Grossesses chez les ados: gais et lesbiennes plus à risque


Les gais, les lesbiennes et les personnes bisexuelles courent un risque plus élevé de tomber enceintes ou de causer une grossesse que leurs pairs hétérosexuels, chez les adolescents de Colombie-Britannique, indique une nouvelle étude divulguée mardi.

Les auteurs laissent entendre que la discrimination, les agressions sexuelles et le harcèlement auxquels font face ces adolescents pourraient les inciter à avoir plus de comportements «à risques», comme ne pas utiliser le condom, avoir des relations sexuelles avant l’âge de 14 ans ou multiplier les partenaires sexuels.

Selon l’auteure principale, Elizabeth Saewyc, une série d’enquêtes menées régulièrement depuis 1992 a démontré que de façon générale, tous les adolescents ont une meilleure santé sexuelle et prennent moins de risques qu’ils le faisaient au début des enquêtes. Mais il reste un écart important entre les lesbiennes, gais et bisexuels adolescents et leurs pairs hétérosexuels, remarque-t-elle.

Mme Saewyc enseigne à la faculté de sciences infirmières de l’Université de Colombie-Britannique et est directrice de recherche de la McCreary Centre Society. Son étude, parue dans le Canadian Journal of Human Sexuality, a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada.

Les constats de l’étude sont tirés des données sur la santé des adolescents que la McCreary Centre Society recueille, tous les cinq ou six ans, auprès de 15 000 à 30 000 élèves du secondaire 1 à 5 des écoles de la province.

Selon l’article, les adolescentes qui se décrivaient comme bisexuelles avaient près de deux fois plus de risques d’avoir vécu une grossesse que les filles se décrivant comme hétérosexuelles. En 2003, les adolescentes lesbiennes étaient plus de 2,5 fois plus susceptibles d’avoir connu une grossesse. Quant aux jeunes garçons se décrivant comme gais ou bisexuels, ils étaient entre trois et quatre fois plus susceptibles d’avoir causé une grossesse que les garçons hétérosexuels.

Selon Mme Saewyc, on croit généralement, à tort, que les adolescents gais ou lesbiennes n’ont pas de relations sexuelles avec le sexe opposé.

David Wolfe, un psychologue de Toronto, estime que la meilleure façon de s’attaquer au phénomène des taux plus élevés de grossesses chez les bisexuels, lesbiennes et homosexuels adolescents est de trouver des moyens de faire en sorte qu’ils ne se sentent plus aussi stigmatisés. Et il a préconisé une plus grande ouverture dans le système scolaire au sujet de l’existence de différentes orientations sexuelles.


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