Je voudrais des solutions pour annoncer à mon entourage que je suis un homme trans.


Bonjour je m’appelle Clémence mais je souhaite être un homme depuis mais 8 ans maintenant j’ai 13 ans et je souhaite le dire à mais parents mais le problème c’est que mon beau-père n’est pas ouvert sur sa et que ma mère ne comprend pas pourquoi ont se sens homme au lieu de femme et inversement en plus je suis Bisexuelle et mon frère et ”homophobe” comme mon beau-père et euh… Bas ma classe la accepté mon professeur de musique aussi mais euh… Mais l’amies l’ont bien pris ils était heureux pour moi mais bas c’est ma famille et je voudrais des solutions pour leurs dires s’il vous plaît. Merci

Clémence

Salut Clémence!

 

Donc tu as 13 ans et depuis 5 ans déjà tu sais que tu es un garçon. Tes ami.e.s et des adultes à l’école sont au courant et l’acceptent bien (félicitation de leur avoir annoncé d’ailleurs!! C’est une grande première étape de passée). Tu nous écris aujourd’hui parce que tu aimerais en parler à ta famille, mais tu penses qu’iels ne vont pas comprendre, surtout que ton beau-père et ton frère manquent d’ouverture.

 

Ça n’a vraiment pas dû être facile pour toi de grandir dans ce contexte-là… Avant tout, je veux te dire que tu n’es pas obligé d’en parler à qui que ce soit si tu ne te sens pas en sécurité de le faire. Il est toujours possible de le faire plus tard, par exemple, certaines personnes attendent d’être adultes et de ne plus habiter avec leurs parents pour leur en parler. Il n’est jamais trop tard pour le faire. Mais je peux aussi comprendre si tu ne veux pas garder ce secret pour toi et si tu as besoin qu’iels soient au courant rapidement!

 

C’est possible de commencer par des conversations plus générales sur la transidentité, de parler de personnes de ton entourage ou de célébrités qui ont fait une transition, comme Eliott Page, et de voir comment ta famille réagit et leur faire un peu d’éducation. Les articles nomment souvent son nom de naissance (deadname), tu peux leur dire d’éviter de le faire par exemple! Avant de leur faire l’annonce de ton genre, tu peux aussi préparer ce que tu veux leur dire. Tu peux penser à ce que tu aimerais changer, comme tes pronoms (il/elle/iel) et accords pour les noms et adjectifs (heureux/heureuse/heureux.euse), tes titres (fils/fille/enfant) ou ton prénom peut-être, ça peut aussi être tes vêtements et tes cheveux ou d’autres éléments. Tu peux aussi leur rappeler ce qui va rester pareil : tu continues d’être leur enfant et d’être la personne que tu as toujours été avec ta personnalité et tes intérêts. Ensuite, tu peux penser au contexte, où et quand tu veux leur parler, individuellement ou en famille, en personne ou par écrit. Ça fait beaucoup de choses à penser tout seul, crois-tu que tes ami.e.s ou des adultes de ton école pourraient t’aider avec tes réflexions?

 

C’est quelques trucs de base que l’on donne pour un coming out, mais ça dépend toujours de chaque personne et des relations que tu as avec elleux. Même avec toutes les précautions du monde c’est tout de même possible que ta famille ne comprenne pas ou dise des choses blessantes… J’espère sincèrement pour toi que non, mais c’est une possibilité. Par contre, un coming out n’est rarement complètement parfait ni un désastre total, la plupart du temps c’est plutôt un mélange de positif et de négatif. Même si tes parents ont une réaction plus forte sur le coup, ça ne veut pas dire qu’iels ne peuvent pas prendre le temps d’y penser et poursuivre la discussion une autre fois.

 

Il y a d’autres informations que tu peux donner à ta famille pour les aider à comprendre. Voici un très bon extrait de la FAQ du site de Jeunes Identités Créatives :

Qu’est-ce que l’identité de genre?

L’identité de genre est notre sens profond de soi. C’est quelque chose que l’on ressent de l’intérieur — c’est un sentiment très intime et puissant. Ce sens interne peut être soit masculin, féminin, un mélange des deux, aucun des deux ou toute autre variation. L’identité de genre fait également référence aux mots que nous utilisons pour la décrire (ex. : femme, homme, non-binaire, etc.). Le langage qu’une personne utilise pour nommer son identité se situe sur un spectre et peut évoluer dans le temps, notamment à travers la découverte de soi et l’accès à un vocabulaire plus diversifié.

Être trans, est-ce une nouvelle mode?

Non, être trans n’est pas une nouvelle mode. Les personnes trans existent depuis toujours. On peut avoir l’impression qu’il y en a de plus en plus simplement parce qu’il y a plus de personnes trans qui se sentent en sécurité d’explorer et d’affirmer leur identité de genre ouvertement. Grâce à un contexte social plus ouvert, les personnes trans et leurs familles ont accès à plus d’information, de ressources et de mots qui leur permet de nommer et verbaliser ce qu’elles vivent depuis toujours et de trouver le soutien qui leur est nécessaire.

Peut-on être trop jeune pour être trans?

