoute inclusive et sécuritaire à toute personne faisant partie de la communauté LGBTQIA2S+. Ses ami.e.s la décriraient comme passionnée des animaux, effrayée par les papillons et difficile à réveiller aux petites heures du matin.

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