Je suis en couple depuis presque 2 ans avec une femme, mais elle m’a surpris à discuter avec des hommes sur des chats sexuels. Elle pense maintenant que je suis bisexuel et je ne sais pas quoi faire, car je ne veux pas la perdre.


Bonjour,

Je suis un homme de plus de 35 ans qui a vécu un rupture très difficile. J’ai même été brisé par cette relation avec cette femme qui m’a rendu dépressif.

Pour essayer de trouver de l’amour, du réconfort je me suis réfugié sur des chats sexuels, seulement aucune femme ne me répondait ou très peu et rien ne découlait. Mais les hommes m’envoyaient énormément de messages, et je me suis laissé porter, en trouvant de l’amour et du réconfort ou je le pouvais. J’étais mal, paumé et à un moment je me suis dis : pourquoi ne pas essayer ? Mais je n’ai pas assumé, j’y suis allé en mode espion et si le gars était très sympa, j’ai préféré vivre l’expérience dans le noir. Il m’a fait une fellation, j’y suis allé aussi sans vraiment aimé ca et du coup il m’a fait arrêter pour qu’il me fasse jouir et se faire jouir ensuite.

J’en suis ressorti encore plus mal, dégoûté. Mais j’ai continué les chats, même quand je côtoyais des femmes enfin des plans cul, tout en me disant que je n’y retournerai pas. Seulement voilà, je suis en couple avec une femme depuis presque 2 ans, et même si j’y vais de moins en moins, j’y vais encore et elle m’a surpris.

Maintenant, elle me pose des questions et je m’en repose aussi suis-je un bisexuel refoulé ? Elle me pousse à retenter des expériences, mais je n’en ai pas envie. Je ne sais pas quoi faire… pour moi les hommes ne me plaisent pas. mais si je me voilais la face ? Surtout que pendant les chats, me visualiser en train de faire une fellation à sexe d’homme, sans penser à une personne précise, m’excite. Je vais juste après la discussion sur des vidéos féminines… Je ne comprends pas cette logique que j’ai.

Aidez-moi ! Je veux y voir clair, et ne pas perdre ma compagne qui est persuadé que je suis bi.

 

Salut Tomette!

 

Je suis désolée pour le délai de réponse, nous sommes pas mal débordé·e·s ces derniers temps, mais on est en train de se rattraper! Merci de nous faire confiance avec tes questionnements, il me fera plaisir de te donner quelques pistes. 🙂

 

Premièrement, comme le mentionne cette ancienne réponse d’une collègue:

« L’orientation sexuelle se décline en trois aspects : les désirs, les comportements et l’identité. Les désirs, ce sont nos attirances et envers qui elles se déclarent (est-ce qu’on est plutôt attiré par tel ou tel type de corps, tel ou tel type de personne, qui on aurait envie d’embrasser, etc.). Les comportements, ce sont les actions que l’on pose réellement, à l’inverse des désirs qui renvoient à l’imaginaire (ex : avoir embrassé notre amie, avoir eu une relation sexuelle avec un homme, avoir regardé les fesses d’une personne dans la rue). Finalement, l’identité, c’est l’appropriation et le choix de mots pour se décrire par rapport à notre identité sexuelle (hétéro, lesbienne, pansexuel.le, etc.). Certaines femmes, par exemple, qui auraient des désirs invariablement de l’identité de genre des personnes qui l’intéressent, mais n’avoir eu des expériences sexuelles qu’avec d’autres femmes, pourraient se définir comme lesbiennes (se basant plutôt sur leurs comportements) ou comme pansexuelles (se basant davantage sur leurs désirs) ou même d’autres termes s’ils lui conviennent mieux! L’identité, c’est vraiment propre à chaque personne, sa façon de se percevoir et son sentiment d’appartenance à une orientation sexuelle plutôt qu’une autre.

Par ailleurs, bien qu’il ne soit pas possible de volontairement modifier notre orientation sexuelle, celle-ci reste néanmoins fluide et elle peut se modifier avec le temps. »

 

Je mets ici l’emphase sur l’identité, puisque tu es le seul qui peut définir ton orientation sexuelle. Tu es le seul à la connaître. Ainsi, même si ta partenaire est persuadée que tu es bisexuel, ce n’est pas elle qui à la réponse, mais bien toi!

 

C’est absolument correct de tenter des expériences sexuelles pour réaliser finalement que ce n’est pas pour nous (tant que chaque personne participante est consentante). Explorer sa sexualité est sain! Ces comportements ne vont pas nécessairement influencer notre orientation. Je suis désolée cependant de lire que tu es sorti de cette expérience avec un sentiment de dégoût. Connais-tu la source de ce sentiment? Était-ce la relation sexuelle? Ou le fait que c’était une relation avec un autre homme? Est-ce influencé par la perception que tu as de l’homosexualité ou bisexualité? Je tiens à te rassurer qu’il n’y a rien de mal à avoir des relations sexuelles avec des personnes du même genre que nous. Toutes les orientations sexuelles sont belles et égales! 🙂 Évidemment, les sentiments que tu as ressenti par la suite sont tout à fait légitimes et c’est ton droit de ne pas vouloir recommencer ou réessayer. Il serait donc important que ta partenaire comprenne tes limites et ton ressenti. On ne peut pas pousser une personne à avoir des relations sexuelles, que ce soit avec nous ou avec d’autres personnes! Écoute toi, si tu sais que tu n’es pas intéressé par les hommes, fais toi confiance.

 

Finalement, lorsque tu mentionnes être excité lorsque tu t’imagines faire une fellation, cela entre dans la catégorie des fantasmes. Comme mentionné dans une de mes réponses précédentes:

« Un fantasme, c’est une représentation mentale qu’on peut s’imaginer, de manière consciente ou inconsciente, qui nous procure de l’excitation ou du désir. Ainsi, il y a une différence entre les fantasmes et la réalité. Ce n’est donc pas parce que tu t’imagines des scénarios avec des personnes du même genre que toi lorsque tu te masturbes que tu es nécessairement attiré par elleux. En effet, les fantasmes ne définissent pas ton orientation sexuelle. »

 

J’espère que ma réponse pourra t’aider. N’hésite pas à nous recontacter si tu as d’autres questions!

 

Émilie (elle/she), pour AlterHéros

 


About Émilie Grandmont

Émilie (elle/she) est une femme bisexuelle et polyamoureuse. Elle possède un baccalauréat en sexologie de l’UQAM. Elle est entrée dans ce programme avec le but d’en apprendre davantage sur la diversité sexuelle et de genre, sur la santé sexuelle et sur l’éducation sexuelle intersectionnelle. Aujourd’hui, elle souhaite venir en aide aux survivant.es d’agressions sexuelles et offrir une écoute inclusive et sécuritaire à toute personne faisant partie de la communauté LGBTQIA2S+. Ses ami.e.s la décriraient comme passionnée des animaux, effrayée par les papillons et difficile à réveiller aux petites heures du matin.