Je vis dans une maison où tout le monde est homophobes et transphobes. Comment faire mon coming-out?


Je vis dans une maison où tout le monde est homophobes ou transphobique je ne sais pas comment faire mon coming out. Comment je fais ?

D.

Salut,

 

Merci beaucoup de nous avoir fait confiance et de nous écrire, tu es au bon endroit. Selon ta question et le formulaire, tu es un·e jeune non-binaire et pansexuel·le et tu aimerais faire ton coming out à ta famille qui manque d’ouverture et de respect envers la diversité sexuelle et de genre. Ça doit être un contexte extrêmement stressant, blessant et frustrant dans lequel tu te retrouves et je suis sincèrement désolé·e que tu doive passer par là. Moi aussi j’ai grandi dans un foyer peu compréhensif des réalités LGBTQ+ et, bien que chaque personne réagisse de sa propre façon, je peux essayer de réfléchir à certaines stratégies avec toi. 

 

Premièrement, avant toute chose, ta sécurité et ton bien-être sont très importants. Il peut être difficile de devoir mentir sur qui on est et qui on aime, mais il peut être tout aussi difficile sinon plus de se faire invalider, insulter ou attaquer. Si les risques d’un dévoilement te semblent plus dangereux que les possibles bienfaits,  tu peux ne pas faire de coming out, ou en tout cas ne pas en faire un tout de suite. Cela n’enlèvera rien à ton courage ni à ton identité. Le coming out n’est pas une étape obligatoire, et il n’y a pas un seul moment idéal pour le faire. Par exemple, plusieurs personnes provenant de familles transphobes et homophobes attendant l’âge adulte et une pleine autonomie avant de faire une annonce à leur famille.

 

Avant de faire ton dévoilement, il pourrait être utile d’essayer d’offrir de l’écoute et des informations à tes parents dans le but de déconstruire leurs idées homophobes et transphobes. Si tu as une meilleure compréhension de leurs opinions mal informées, il te sera plus facile de faire des recherches puis de leur répondre. Lorsqu’ils disent des commentaires de ce type, tu pourrais leur demander de clarifier ce qu’ils veulent dire exactement, ou peut-être offrir ton propre point de vue, sans nécessairement parler de ton identité. Si tu crois que cela pourrait aider, tu pourrais leur proposer des articles, des vidéos et/ou sites. Tu pourrais leur parler de nos services par exemple, ils seraient les bienvenus de nous écrire! Tu pourrais d’ailleurs aussi lire les réponses à des questions semblables de nos sections Coming out / Identité de genre ou Coming out / Orientation.

 

Maintenant, tu dis vouloir faire ton coming out, alors si tu te sens prêt·e on pourrait entrer dans le vif du sujet. Il y a beaucoup de façon de faire un coming en tant que non-binaire et pansexuel·le, ça dépend beaucoup de ce que tu veux dire, comment, à qui et de le relation que tu as avec les personnes à qui tu l’annonces. Par exemple, il est possible de faire un coming out par écrit ou en personne, d’en parler à un moment choisi à l’avance ou de façon spontanée sur le coup du moment, de faire une annonce rapide ou de donner plus d’explications et de détails. Tu peux parler de pourquoi il est important pour toi de révéler cette partie de qui tu es. Par exemple, il pourrait être important de mentionner tes attentes envers ta famille, si tu aimerais changer de pronoms (il, elle, iel, ou autre) ou de prénom, de l’aide pour acheter de nouveaux vêtement ou avoir une coupe de cheveux, ou encore consulter un·e professionnel·le de la santé pour commencer une transition médicale. Cela peut être beaucoup à absorber, tes parents pourraient avoir besoin de temps, tu peux aussi parler de ce qui ne changera pas : tu resteras la même personne, avec les mêmes intérêts et la même personnalité.

 

Est-ce que tu peux penser à des personnes de ton entourage qui pourraient te soutenir, d’autres membres de ta famille, des ami·e·s ou des personnes de ton école? Ça pourrait être pour t’aider à réfléchir à ce que tu veux dire, pour te pratiquer, pour écouter comment tu te sens ou encore pour être présent·e·s et te défendre au besoin au moment de ton coming out. Si tu connais d’autres personnes LGBTQ+ qui sont passé·e·s par le même processus et qui ont fait face à des obstacles similaires, cela pourrait être un bon endroit où commencer. Tu n’as pas précisé dans quelle région du monde tu te trouves, mais il y a de bonnes chances qu’une association ou un organisme LGBTQ+ oeuvre pas très loin de chez toi et puisse également te donner d’autres ressources et plus de soutien.

 

Est-ce que tu connais la Queer Youth African Network : (+237) 655428372 / 676450461 – humanityfirstcam@yahoo.fr  Il s’agit d’une association active en Afrique de l’Ouest pouvant offrir du soutien à des jeunes dans une situation similaire à la tienne. Cela peut être un bon moyen pour discuter avec d’autres personnes vivant ou ayant vécu un contexte similaire au tien. Par ailleurs, les personnes de cette association pourront te guider et t’offrir des conseils de sécurité en fonction de la région où tu te trouves. 

 

Je ne veux pas être démoralisant, mais je tiens aussi à dire que parfois malgré tous nos meilleurs efforts nous sommes parfois confronté·e·s à des problèmes hors de notre contrôle, n’ayant pas de solution facile ou visibles. Si la suite des choses ne se déroule pas exactement comme tu le mérite, j’espère que tu pourra trouver des moyens pour vivre et exprimer tes émotions, pour prendre soin de toi et pour te faire bien en attendant d’avoir plus de possibilités

 

Tu peux en tout temps nous écrire si tu as d’autres questions, ou simplement pour nous donner des nouvelles de ton côté.

 

Je t’envoie beaucoup de courage et de force et je pense à toi,

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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