J’ai des fous rires à chaque fois que je vois un pénis, je trouve ça vraiment ridicule à voir! Mais je sais que ça peut être offensant pour mon partenaire… Comment arrêter de rire à chaque fois?


bonjour alterhéros ma question aujourd’hui va sonner vraiment niaiseuse….. je ne veux pas faire de peine au gars que je sors avec. On a pas encore eu du sexe ensemble mais ca sent vient. le problème c’est que des pénis je trouve ca vraiment ridicule à voir (ca pend, ca étire comme un élastique, c’est bouncy ou quand ca se réveille c,est drôle aussi etc…). J’ai de la misère de garder une straight face ou rester dans le mood chaque fois qu’un gars a enlevé ses vêtements devant moi. Je ne veux pas faire de la peine ou shamer leur corps mais je trouve ca juste trop drôle. C’est dur de ne pas avoir un fou rire. Est ce que je suis la seule? C’est normal? J’ai essayé de hint le gars que je sors que c’est con mais je ri devant les pénis. Que c’est pas méchant, c’est pas que j’aime pas les gars attachés après, c’est juste une partie du corps qui me fais rire. Comme ca il sera préparé Mais il la mal pris et je ne sais pas m’en sortir. Je ne veux blesser personne mais j’ai toujours trouvé ca vraiment drôle un pénis mou. Je sais que pour les gars leur pénis est important. Je sais qu’il peut avoir beaucoup de pression pour avoir un gros sexe et être viril et tout ca. je veux être bodypositive. Comment me débarasser de ses fou rires? Ce n’est pas une question de taille. Le <meilleur> pénis du monde me ferait rire pareil. Je ne veux pas qu’il se sente humilié. Je pense que c’est la différence <ouais! Je suis un homme virile et fort! Mon pénis est tellement puissant!> et concrètement ce tube de chaire mou <blobby>. C’est normal? Comment faire? Plus je me dit de rester sérieuse plus j’éclate fort. Est ce que ca arrive souvent pour des filles hétéro? De ne pas trouver les pénis beaux ou exitants. Ca peut etre quoi mon orientation si je ne peux pas prendre un gars nu au sérieux? Je ne me vois pas avec une femme mais leur corps est plus beau en général pour moi c’est clair à 100 % ?

Marie-Anne

Bonjour Marie-Anne,

Merci de faire confiance à AlterHéros!

Je te rassure, il n’y a pas de question niaiseuse ici! En même temps, je comprends tout à fait que certains sujets sont délicats à aborder et que ce ne sont pas tous les contextes qui s’y prêtent. Si je comprends bien, tu nous écris parce que tu anticipes ta réaction lors d’un premier rapport sexuel avec ton copain actuel puisque tu crains de ne pas pouvoir réprimer un fou rire en voyant son pénis. En fait, pas particulièrement « son » pénis, juste « un » pénis. Tu as tenté d’ouvrir le sujet avec lui, mais cela ne s’est pas passé comme tu espérais. Tu es soucieuse du bien-être de ton copain et tu aimerais savoir comment mieux gérer la situation. Tout cela t’amène aussi plusieurs questionnements et j’ai l’impression que cela commence à être lourd à porter.

Si on se fie à tous les messages que la société, la porno et les médias en général nous envoient, on a effectivement l’image en tête que les femmes doivent être obsédées par les pénis. C’est un fantasme très cishétéronormatif… comme si la sexualité reposait uniquement sur le plaisir donné aux femmes par le fameux pénis! En fait, même si des personnes de tous genres peuvent être excitées par des parties du corps spécifiques, elles ne les trouveront probablement pas excitantes sur tout le monde, tout le temps et dans tous les contextes.

Les parties génitales, que ce soit les nôtres ou celles des autres, peuvent susciter toutes sortes de réactions, que ce soit le désir, la joie, la surprise, la peur, le dégoût, la tendresse, la tristesse… et oui, même le rire. C’est vrai qu’on peut les trouver amusants, ces petits bouts étranges du corps humain. C’est aussi tout à fait normal d’en rire avec nos partenaires, surtout lorsque ces petites choses rebondissent, giclent ou font de drôles de bruits. Je pense que l’humour peut très bien avoir sa place dans une sexualité saine. Dans ce cas-ci, par contre, je comprends que tu t’inquiètes de l’intensité et de la fréquence de ta réaction (le rire) et que cela devient une difficulté réelle pour toi et ton couple.

Il arrive qu’on utilise l’humour pour dédramatiser quelque chose qui est moins confortable. En te lisant, je me demande si c’est possible qu’il y ait un malaise derrière ton rire. Si tu prends un moment pour repenser aux dernières fois où tu as éclaté de rire, comment te sentais-tu? Quelles étaient les sensations dans ton corps? Quels étaient les points communs entre ces situations? Est-ce possible que ce soit lié au stress de voir l’autre personne nue pour la première fois? Juste au cas où, si cela te ramène à des expériences passées plus difficiles en lien avec la sexualité, n’hésite pas à communiquer avec la ligne Info-aide Violence sexuelle au 1 888 933-9007.

Est-ce que ta réaction pourrait être liée en tout ou en partie à ton orientation sexuelle? C’est possible que ce soit une autre piste à explorer tout comme c’est possible que cela n’ait aucun lien, c’est bien difficile à dire! Je t’invite à lire l’article « Suis-je lesbienne » et autres questions autour de l’hétérosexualité obligatoire pour guider ta réflexion ainsi que les excellentes réponses de mes collègues Guillaume et Maxime à Suis-je lesbienne plutôt que bisexuelle et Je suis de plus en plus dégoûtée par tout ce qui touche aux relations sexuelles, suis-je asexuelle?

Tu peux aussi explorer ton ressenti face à la diversité de combinaisons de corps, d’identité de genre, d’expression de genre et des parties génitales qui existent. Est-ce que ta réaction serait spécifique aux hommes cisgenres? Comment te sens-tu ou te sentirais-tu, par exemple, à l’idée de voir les parties génitales d’une personne trans et/ou intersexe? Les organes génitaux de chaque fœtus se forment à partir du même « modèle de base » et sont ensuite influencés toute notre vie (taille, apparence, texture, odeur, etc.) par les hormones que nous produisons dans notre corps ou que nous recevons par traitement médical (hormonothérapie). Il y a donc énormément de variations possibles!

J’espère que ces quelques pistes de réflexion te seront utiles. N’hésite surtout pas à nous réécrire si tu as d’autres questions ou si tu ressens le besoin de revenir sur des aspects en particulier.

Prends bien soin de toi!

Rose Dorian, intervenant.e bénévole pour AlterHéros


About Rose Dorian

Rose Dorian est une personne autiste, queer, trans et non binaire diplômée en techniques de travail social depuis 2016. Iel intervient principalement avec des personnes survivantes/victimes d'agression sexuelle et de violences ainsi que leurs proches et avec des personnes neuroatypiques.

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