Depuis 3 ans, je fantasme sur des femmes en m’imaginant dans un corps d’homme. Est-ce que ça va disparaître avec le temps?


Bonjour… Je vous écrit car je viens de tomber sur une publication de 2017… Et elle m’a énormément perturbé car elle reflète exactement ce que je ressens… Cette incertitude et en même presque sur que la VT est la solution… J’ai peur des avis de ma famille… Je sais qu’elle m’abandonner ait si je lui disais tout ça… Mais je me rappelle clairement avoir dit à ma mère pendant mon adolescence… Que j’avais embrassé une blonde aux yeux bleus en primaire et que c’était le meilleur souvenir que j’ai eu enfant sentimentalement parlant je disais être lesbienne mais étant donné que je ressens du désir pour les 2 je me suis forcé à me concentrer sur les hommes mais depuis 3 ans je fantasme sur des femmes en m’imaginant dans un corps d’homme… Depuis mon plus jeune âge j’ai toujours été dans l’entre deux et ça n’a pas toujours plus je pouvais avoir mes chaussures préféré ct rayon garçon… Je jouais à la poupée en préférant les petits voitures… Et je suis désespéré car je ne sais plus du tout quoi faire… Est ce que ça va disparaitre avec le temps ? Mais je commence à être dégoûter de mon corps je ne peux le toucher… Cette poitrine… Elle m’angoisse en faire des crises devant le miroir… Et parfois j’aimerais juste pouvoir fermer les yeux et me voir un homme… Souvent dans le miroir je porte une robe et je vois mes bras musclé plus musclé que pour une femme et je me dis j’ai peur être assez de testostérone pour être un homme… Et ma voix je n’arrive qu’à l’aimer le matin quand elle est… Rauque… Comme une voix d’homme… Mais le changement de sexe même si j’adorerais avoir un pénis m’angoisse un peu quand même les complications me terrifie mais sans mon pénis je serai peut pas un vrai homme et plus personne voudra de moi… Je sais plus quoi penser… S’il vous plaît j’ai besoin d’un avis…

 

Bonjour à toi!

 

Merci de faire confiance à notre équipe en nous partageant tes questionnements.

 

Si je comprends bien, tu te poses des questions quant à ton identité de genre, fantasmant sur des femmes en t’imaginant dans un corps d’homme, en étant dégoûté de ton corps, surtout de ta poitrine et aussi en préférant le timbre de ta voix lorsqu’elle est rauque le matin. Tu aimerais faire un changement de sexe pour te sentir comme « un vrai homme », mais l’idée de la chirurgie et de ses complications t’angoisse.

 

Premièrement, une personne est trans lorsqu’elle se sent être d’un autre genre que celui qui lui a été assigné à la naissance. Est-ce c’est le cas pour toi? À part lorsque tu fantasme à l’idée d’être dans un corps d’homme pour avoir des relations sexuelles avec des femmes, t’identifies-tu au genre masculin généralement? As-tu ce sentiment constamment à l’intérieur de toi? Ou alors est-ce seulement lorsque tu fantasmes sur les femmes?

 

Je te dirais que les comportements à l’enfance sortant des stéréotypes de genre n’ont pas nécessairement une influence sur l’identité de genre, puisqu’une fille peut tout autant jouer avec des voitures que les garçons, comme un garçon peut tout autant jouer avec des poupées que des garçons. Il est aussi important de faire la différence entre l’identité de genre et l’expression de genre. L’expression de genre, ce sont des caractéristiques perceptibles, comme les vêtements, les accessoires, le maquillage, les coupes de cheveux, les comportements, la manière de parler, etc., qui seraient considérées plus féminines, masculines ou androgynes. Comme déjà mentionné, l’identité de genre est un sentiment profond d’appartenir à un certain genre (ou plusieurs, ou aucun). Pour certaines personnes, l’identité de genre s’exprime au travers de l’expression de genre, mais l’une n’est pas obligée d’aller avec l’autre. Par exemple, une femme trans pourrait avoir une expression de genre considérée féminine, mais elle pourrait tout autant avoir une expression de genre plus masculine, sans toutefois que ça remette en question son identité de genre. Nous avons absolument le droit de nous présenter comme nous voulons, que ça sorte des «normes de notre genre» ou non. 🙂

