Comment rencontrer d’autres jeunes LGBTQ au Québec?


Bonjour, je suis lesbienne et sa fait déjà 3 ans que je le sais (mais je n’es pas fait mon coming out encore). Je n’ai jamais été en couple avec une fille et sa commence vraiment à me stressé car je ne connais aucune fille lesbienne ou bisexuelle a l’école alors j’ai peur de ne pas rencontrer personne jusqu’à la fin de mon secondaire et d’être encore vierge mais j’aimerais beaucoup vivre une relation avec une fille. A t’il des moyens de rencontrer d’autres jeunes lgbtq ?

Nao

Bonjour Nao!

Merci énormément pour la confiance que tu portes envers AlterHéros. Je vais tenter du mieux que je peux de te guider dans tes divers questionnements. Sache que je me retrouve beaucoup en tes mots, j’aborderai brièvement mon histoire de vie dans cette présente réponse! Néanmoins, je tiens à nommer qu’il est tout à fait compréhensible de vouloir rencontrer une première amoureuse lorsque nous sommes à l’école secondaire. La découverte des sentiments amoureux se fait à des rythmes différents pour chaque personne et, pour plusieurs d’entre nous, cela vient avec un lot de stress et… de joie! Alors voyons voir. 🙂

 

Si je comprends bien ta situation, tu es une jeune fille lesbienne habitant dans la région des Laurentides, au Québec, et au aimerais rencontrer d’autres filles lesbiennes ou bisexuelles dans une optique de pouvoir développer une intimité amoureuse ou physique. Tu commences à être un peu stressée par le fait que tu ne connais aucune autre filles intéressées par les filles à ton école et tu as peur de ne rencontrer personne pendant tes années à l’école secondaire ou même d’être encore vierge en terminant le secondaire. Tu aimerais donc savoir comment rencontrer d’autres jeunes LGBTQ+.

 

Pour commencer, tu nommes le fait que tu n’as pas fait de coming-out. Sache que tu as entièrement raison de prendre le temps que tu considères nécessaire avant de prendre une quelconque décision ou action concernant ton coming-out. Le coming-out est quelque chose de très personnel et intime et, par définition, tu es la seule personne qui peut en déterminer les modalités! En d’autres mots, tu peux choisir le moment dont tu souhaites en parler, avec qui tu souhaites en parler, la façon dont tu souhaites en parler. L’important, c’est d’écouter son rythme, ses limites et ses besoins. 🙂 Si jamais tu as des questions concernant le coming-out, n’hésite pas à venir nous en parler en nous écrivant de nouveau ou en consultant diverses réponses de mes collègues à ce sujet. Oki? 🙂

 

Par la suite, je peux comprendre que tu te mettes une certaine pression à avoir une relation sexuelle avant la fin de ton secondaire. Néanmoins, il n’existe pas de meilleur âge qu’un autre pour avoir sa première expérience! D’ailleurs, selon l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire réalisée par l’Institut de la statistique du Québec en 2010-2011, près de la moitié des jeunes filles affirme avoir eu leur premier rapport sexuel oral, anal ou vaginal avant l’âge de 17 ans. Cela signifie donc qu’environ la moitié des jeunes filles auront leur première expérience sexuelle après l’école secondaire. Peu importe l’âge de ton premier rapport sexuel, l’important est que tu puisses écouter ton rythme et tes limites dans ce cheminement, tout en misant sur l’écoute de ton propre consentement ainsi que celui de ta  ou tes future(s) partenaire(s). À ce sujet, je te laisse cette réponse de ma collègue Marion qui pourrait potentiellement t’intéresser : Mon partenaire et moi sommes vierges. Comment doit-on s’y prendre pour notre première fois pour éviter qu’on se fasse mal?

 

Maintenant, rentrons dans le creux du sujet! Comment rencontrer d’autres jeunes LGBTQ+? Un grand enjeu de l’heure est la situation sanitaire liée à la COVID-19. Avec cette pandémie mondiale toujours active, plusieurs endroits où il était traditionnellement possible de rencontrer d’autres jeunes LGBTQ+ ont suspendu leurs activités. C’est le cas du Néo, un organisme de soutien pour les jeunes LGBTQ+ et situé à Terrebonne, pas trop loin de chez toi. Le Néo organise en temps réguliers des soirées pour les jeunes LGBTQ+ de 12 à 17 ans, mais ces soirées sont suspendues tant et aussi longtemps que la crise sanitaire perdurera. Je t’invite néanmoins à demeurer alerte de leurs futures activités via les médias sociaux!

