J’ai une phobie du VIH dans la vie quotidienne, d’être piqué par un séropo.


Bjr

MERCI pour ces informations , c’est j’ai bien compris le vih meurt dans les seringues toute de suite , pour aura contamination faut injections dans les secondes ou la minute….c’est non il meurt . Pour qu’il vivre faut une température spéciale. 
 Pour le vih a l’air libre j’ai entendu une spécialiste maladies infectieuses dise le vih meurt dans quelques secondes .
Je chercher ces informations car j’ai une phobie a vih a la vie quotidienne soit d’etre piquer par un séropositif 
Au transports ou dans les toilettes publiques en touchant du sang et toucher les partie intime .
Merci a vous 
Cordialement. 
Louka

 
Rebonjour Louka,
Merci de la confiance que tu portes envers nos services. Tu nous écrivais hier concernant tes questionnements au sujet de la durée de vie du VIH à l’air libre ainsi que dans une seringue. Aujourd’hui, tu nous demandes un bref résumé de notre réponse d’hier. Tu partages également plusieurs préoccupations concernant la transmission du VIH. Tu affirmes avoir une phobie de contracter le VIH dans la vie quotidienne, de te faire piquer par une personne vivant avec le VIH ou de contracter le VIH dans les toilettes publiques en touchant du sang ou des parties intimes. Je tiens à te rassurer, la science a énormément progressé en ce qui concerne la compréhension du VIH et de ses méthodes de transmission. Ainsi, plusieurs mythes de transmission largement véhiculés dans les années 90 s’avèrent en fait complètement faux. À titre d’exemple, en l’absence de plaies ouvertes importantes sur tes main, il est impossible de contracter le VIH en allant aux toilettes publiques, en touchant avec ses doigts des organes génitaux de personnes vivant avec le VIH ou en touchant du sang avec ses doigts.
 

Premièrement, un petit rappel concernant la durée de vie du VIH. Le VIH, à l’air libre, ne survit pas plus d’une minute. Toutefois, le VIH peut survivre à certaines conditions favorables dans une seringue. Plus précisément, lorsque la quantité de sang dans une seringue est suffisante et que la seringue est conservée à la température de la pièce, le virus peut survivre jusqu’à 42 jours. La survie du virus est associée à la quantité de sang restant dans la seringue. Ces informations proviennent du document Les risques de transmission d’infections liés à la présence de seringues et d’aiguilles à des endroits inappropriés composé par l’Institut national de santé publique du Québec.
Deuxièmement, tu nous partages ta phobie de contracter le VIH. En ce qui concerne ta peur d’être piqué par une seringue contaminée et d’être ainsi porteur du VIH, je te rassure : « suite à une piqûre accidentelle avec du sang contaminé, le risque moyen de transmission du VIH est d’environ 0,3 % ». Plusieurs facteurs influencent le risque de transmission du VIH avec l’aide d’une seringue : «le risque de contracter le virus augmente avec une exposition à une grande quantité de sang et selon les critères suivants : un instrument contenant des traces visibles de sang, une manœuvre impliquant que l’aiguille soit placée directement dans une veine ou une artère et une blessure profonde.» (Source : Les risques de transmission d’infections liés à la présence de seringues et d’aiguilles à des endroits inappropriés )
Troisièmement, tu nous partages ta phobie de contracter le VIH dans des activités courantes, comme aller aux toilettes publiques. Un petit rappel de l’organisme Portail VIH/Sida : Attention ! Le VIH ne se transmet pas via les gestes de la vie courante, tels se serrer la main, un éternuement, se faire la bise, partager un repas, les toilettes ou boire dans le même verre.
pas de risques de transmission du vih
Quatrièmement, tu nommes ta phobie de contracter le VIH en touchant du sang ou des parties intimes d’une personne vivant avec le VIH. Toujours selon le Portail VIH/Sida, «La transmission du VIH est possible lorsqu’il y a une porte de sortie du virus (saignement, éjaculation, production de liquide pré-éjaculatoire, allaitement, utilisation de matériel d’injection), une porte d’entrée du virus dans un organisme non porteur (plaie ouverte, lésion de la peau, muqueuse buccale, anale, vaginale, injection, ingestion, tatouage, perçage), et un porteur (messager) du virus entre ces deux portes (liquide biologique comme le sperme, le liquide pré-éjaculatoire, les sécrétions vaginales, anales, le lait maternel, le sang).» Conséquemment, si tes mains n’ont aucune plaie ouverte ou lésion, il est impossible de contracter le VIH en touchant du sang infecté, et encore moins en touchant la peau des organes génitaux! Voici un schéma récapitulatif du Portail VIH/Sida :
la transmission du vih en 3 conditions
Finalement, je t’invite grandement à t’informer sur la réalité vécue par les personnes vivant avec le VIH. En 2019, le VIH est beaucoup mieux connu qu’il l’était à l’époque de la crise du VIH dans les années 1990. Les traitements offerts aux personnes vivant avec le VIH, appelés traitements antirétroviraux, permettent de bloquer la réplication du virus dans le corps et de diminuer fortement la charge virale (donc la quantité de virus du VIH dans le corps). Ces traitements permettent aussi de renforcer le système immunitaire de la personne vivant avec le VIH. Bien qu’il est encore impossible d’éliminer à 100% le VIH du corps de la personne, lorsque les traitements antirétroviraux fonctionnent, la charge virale de la personne devient indétectable. Que signifie être indétectable? Cela signifie que le virus est tellement affaiblit dans le sang qu’il devient impossible de détecter le virus dans le sang de la personne. Ce qu’il est important à savoir sur les personnes ayant une charge virale indétectable, c’est que le virus devient intransmissible. C’est ce que l’on nomme I=I (Indétectable = Intransmissible). Une personne vivant avec le VIH qui prend sa médication sur une base régulière, dont la charge virale est indétectable, ne peut pas transmettre le VIH à ses partenaires par voie sexuelle. 
Les avantages de prendre le traitement sont très nombreux, mais ils permettent surtout de vivre en santé, d’avoir une espérance de vie semblable aux personnes séronégatives et de ne pas transmettre le VIH à d’autres personnes.

