J’ai quelques questions concernant ma première relation homosexuelle avec un autre garçon.


Bonjour,

Merci pour votre réponse très rassurante sur la perception des relations homosexuelles et vos conseils.
J’aurai des dernières questions :
Je voulais savoir si il y a beaucoup de garçons comme moi qui n’auront jamais de relations sexuelles avec une fille de leur vie ? Je ressens quelques difficultés avec ça même si mon orientation est claire dans ma tête, c’est mon acceptation de moi qui n’est pas encore à 100% car je n’ai jamais eu de relations avec un gars.
Et afin de l’accepter je crois que j’aurais besoin avant tout d’une stabilité affective avec un garçon. Je ne pourrai jamais faire l’amour sans être amoureux.

Savez vous quels sont les signes qui m’indiqueront que je me sentirais prêt avec un garçon ? Ou est ce qu’en étant amoureux ça viendra naturellement ?

Pour une première fois si le garçon est vierge comme moi, est ce que ce rapport sexuel doit être quand même protégé ?
Je me protégerais bien sûr au début si le garçon n’est pas vierge mais j’ai peur de faire une bêtise si je couche avec un garçon qui est vierge, sans protection.
Enfin si j’ai une relation longue durée amoureuse est ce que le préversatif sera toujours nécessaire si on est safe tous les 2?
J’espère que mes questions ne sont pas trop bêtes. Je ne sais pas à qui les poser pour le moment.

Merci pour votre réponse

Garfield

Bonjour Garfield 😉

J’espère que tu vas bien et que tu prends soin de toi en cette drôle de période! 😛 Tout d’abord, je suis heureuse de savoir que notre réponse précédente t’ait rassuré et un grand merci d’accorder ta confiance à AlterHéros pour répondre à ta question. Pour te rassurer un peu : non, tes questions ne sont pas bêtes du tout. Il est absolument valide de se questionner. Cela démontre que tu apprends à te connaître et que tu te respectes 😊 J’essaierai donc de t’éclairer du mieux que je le peux! 

 

Je vois plusieurs sous-questions dans ton message; ainsi, je vais tenter de diviser ma réponse de sorte à ce que je réponde à toutes tes interrogations. Dans un premier temps, je comprends que tu t’identifies comme un homme (cisgenre) homosexuel, mais que tu ressens encore quelques incertitudes et quelques difficultés quant à ton acceptation de ton orientation sexuelle. Tu écris : « Je voulais savoir s’il y a beaucoup de garçons comme moi qui n’auront jamais de relations sexuelles avec une fille de leur vie ? ». La réponse la plus courte et la plus simple que je peux te donner est : oui! 😛 La communauté LGBTQ+ est très, très grande, et saches que tu n’es absolument pas la seule personne à te poser ces questions. Cependant, ton orientation sexuelle est entièrement valide. Nous vivons dans une société qui a encore tendance à voir les relations hétérosexuelles comme la « norme », mais la diversité de genre et d’orientation sexuelle est présente partout à travers le monde, et ce, depuis toujours 😉 Tous les êtres humains sont différents – et ce, autant dans leurs caractéristiques physiques, sociales, émotionnelles et psychologiques que dans leurs caractéristiques romantiques et sexuelles. D’ailleurs, il faut mettre fin à ce discours selon lequel les garçons homosexuels doivent expérimenter aussi avec une fille. À l’inverse, as-tu déjà demandé à un garçon hétéro s’il avait déjà expérimenter avec un autre garçon avant de se déclarer hétéro? En bref, il n’est aucunement nécessaire d’avoir des relations sexuelles avec qui que ce soit pour connaître notre orientation sexuelle. 

 

Tu sens qu’avoir une relation amoureuse et affective avec un garçon t’aiderait beaucoup sur le chemin de l’acceptation de ton orientation sexuelle. L’amour et la sexualité semblent marcher main dans la main pour toi, puisque tu affirmes que tu ne pourrais jamais avoir de relation sexuelle avec un garçon sans te sentir amoureux de lui. Ainsi, tu te demandes quels signes chez toi t’indiqueront que tu es « prêt » à avoir une relation sexuelle avec un partenaire. 