 

Lorsque tu mentionnes être dégoûté par ton corps, ta poitrine et autre, cela peut se rapporter à de la dysphorie de genre. La dysphorie de genre, c’est le fait de ressentir un inconfort, un mal-être, de l’anxiété ou de la dépression en rapport avec le fait de ne pas vivre dans son vrai genre. C’est quelque chose qui pourrait expliquer ton dégoût envers ta poitrine et ta préférence pour ta voix rauque du matin. La dysphorie peut être un indice pour comprendre son genre, mais elle n’est pas présente chez toutes les personnes trans. Ce que je veux dire par là, c’est que plusieurs personnes trans ne ressentiront pas cet inconfort, ce qui ne les rend pas moins légitimes que les personnes qui ressentent de la dysphorie. Il est absolument correct et normal, lorsque l’on ressent ces sentiments négatifs, de s’imaginer avec une apparence se rapportant plus à notre genre. Je ne te cacherais donc pas que faire une transition serait le meilleur moyen de calmer ce dégoût que tu ressens. La transition peut se faire de manières différentes (et il n’y a pas d’ordre et de priorités à celles-ci), donc tu as toujours l’option de faire ce que tu souhaites à ton propre rythme et de ne pas changer ce que tu ne souhaites pas changer. Il y a bien des manières de la faire, que ce soit en changeant de prénom, de pronoms, d’accords, en s’habillant d’une manière différente, en changeant de coiffure, en prenant des hormones (comme la testostérone), en utilisant du gender gear (on en parlera un peu plus loin) et, comme tu le mentionnes, en ayant une chirurgie d’affirmation de genre. Je tiens à te rassurer ici, la chirurgie n’est absolument pas obligatoire pour être un «vrai» homme!Les corps d’hommes se trouvent sous des formes et apparences très diversifiées. Je comprends toutefois si la chirurgie est une nécessité pour toi et que ça peut t’aider pour ton bien-être! Si ça peut t’aider (et j’espère ne pas te donner plus d’anxiété), voici un guide qui décrit les types chirurgies et les complications possibles, ainsi que les manières de les éviter (le guide est québécois, mais les chirurgies sont les mêmes).

 

Je t’invite ainsi à faire les éléments de transition que tu souhaites à ton propre rythme. Si tu demeures toujours incertain à propos de la chirurgie, il y a des moyens entre-temps d’avoir son propre pénis par d’autres manières, avec du gender gear comme des packers, des chaussettes, des coques pack-up, des stand-to-pee, etc. Lors de relations sexuelles, il est aussi possible de porter un strap-on. Il y a aussi des binders, permettant d’aplatir la poitrine. Finalement, pour ce qui est de ta voix, tu pourrais essayer de faire des exercices d’entraînement de voix

 

Pour finir, pour ce qui est de la réaction de ton entourage, il est tout à fait compréhensible d’avoir des craintes et de ne pas savoir comment en parler. Tu n’es pas dans l’obligation d’en discuter, de faire un coming-out, encore moins si tu penses que ça peut compromettre ta sécurité. Toutefois, si tu souhaites leur en parler, je te laisse ici une ancienne réponse de maon collègue Maxim·e qui donne plusieurs pistes sur comment faire un coming out trans auprès de sa famille.

 

J’espère avoir couvert tous les points de ta question et que ma réponse pourra t’aider. N’hésite pas à nous recontacter pour quoi que ce soit!

 

 

Émilie (elle/she), pour AlterHéros

 


About Émilie Grandmont

Émilie (elle/she) est une femme bisexuelle et polyamoureuse. Elle possède un baccalauréat en sexologie de l’UQAM. Elle est entrée dans ce programme avec le but d’en apprendre davantage sur la diversité sexuelle et de genre, sur la santé sexuelle et sur l’éducation sexuelle intersectionnelle. Aujourd’hui, elle souhaite venir en aide aux survivant.es d’agressions sexuelles et offrir une écoute inclusive et sécuritaire à toute personne faisant partie de la communauté LGBTQIA2S+. Ses ami.e.s la décriraient comme passionnée des animaux, effrayée par les papillons et difficile à réveiller aux petites heures du matin.