Je ne me sens plus fille, j’ai toujours été un garçon “manqué” …


Salut, je vais avoir 14 ans dans un mois et depuis quelques temps je pose des questions sur ma propre identité, je ne me sens plus fille, j’ai toujours été un garçon “manqué” même si je n aime pas trop cette appellation… et aujourd’hui je me sens garçon mais je ne sais pas si c’est la peur de faire le pas ou de la réaction de mes parents qui me bloque à franchir le pas ou même que je suis juste une fille… aidé moiiiiii !
Ilana
 
Salut Ilana,
Merci de la confiance que tu portes envers AlterHéros. Si je comprends bien ta situation, tu te poses des questions sur ton identité de genre. Tu dis ne plus te sentir vraiment comme une fille et d’avoir toujours eu une apparence correspondant aux stéréotypes associés à la masculinité. Tu dis te sentir aujourd’hui garçon, mais tu ne sais pas si tu hésites par crainte de la réaction de tes parents ou parce que tu es une fille.
 
Je vais tenter du mieux que je peux de répondre à tes interrogations.
 
D’abord, l’identité de genre est un sentiment très profond, intime et personnel. C’est le fait de se sentir garçon, fille, un peu des deux, ni l’un ou ni l’autre, non-binaire, etc. Tu es la seule personne qui peut définir qui tu es et quels mots tu souhaites utiliser pour parler de toi. Lorsque tu dis te sentir comme un garçon, tu peux aussi définir ce que cela représente pour toi. Est-ce que tu aimerais qu’on utilise le pronom ”il” avec toi? Qu’on s’adresse à toi avec des adjectifs au masculin? L’exploration de son genre peut être un merveilleux processus lorsque nous nous l’autorisons. Après tout, réfléchir à qui nous sommes et comment nous souhaitons nous présenter aux autres ne peut qu’être positif! Je te propose fortement de lire cette réponse merveilleuse écrite par un.e collègue de travail : J’ai l’impression d’être un garçon piégé dans un corps de fille. Cette réponse donne un portrait très précis de quelles sont tes options et te propose aussi des ressources dans un contexte français ainsi que des chaînes Youtube à écouter pour alimenter tes réflexions.
 
Lorsque tu dis te questionner sur ton genre et sur le fait d’être un garçon, ce n’est pas uniquement une question de look ou de vêtements, n’est-ce pas? Plusieurs filles vont apprécier porter du linge davantage associé aux garçons, porter les cheveux courts ou apprécier des activités sportives généralement associés aux garçons, sans pour autant remettre en question leur genre. C’est donc pour cette raison que je t’emmène à réfléchir : est-ce que tu te sens garçon à l’intérieur de toi? Dans la vie quotidienne, quelle est ta perception de la féminité? Il arrive que certaines personnes vont aimer critiquer les stéréotypes sociaux associés aux garçons et aux filles et vont critiquer les moules sociaux qui nous figent dans ce que devrait être un garçon, ce que devrait être une fille. Pour cette raison, j’aime beaucoup porter du vernis à ongle par exemple, car je ne me sens pas représenté par la perception que nous avons de la masculinité, mais intérieurement, je me sens tout de même garçon. Et toi, intérieurement, comment te sens-tu?
 
Par rapport à la famille, pour citer encore une fois la réponse de mon/ma collègue Gabriel.le : ”Pour ce qui est d’aborder ton identité de genre avec tes proches, je sais que c’est un  moment qui peut apporter son lot de stress et d’appréhension. Tes sentiments sont entièrement valides et je sais que ça peut être un moment très anxiogène.”. Or, la décision de faire un coming-out n’appartient qu’à toi. Tu peux décider de tous les paramètres entourant le dévoilement de ton genre. À qui souhaites-tu en parler en premier? Comment souhaites-tu l’aborder? Aimerais-tu être accompagné.e? Écrire une lettre? Dans cette lettre, il serait possible de ”leur expliquer que ce que tu vis n’est pas un choix; on ne choisit pas son identité de genre. Ce qu’on choisit, par contre, c’est de révéler notre identité dans le but d’afin se libérer du poids qui pèse sur nos épaules, pour afin se sentir mieux dans sa peau.”
 
Toutefois, il n’y a pas de presse. Tu as la possibilité de respecter ton rythme dans tout ce processus, respecter ton rythme dans l’exploration de ton genre, afin de démêler tes différentes réflexions, d’en parler avec des personnes de confiance pour partager tes réflexions, de contacter des associations de soutien aux jeunes LGBTQ+ dans ta région afin de rencontrer d’autres jeunes vivant ou ayant vécu des situations similaires à la tienne, etc. Lorsque tu te sentiras prêt.e, alors là, il sera possible d’en parler à tes parents, seulement si tu le souhaites.
 
Si tu désires prendre contact avec des associations trans en France, il est possible de vérifier la liste des associations membre de La fédération trans et intersexe de France ou via l’Association Nationale Transgenre (ANT) (lorsque tu te rends sous l’onglet « Nous contacter », iels proposent des partenaires dans différentes régions de la France). Il est aussi possible de contacter l’association C’est Comme Ça, spécialement conçue pour les jeunes LGBTQ.
N’hésite pas à nous contacter à nouveau si tu en ressens le besoin, pour nous donner des nouvelles ou pour nous donner un commentaire sur cette réponse! Et bonne route 🙂
 
Guillaume, pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.