 

Il n’existe pas de dictionnaire ou de site web répertoriant une liste exhaustive de tous les signes, et ce, pour la simple et bonne raison que… ça varie pour touste et chacun.e ! 😉 En effet, les raisons et les signes qu’une personne a envie ou se sent prêt.e à avoir des relations sexuelles sont multiples et très, très subjectives. De ton côté, il me semble que tu possèdes déjà une partie de ta réponse : tu affirmes que tu auras besoin de te sentir amoureux de ton partenaire avant d’avoir avec lui une relation sexuelle. Comment définirais-tu le fait d’être amoureux? Comment sauras-tu que tu aimes ton partenaire? Quelles qualités t’attirent le plus chez quelqu’un? Quels sentiments recherches-tu? Ce sont de grosses questions je le sais bien! 😛 Pour certain.e.s, l’amour va de pair avec un sentiment de confiance en l’autre, ou encore de sécurité, de confort, de bien-être, de respect mutuel. Souviens-toi cependant que le fait d’être amoureux.se d’une personne ne veut pas forcément dire que l’on est prêt.e ou que l’on a envie d’avoir des relations sexuelles avec cette personne. Rien ni personne ne devrait te forcer la main – il s’agit d’un processus de décision qui t’appartient, et qui peut varier selon les partenaires que tu as/auras

 

L’important, c’est de réfléchir à ce qui te mettrait suffisamment en confiance (chez toi comme chez l’autre) pour que tu aies envie de vivre une première expérience sexuelle avec cette personne. C’est une autre grande question, et tu n’as pas besoin de trouver immédiatement la réponse ! 😛 Je crois que la première étape, c’est d’apprendre à te connaître toi-même, à découvrir tes goûts, tes désirs, tes envies et tes limites. Il s’agit d’un bon début puisque cela pourra t’aider à savoir de quel(s) genre(s) de relation(s) tu as envie. Et puis ensuite, lorsque tu auras rencontré une personne avec qui tu souhaiteras t’engager, et avec qui tu te sens confortable, mon meilleur conseil, c’est la communication. Discuter avec l’autre de ses expériences (ou de l’absence d’expériences), de ses envies et de ses désirs est une bonne manière de découvrir si vous êtes sur la même longueur d’onde. Cette communication s’étend aussi au moment où ton partenaire et toi vous sentirez prêts à avoir des relations sexuelles : c’est la communication qui permet de s’assurer du consentement de l’autre. Il est important de communiquer à son/sa partenaire comment on se sent (‘’J’aime/je n’aime pas _____’’ ; ‘’J’aimerais essayer _____, en as-tu envie?’’; ‘’Peux-tu accélérer/ralentir?’’, etc.), et de le demander à l’autre également, afin de s’assurer qu’il/elle est confortable et ressent du plaisir (“Est-ce que tu aimes ça quand je fais ____?” “Est-ce que tu veux que je continue?” “Est-ce que ça te fait mal quand je _____?”. ”Est-ce que le rythme est correct? Est-ce que je peux accélérer?”, etc.). 

 

Plusieurs inquiétudes peuvent survenir lorsque vient le temps d’une première expérience sexuelle. À ce sujet, je t’invite à consulter les réponses de deux de mes collègues chez AlterHéros, qui parlent de certaines précautions à prendre et donnent de bons conseils pour diminuer la pression que l’on peut ressentir à l’idée de vivre une première expérience sexuelle : 

 

 

Dans un second temps, tu te questionnes à propos de la protection et du « safe sex ». C’est très bien, et je t’en félicite 😊 Tu te demandes si le préservatif est nécessaire si ton partenaire et toi en êtes tous deux à vos premières expériences sexuelles. 

 

On ne se cachera pas que le port du préservatif est une excellente méthode pour contrer les ITSS (« Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang »). Il est commun de penser que, si une personne est « vierge », iel n’a aucune chance d’avoir contracté aucune forme de maladie ou d’infection transmissible sexuellement. Cependant, la perception de la virginité peut varier d’une personne à une autre. Ainsi, un individu peut se considérer vierge parce qu’iel n’a pas encore eu de relation sexuelle pénétrative (c’est-à-dire de type pénétration vaginale ou pénétration anale), mais avoir tout de même vécu certaines expériences sexuelles (touchers, caresses, baisers, fellation, anulingus, cunnilingus, etc.). Chaque individu vit sa sexualité de manière subjective; ainsi, nous sommes tous libres de percevoir nos premières expériences sexuelles comme nous le préférons, selon nos croyances et nos valeurs. Je te parle de cela parce qu’il faut savoir que certaines ITSS se transmettent par des voies autres que la pénétration, par exemple par voie orale, ou par le partage de jouets sexuels. Le partage de matériel de consommation de drogue (par injection ou par voie nasale) ou le fait de se faire tatouer et/ou percer dans des conditions hygiéniques non-stériles peuvent rendre vulnérable à certains types d’hépatites, de même qu’au VIH (à ce sujet, je t’invite à consulter la réponse de mon collègue Guillaume à une question bien semblable; c’est très complet et expliqué de façon très claire 😉). Ainsi, je crois qu’il est important de discuter avec ton partenaire de la manière dont vous percevez la virginité; cela permettra de vous orienter sur la méthode de protection à utiliser

