Quels sont les effets sensoriels possibles de l’hormonothérapie que vivent généralement les personnes trans autistes?


Existe t il quelque part un texte général sur les effets sensoriels possibles de l’hrt que vivent habituellement généralement les personnes trans tsa?

G.

Merci d’adresser votre question à AlterHéros. Si je comprends bien, vous vous demandez s’il existe un guide expliquant les différents effets sensoriels possibles de l’hormonothérapie chez les personnes trans autistes.
La réponse courte à votre question serait : non. À notre connaissance, il n’existe malheureusement pas de guide concernant l’hormonothérapie spécialement conçu par et pour les personnes trans autistes. Néanmoins, les personnes impliquées au programme Neuro/Diversités d’AlterHéros ont recensé ici différentes informations importantes concernant les effets sensoriels pouvant découler d’un processus d’hormonothérapie pour les personnes trans autistes ou sur le spectre de l’autisme. Cette liste n’est pas exhaustive, mais les quelques points les plus importants s’y retrouvent!
  • En général, les changements physiques peuvent être plus difficiles à naviguer pour les personnes autistes, même s’il s’agit de changements corporels qui sont souhaités. Toutefois, le fait qu’une personne témoigne ou ressente des difficultés sensorielles liées à la prise d’hormones ne veut pas dire par défaut que la personne en question n’aime pas tel changement ou tel effet de l’hormonothérapie. L’important est de laisser le temps d’adaptation nécessaire à la personne et de la soutenir à trouver des façons pour naviguer le ou les changement(s).

 

  • Souvent, il peut être difficile d’avoir des changements au niveau de la pilosité, particulièrement les changements qui concernent les poils du visage, c’est-à-dire l’apparition de poils ou le fait de ne plus avoir de poils au visage. Même si la personne apprécie ce changement, il demeure vrai qu’au niveau sensoriel cela peut être un gros changement! Le feeling du visage sera différent et c’est encore plus notable parce que le visage est une partie du corps à la base très sensible.

 

  • L’hormonothérapie change également chez plusieurs personnes l’odeur corporelle. Le changement d’odeur corporelle peut aussi être une grande adaptation dont il est possible d’informer les personnes avant le début du processus.

 

  • Un peu dans la même ligne d’idée, la quantité de sueur peut également changer! Certaines personnes autistes apprécieront ce changement, alors que d’autres le trouveront plus difficiles. Des changements de routine liés à l’hygiène corporelle ou liés à l’entretien et nettoyage d’accessoires d’affirmation de genre, comme les binder ou les packer, peuvent alors être ajustés.

 

  • Quand les changements physiques débutent, particulièrement dans les premiers mois ou la première année en hormonothérapie, cela constitue la période la plus difficile au niveau sensoriel. Il arrive pour certaines personnes autistes de décider de modifier leur dose d’hormones. Par exemple, certaines personnes trans autistes (pas toutes!) prendront la décision de réduire la dose d’hormones afin que les changements soient un peu plus lents. Il est primordial d’écouter et de supporter les personnes trans dans leurs propres gestions des doses afin que les changements corporels et la vitesse de ces changements corporels respectent leurs propres besoins, leurs propres objectifs de transition et le tout à leur propre rythme.

 

  • L’hormonothérapie peut également changer la sensation et la texture de la peau. Par exemple, l’œstrogène peut rendre la peau plus douce et la testostérone peut la rendre moins douce. Ce changement sensoriel peut être très important et est en soi une expérience assez wild, pour reprendre les mots de la personne chargée de projet de Neuro/Diversités. Cette expérience est particulièrement marquante pour les personnes hypersensibles.

 

  • Des changements au niveau du seuil de tolérance de certaines informations sensorielles peuvent être quelque chose de positif ou de négatif, selon la personne. Par exemple, la modification de la sensibilité de certaines zones du corps, comme les mamelons ou les organes génitaux, peut être quelque chose de très plaisant pour certaines personnes ou de difficiles à naviguer pour d’autres. C’est propre à chaque personne et il s’agit certes d’une grande adaption.

 


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.

Leave a comment