 

Puis, pour citer cette réponse de ma collègue Marianne, « Dans l’éventualité où tu désires rencontrer virtuellement d’autres jeunes LGBTQ+ ou en questionnement, il existe présentement certains groupes de discussion virtuels pour les jeunes chapeautés par divers organismes communautaires LGBTQ+ du Québec. Bien sûr, ces jeunes n’habitent pas nécessairement [dans les Laurentides], mais cela peut toujours faire du bien de rencontrer d’autres jeunes qui ont un vécu similaire aux nôtres. 🙂 Voilà pourquoi Projet 10 (Montréal) organise des groupes virtuels de discussion pour les jeunes LGBTQ+ (14 à 25 ans) chaque jeudi dès 14h. Tu dois les contacter pour avoir le code d’accès pour te connecter via la plateforme zoom : questions@p10.qc.ca » Project 10 organise aussi un super camp d’été virtuel pour les jeunes LGBTQ2S+!!! Si tu veux t’inscrire ou consulter les activités proposées, voici le formulaire d’inscription. C’est gratuit!

 

Pour reprendre les mots de ma collègue Marie-Édith : « Selon moi, la meilleure façon de trouver quelqu’un, c’est de s’impliquer dans des activités qu’on aime. […] C’est difficile quand on est timide et qu’on a peu confiance en soi, je sais… mais ça reste plus facile d’échanger avec quelqu’un sans avoir l’air louche, parce que l’activité qu’on fait ensemble devient un sujet de discussion central. » Puis, comme disait ma collègue Marianne : «Selon tes intérêts, tu pourrais rejoindre une équipe de sport ou d’improvisation; suivre des cours d’art; faire partie d’un club de lecture, de débat, de théâtre, de plein air, de jeux de société, d’escalade, de jardinage, de tricot…; faire du bénévolat pour une cause qui te tient à cœur, aller faire un tour dans la maison des jeunes de ton quartier/municipalité, rejoindre l’AGIS (Alliance genres, identités et sexualités) de ton école (s’il n’y a pas d’AGIS près de chez toi et que tu désires en mettre une sur pied, voici une page remplie d’informations utiles), etc. Par ailleurs, même si tu ne rencontres pas tout de suite quelqu’un avec qui ça clique, au moins, en prenant part à des activités que tu aimes, tu passes du bon temps.» 🙂 D’autres possibilités seraient de faire des recherches d’activités auxquelles participer où il y a davantage de possibilités de rencontres des filles lesbiennes ou bisexuelles, par exemple en participant aux activités du Rock Camp for Girls, un camp d’exploration musicale pour les filles et les personnes de genre non conforme, les différentes activités de Jeunes Queer Youth, Projet 10, Jeunesse Lambda en les suivant sur les médias sociaux ou bien rester alerte sur les prochains matchs des différentes ligues de Roller Derby du Québec. Mais bien évidemment, il est possible pour toi de rencontrer d’autres filles bisexuelles ou lesbiennes dans plein de différents milieux ou dans plein de différentes activités. L’important est que tu puisses faire des activités qui te plaisent. 🙂

 

Tu affirmes ne pas connaître d’autres filles bisexuelles ou lesbiennes à ton école. Je me souviens, quand j’étais à l’école secondaire, cela me procurait également un grand stress de ne pas connaître d’autres garçons homosexuels comme moi parmi les 1250 élèves de l’école! Néanmoins, vers mon 4e secondaire, j’ai commencé tranquillement à faire mon coming-out à mes ami.e.s proches. Tranquillement, j’ai pris confiance à moi et cette information intime sur moi a commencé à être connue de plus en plus de monde (avec mon accord, bien évidemment!). Cela m’a permis des rencontres improbables, ou certains garçons prenaient contact avec moi pour discuter de leurs propres questionnements concernant leur orientation sexuelle. D’une certain façon, en faisant mon coming-out, j’ai encouragé sans le savoir plusieurs autres garçons qui étaient aussi dans le placard à venir me parler. Le tout s’est fait de façon super graduelle et naturelle. Pour faire suite à ces informations, tu peux lire cette réponse de ma collègue Marianne : Comment faire pour savoir si une fille est lesbienne ou pas?

 

Cette période liée à la COVID-19 rend malheureusement plus complexe de rencontrer de nouvelles personnes, mais ce n’est toutefois pas impossible! J’espère que les différents éléments de réponses de ce présent texte pourront te soutenir dans tes réflexions et possiblement t’inspirer certaines actions pour l’avenir. N’oublie pas de t’écouter dans tout ce cheminement! Et bien évidemment, nous demeurons disponibles pour te répondre à nouveau si tu en ressens le besoin ou simplement pour nous donner de tes nouvelles. 🙂

 

Je te souhaite une belle fin de journée! 🙂

 

Guillaume, pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.

Leave a comment