Est-ce qu’une vaginoplastie me permettra de ressentir du plaisir ?


bonjours je doit me faire opéré est subir une vaginoplastie dans le courant de l’année en Belgique je vous demande si après cette opération on a du plaisir la je n’ais pas beaucoup d’information mon chirurgien qui va me prendre en charge il ma dit que je aurait du plaisir je précise que je suis handicapée des jambes je ne peux pas marcher merci de votre réponse.
Jeanne-Oriane

Bonjour Jeanne-Oriane!
Je tiens à vous remercier chaleureusement pour la confiance que vous portez envers AlterHéros! Même de l’autre côté de l’Océan, il fait plaisir à l’équipe d’AlterHéros de pouvoir vous soutenir dans vos questionnements.
Si je comprends bien votre situation, vous êtes présentement en attente de recevoir une vaginoplastie en Belgique. Vous vous questionnez à savoir si cette opération vous permettra de ressentir du plaisir tout en précisant que vous vivez avec un handicap qui limite l’usage de vos jambes.
Tout d’abord, j’ai consulté Alex Simon afin de composer cet article. Alex Simon rédige à son compte des articles abordant les réalités LGBTQ+ et possède une expertise en ce qui concerne les différents sujets liés aux chirurgies d’affirmation de genre. Alex Simon m’a d’abord référé à cet article du blog de la clinique GRS concernant la vaginoplastie, la seule clinique québécoise offrant des soins chirurgicaux aux personnes trans :

La vaginoplastie est une procédure chirurgicale effectuée sous anesthésie régionale ou générale. Le ou la chirurgien.ne retirera dans un premier temps le scrotum ainsi que les testicules.
Pour constituer l’ouverture de l’urètre, les lèvres, et le clitoris, le chirurgien (ou la chirurgienne) utilisera le gland, l’urètre et de la peau provenant du scrotum. Les racines capillaires seront cautérisées pour prévenir la croissance de poils dans la cavité vaginale.
C’est le gland qui sera utilisé pour créer le clitoris. Le gland, comme le clitoris, est sensible. Ceci permet généralement de maintenir des sensations sexuelles après la chirurgie.
Une cavité vaginale sera créée. La prostate ne sera pas retirée car son ablation pourrait causer une incontinence urinaire définitive. De plus, la prostate demeure un organe sensible et une zone érogène lors de relations sexuelles impliquant la pénétration. La peau du pénis sera inversée pour créer la paroi interne du vagin. Le chirurgien (ou la chirurgienne) utilisera aussi de la peau provenant du scrotum pour compléter la paroi vaginale.
Si le chirurgien (ou la chirurgienne) a besoin de davantage de peau pour constituer les nouveaux organes féminins, il pourrait prélever de la peau sur une autre partie du corps comme la cuisse. Même si cette procédure est rare, vous serez informée par votre chirurgien si elle est nécessaire avant l’intervention.
Un moule sera placé temporairement dans la cavité vaginale afin d’éviter que cette dernière se referme et sera retiré entre les 5ième et 7ième jours après la chirurgie. Ensuite débuteront les dilatations vaginales qui permettront de maintenir la cavité ouverte. Notez que ces dilatations devront être maintenues à vie.

 
En résumé, l’utilisation du gland du pénis comme clitoris et la préservation de la prostate peuvent contribuer à maintenir un plaisir sexuel. Mais ce n’est pas tout! Plusieurs personnes témoignent d’une grande amélioration de leur plaisir sexuel à la suite d’une chirurgie de par le confort que ces personnes ressentent par rapport à leur propre corps. À ce sujet, je me permets de citer cet article de ma collègue Marie-Pier au sujet de la vaginoplastie :

En ce qui concerne les nouvelles dimensions de la sexualité amenées par la vaginoplastie, il est certain que cela peut provoquer un certain stress. En effet, l’anatomie de tes organes génitaux ainsi que ta réponse physiologique à l’excitation sexuelle seront différentes. (…) Certaines personnes optant pour des chirurgies au niveau des organes génitales témoignent de l’aspect magnifique d’avoir l’opportunité de découvrir des nouvelles zones de plaisir. D’autres témoignent également que leur rapport à la sexualité a complètement changé au cours de leur transition, car elles éprouvent aujourd’hui un confort avec leur propre corps : augmentant leur propre désir de se caresser, par exemple. Toutefois, (re)découvrir sa sexualité et sa corporalité peut être un long processus. Même si nous pouvons être satisfait.e.s d’une chirurgie, il s’agit toutefois d’un nouveau apprentissage : un vagin ne vient pas avec un code d’instructions ! Chaque personne explore à sa manière et à son rythme ses nouvelles organes génitales. Cela peut nécessiter parfois un certain apprivoisement. Certaines personnes ayant vécu une chirurgie au niveau des organes génitales vont préférer en parler à leurs partenaires dans les premiers temps suivant la chirurgie, afin d’établir un climat sécuritaire permettant au ou à la partenaire de guider la personne dans la découverte de cette nouvelle sexualité.

 
En ce qui concerne ton handicap, celui-ci ne vous rend pas moins attirante ou désirable pour autant! Les relations sexuelles, avec un/une/des partenaire(s) ou en solo peuvent demeurées libératrices et agréables pour plusieurs personnes. Selon votre handicap, l’exploration de ta sexualité peut demander certaines innovations, patience ou planification. Il existe toutefois plusieurs façons d’exprimer votre sexualité, dont certaines pourraient potentiellement fonctionner pour toi. La liste qui suit est citée via le Projet ACSEXE+ : Sexualités, accessibilité et handicaps au Québec :

-les activités sans pénétration (baisers, toucher, masturbation mutuelle)
-la relation sexuelle orale
-la pénétration (anale, vaginale ou avec un pénis ou un jouet sexuel)
-la masturbation
-les fantasmes (i.e. penser au sexe). Le plus important organe sexuel de l’être humain est le cerveau. L’expérience du plaisir a beaucoup plus à voir avec tes sentiments par rapport à une situation, une personne ou un fantasme, qu’avec la capacité de ton corps de faire certaines choses.

Se renseigner au sujet de son propre corps, de ses propres sentiments sexuels et des différents obstacles possibles à l’humeur sexuelle (comme la douleur, la fatigue ou les médicaments) et d’approfondir nos connaissances sur les zones érogènes de notre corps sont des moyens intéressants pour s’épanouir au niveau de notre vie sexuelle.

Vous nommez le fait que votre handicap rend impossible l’usage de vos jambes. Alex Simon, précédemment nommé.e, tient à vous questionner à savoir s’il s’agit d’une paralysie d’origine dorsale? Si oui, il s’agit d’une situation de cas par cas afin de déterminer quelles sections du dos sont affectées. Il faudrait voir avec un.e spécialiste sur les effets de ton handicap sur la sensibilité de tes zones érogènes. Je vous invite à lire cet article de ma collègue Marie-Édith : Je n’ai plus de sensations dans mes parties sexuelles à la suite d’un accident… Que faire ? Même si la situation décrite est complètement différente, Marie-Édith propose plusieurs astuces pour (re)découvrir sa sexualité lorsque certaines sensations sont affectées par un handicap.
J’espère que ceci a pu répondre à tes différents questionnements. Je vous souhaite un magnifique processus dans cette grande étape qui arrive à grands pas! N’hésitez pas à nous écrire de nouveau si vous en ressentez le besoin.
Solidairement,
Guillaume, pour AlterHéros.
Avec le soutien d’Alex Simon, rédacteur-trice à son compte sur les enjeux LGBTQ+.


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.

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