 

De plus, une excellente manière de s’assurer que ni l’un ni l’autre n’avez contracté d’ITSS, c’est le dépistage, qui te permet de connaître ton statut de santé sexuelle. De manière générale, un test de dépistage comprend le prélèvement de cellule dans la gorge, l’anus et le vagin avec un coton-tige, un test d’urine pour les personnes avec un pénis, ainsi qu’un prélèvement sanguin afin de détecter les traces possibles du VIH, la syphilis et les hépatites. Pour les gens qui ont une vie sexuelle plus active, il est fortement recommandé de passer régulièrement ce genre de test, afin de s’assurer que ni soi, ni les partenaires passé.e.s ou actif.ve.s ne soient exposé.e.s à une ou plusieurs ITSS. En France, l’association AIDES réalise des tests de dépistage dans un environnement sécuritaire et friendly pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes; je t’invite à jeter un coup d’œil à leur site web puisqu’ils opèrent dans plusieurs villes. 

À mon avis, la meilleure option, c’est d’abord et avant tout d’en discuter avec ton partenaire.  Pour citer une fois de plus mon collègue, « le condom est la technologie la moins coûteuse et la plus facile pour prévenir la transmission du VIH et d’autres ITSS. Toutefois, pour plusieurs raisons qui appartiennent aux personnes concernées, certaines personnes prennent la décision de ne pas utiliser de condom. Si tel est le cas, l’important est de connaître les différentes stratégies disponibles à adopter avec ton partenaire (ou tes futurs partenaires!) : notamment le dépistage régulier, le traitement advenant un résultat positif à une ITSS et une communication constante sur la santé sexuelle! ». Il y a aussi la PrEP (Prophylaxie pré-exposition) qui est un bon outils à ta disposition pour te protéger du VIH! Dans tous les cas, une bonne communication, c’est la clé! 😉 

 

Quant à ta question : « si j’ai une relation longue durée amoureuse est ce que le préservatif sera toujours nécessaire si on est safe tous les 2? », encore une fois, il s’agit d’une décision qui varie selon les individus et selon les couples. Si, par exemple, vous choisissez d’être exclusifs, que vous avez confiance que l’un comme l’autre vous respecterez cette entente, et que vous souhaitez laisser tomber le préservatif après avoir tous les deux reçus des résultats négatifs à un test de dépistage, il s’agit d’une décision qui vous appartient et qui peut être jugée comme sécuritaire. Certains couples choisissent quant à eux de continuer à passer des tests de dépistage régulièrement, ou encore préfèrent garder le préservatif. Discuter des options ensemble est le meilleur moyen de parvenir à une entente satisfaisante pour toustes les partenaires impliqué.e.s 😉

 

Voilà, alors j’espère avoir répondu à toutes tes questions! 😊 Si d’autres interrogations surgissent après ta lecture, ou si quelque chose n’est pas clair pour toi, n’hésites pas à nous réécrire – notre porte est toujours ouverte! 

 

Prends soin de toi, 

 

Claude

Baccalauréat en sexologie, UQAM


About Claude

Claude est une étudiante qui terminera sous peu un baccalauréat en sexologie à l’UQAM. Elle espère ardemment pouvoir s’impliquer dans l’intervention et la mise en place de projets venant en aide aux communautés LGBTQ+ une fois son diplôme en poche, et c’est ce qui la motive à s’impliquer chez AlterHéros. Dans ses temps libres, elle travaille dans une garderie pour chiens, s’intéresse à la photographie amateure et boit beaucoup trop de café.

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