Il n’y a pas d’âge pour être trans! Selon la recherche, l’identité de genre se développe durant la petite enfance pour tout le monde. Ceci veut dire que le questionnement par rapport à l’identité de genre ou l’auto-identificiation avec une identité de genre qui diffère de celle qui nous a été assignée à la naissance peuvent avoir lieu tôt dans la vie. On peut donc commencer à s’identifier comme trans et/ou non-binaire lorsque notre identité de genre ne correspond pas, ou partiellement, à celle qui nous a été assignée à la naissance à un très jeune âge.

 

Le site C’est Comme ça propose aussi des pistes pour répondre aux types de réactions négatives plus courantes. À l’origine elles s’appliquaient à l’orientation sexuelle, mais je crois que ça pourrait t’être utile quand même!

  • Mises en doute, déni : 

“Tu es trop jeune, tu ne peux pas savoir”

– Ah oui, parce que toi tu as su que tu étais [cisgenre] à quel âge ?

– Il n’y a pas d’âge pour être [un garçon].

– Oui, je n’ai pas encore beaucoup d’expérience, mais j’ai besoin de savoir que tu m’aimes tel que je suis.

“Tu changeras d’avis, c’est sûr !”

– Ce dont je suis sûr c’est qu’en ce moment je suis [un garçon], et j’ai envie de t’en parler.

“Tu n’as pas essayé, tu ne peux pas savoir.”

– Tu penses qu’il faut tout essayer pour savoir ce qu’on aime ou pas ?

– Est-ce que toi, tu as essayé [d’être un homme/une femme] ?

  • Reproches sur le fait de l’avoir caché 

“Pourquoi tu ne m’en as pas parlé avant ? Ah bon, telle personne l’a su avant moi ? Tu ne me fais pas confiance ?”

– J’ai eu besoin de temps pour comprendre, j’ai moi-même découvert les choses petit à petit. Je t’en parle aujourd’hui parce que maintenant c’est plus clair dans ma tête, alors c’est le bon moment.

– C’est parfois aux personnes auxquelles on tient le plus, qu’il est le plus difficile de parler des choses importantes. 

  • Questions sur l’origine de [la transidentité]

“Mais pourquoi tu es comme ça ? C’est Bidule qui t’a influencé ?”

– Personne ne sait à quoi est due [la transidentité]. Même s’il y a eu beaucoup de recherches à ce sujet, il n’y a jamais eu d’explication. En tout cas, je n’ai pas été influencé : il ne suffit pas de fréquenter des personnes pour avoir la même identité de genre qu’elles.

  • Inquiétude

“J’ai peur que tu te fasses agresser” 

– Même si c’est important de dénoncer les agressions LGBTphobes, ça ne veut pas dire que tou-te-s les personnes LGBT+ en sont victimes. Et puis, quels que soient les coups durs que j’aurai dans ma vie, l’important c’est que je sache que tu seras là pour moi.

  • Peur des réactions de l’entourage

“Que vont dire Papi et Mamie ?”

– Je t’ai confié quelque chose qui est intime, mais ça ne veut pas dire que je vais en parler à tout le monde tout de suite. J’aimerais que tu me laisses le temps de voir si je veux leur en parler, et si oui, comment.

  • Sentiment d’échec ou de culpabilité chez les parents

“C’est de ma faute ?”

– Je te remercie d’avoir fait de moi ce que je suis, mais à ce sujet-là, tu n’y es pour rien.

  • Expression de la honte ou du dégoût 

“C’est quand même pas normal”

– C’est minoritaire, oui mais est-ce que tout ce qui est rare est forcément moins bien ? Il n’y a que 2% des gens qui ont les yeux verts, mais c’est une couleur d’yeux aussi valable que les autres.

 

Sinon, les brochures suivantes pourraient aussi offrir des détails utiles à tes parents :

 

Enfin, tu peux leur indiquer que les recherches prouvent qu’un des facteurs les plus importants pour le bien-être et la sécurité des jeunes trans est le soutien des parents. Je pense que c’est quand même un bon argument. 🙂 Être trans n’est pas dangereux, malsain ou problématique en soi. Il est tout à fait possible d’être un garçon trans, de recevoir du soutien de ses parents et de vivre une vie heureuse et bien remplie. 

 

De ton côté, aimerais-tu parler à des gens qui ont déjà vécu ou qui vivent présentement  des situations semblables? Tu pourrais regarder du côté des associations membres de La fédération trans et intersexe de France ou de l’Association Nationale Transgenre (ANT). Il y a peut-être un groupe LGBTQ+ à ton école? Il existe aussi plusieurs groupes Facebook pour les personnes trans, non-binaires et créatif.ve.s dans le genre.

 

Je te mets aussi des réponses tirées de notre site qui aborde des enjeux similaires. Il y a peut-être des trucs auxquels je n’ai pas pensé! Et comme tu peux voir que tu n’es pas le seul jeune garçon trans grandissant dans une famille moins que compréhensive :

 

Peu importe comment la suite des choses se déroule pour toi, que tu décides d’en parler ou pas, que tu débutes une transition ou non, je veux te dire que je te crois que ton identité est valide, et que tu es un garçon.

 

N’hésite pas à nous écrire encore si tu en ressens le besoin!

 

Avec mes meilleurs voeux,

 

Maxime, stagiaire pour AlterHéros


About Maxime-iel

Impliqué.e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxime a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent.e amateur.e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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