 
Il existe encore malheureusement beaucoup de préjugés et de mythes à l’égard des personnes vivant avec le VIH. Ces préjugés et mythes alimentent la stigmatisation sociale des personnes vivant avec le VIH et mettent des barrières importantes dans l’accessibilité des soins de santé, en prévention tout comme en traitement, concernant le VIH pour l’ensemble de la population. Il est donc de la responsabilité de l’ensemble de la population de se renseigner sur le VIH, en 2019, et ses différentes technologies de traitements et de prévention. Et surtout, qu’il est possible d’avoir une vie entièrement normale tout en vivant avec le VIH.
 
J’espère que j’ai su rassurer un peu tes inquiétudes concernant la peur de contracter le VIH. Maintenant, je me permets de réitérer qu’en France, il y a l’association AIDES qui propose une carte des endroit où il est possible d’aller faire une dépistage sur leur site web. Faire un test de dépistage pour le VIH et les autres infections transmissibles sexuellement ou par le sang est un moyen efficace et important pour connaître ton statut et éviter de propager de nouvelles infections à d’autres partenaires. De plus, si tu te considères à risque de contracter le VIH, que ce soit par tes habitudes de vie, habitudes sexuelles ou habitudes de consommation de drogues, il est possible de demander à ton médecin de prendre la PrEP. La PrEP est un médicament préventif qui t’évite de contracter le VIH. Un comprimé par jour t’évite de contracter le VIH! Sur le site de AIDES, il y a aussi une carte pour trouver les endroit où se procurer la PrEP.
 
Finalement, si tu crois avoir été à risque de contracter le VIH, l’initiative Paris Sans Sida te rappelle qu’il est possible de se rendre aux urgences de l’hôpital le plus près de chez toi dans un délai de 48 heures (le plus tôt possible!) pour débuter un traitement de TPE (ou PPE au Québec). «Le TPE, Traitement Post-Exposition, s’adresse à toute personne qui a été exposée au VIH: il permet de diminuer le risque de contamination et doit être pris dès que possible après la situation à risque, si possible dans les 4 heures qui suivent le rapport et au plus tard sous 48 heures. Il est délivré 24h/24 dans les services d’urgences des hôpitaux et dans certains services hospitaliers parisiens en journée.

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Merci pour la lecture attentive! N’hésite pas à nous écrire à nouveau si tu as des questions complémentaires concernant le VIH ou pour tout autre sujet concernant la sexualité!
 
Guillaume, pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.