Les premiers gais sortis du placard


« Il va y avoir une première génération d’hommes de 60 ans qui ont fait leur coming out», lance Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute.

M. McCutcheon a déposé un mémoire à la dernière Commission sur les aînés. Il a fait l’inventaire de tout ce qu’offre le réseau des aînés au Québec. Pas une fois, il n’a vu les mots gai ou lesbienne.

« Le réseau n’est pas préparé. Il s’est développé comme ça, car il n’y avait pas de gais, souligne-t-il. Il y a des femmes et des hommes âgés qui ne feront jamais de coming out. À 80 ans, il ne faut pas les forcer. Mais il va arriver ma gang. »

M. McCutcheon se demande si les gens qui travaillent auprès des aînés sont prêts à accepter qu’un homme homosexuel, par exemple, ait une photo de son conjoint sur sa table de chevet ?

Il existe déjà une résidence pour hommes gais autonomes et semi-autonomes à Montréal, au coin des rues Rachel et De Lorimier.

Le nom du projet est Maison urbaine. Les loyers des chambres simples ou doubles sont plutôt dispendieux, et une multitude de services sont offerts aux locataires : infirmerie, salle d’exercices avec sauna, programme de mise en forme, etc.

Le promoteur André J. Saindon n’a pas voulu nous accorder d’entrevue car il doit faire une annonce sous peu.

Un autre projet est sur les rails, piloté par l’organisme ARC (Aînés et retraités de la communauté), en collaboration avec Habitations les II volets, une OSBL qui gère déjà trois résidences pour personnes âgées.

« Notre projet est à but non lucratif », précise l’un des responsables, Renaud Paré.

Si tout va bien, l’immeuble pourrait ouvrir ses portes en 2010, près de la station de métro Rosemont. La moitié des appartements sera destinées à une clientèle homosexuelle. L’autre moitié sera réservée à des personnes (gaies ou hétéros) qui sont admissibles au programme de supplément de loyer.

Pourquoi un tel projet ? « C’est le fait d’être à l’aise ensemble, mais pas nécessairement dans un ghetto », explique M. Paré.

Le Réseau des lesbiennes amasse aussi les fonds nécessaires pour un projet de résidences à but non lucratif. « Ce serait une coopérative générationnelle », explique la directrice générale, Diane Hefferman.

« À mon âge, je n’ai pas le goût de retourner dans le placard, ajoute la militante depuis plus de 40 ans. Si je me berce et je pense à mon ancienne blonde, je veux pouvoir le dire à la personne d’à côté sans censure. Mais dans le fond, j’espère ne pas avoir besoin d’aller en résidence ! »


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