Comment ça marche, une rencontre avec un intervenant à la clinique?


 
Bonjour, c’est vraiment gentil que vous m’ayé réécrit vite merci beaucoup. je sais que mes amis m’aiment mais je me sens qd même vrm cheap. J’ai vraiment vraiment pas été correcte du tout avec eux. Avec plein de personnes en fait je dois un million d’excuse à presque tout le monde et pas juste mes amis. Par rapport à consulter – j’y pense mais on dirait que je me sens encore bloqué de panique. En plus, je ne sais pas ce que j’irais dire ou demander ou parler de quoi. Ca serait wierd de juste aller perdre le temps de quelqu’un en faisant le silence pendant 30 min… Comment ca marche une rencontre avec l’intervenant de la clinique?
Merci sincèrement
Rebonjour,
merci de nous écrire à nouveau et merci pour tes bons mots, encore une fois !
Tu sais, c’est normal d’être stressé en pensant à l’inconnu. Dans ton cas, ça semble très stressant d’aller consulter. Tu dis que tu ne sais pas quoi dire, quoi demander, de quoi parler, et que tu as l’impression que tu ferais perdre le temps de la personne devant toi. Je te rassure: lorsqu’une personne va consulter, ce n’est jamais une perte de temps pour le / la professionnel.le qui la reçoit. Tu ne serais pas la première personne à garder le silence en consultation, si ça arrivait. Et comme je te le disais dans un précédent message, ces personnes sont payées pour ce qu’elles font, en plus : c’est leur boulot ! Même si elles passent du temps en silence, qu’elles donnent des informations sur un sujet en particulier pendant une heure ou qu’elles fassent de l’entrée de données sur un ordinateur, elles continuent d’avoir un salaire, si ça peut te rassurer.
Pour répondre à ta question concernant le fonctionnement d’une consultation, disons qu’il y a plusieurs réponses possibles selon où tu vas consulter, mais si tu choisis d’aller en CLSC, tu vas probablement rencontrer un.e travailleur.se social.e qui travaille à l’accueil psychosocial. Cette rencontre, comme toutes les autres en CLSC ou dans tout autre établissement de santé, est confidentielle si tu as 14 ans ou plus: c’est la loi !
Durant la première rencontre, cette personne va te poser des questions bien précises (auxquelles tu auras les réponses, je te l’assure, puisqu’elles concerneront ton vécu!) afin de pouvoir bien cerner tes besoins. Le genre de questions que la personne peut te poser sont les suivantes: les raisons qui t’amènent à consulter (dans ton cas, tu pourrais résumer par un questionnement sur ton orientation sexuelle qui te fait te sentir très mal), ta santé physique, tes loisirs, tes habitudes de vie, ton réseau de soutien (ami.e.s, famille), ta consommation (alcool, drogues), etc. Par la suite, la personne va te proposer un type de suivi (ça peut être 4 rencontres, 12 rencontres ou autres) avec un type d’intervenant.e en particulier – probablement un.e travailleur.se social.e aussi, ou peut-être un.e sexologue. Toutes ces rencontres seront confidentielles et gratuites. Vous pourrez voir ensemble à quelle fréquence les rencontres auront lieu.
Ça peut être intimidant, c’est sûr ! Mais ça fait tellement de bien quand on est avec quelqu’un qui peut comprendre ce qu’on vit, qui a une formation pour nous aider et qui n’a pas de lien amical / familial avec nous – on se sent moins coupable de “prendre de leur temps” et on est plus à l’aise de donner tous les détails nécessaires pour avancer. Si tu choisis d’aller de l’avant et d’aller consulter, je te souhaite de trouver un.e professionnel.le de la santé vraiment fantastique avec qui tu te sentiras bien.
Concernant les gens à qui tu dois des excuses, ça semble être une montagne énorme pour toi. Ce sera peut-être un processus long, mais les personnes à qui tu prendras le temps de parler ou d’écrire à ce sujet seront probablement très reconnaissantes. Je te souhaite qu’elles soient aussi compréhensives. Tu peux leur écrire un message, les rencontrer en personne de façon individuelle, leur envoyer une lettre (old school!) et leur dire que tu ne te sentais vraiment pas bien à ce moment là, que tu as fait et dit des choses que tu regrettes maintenant et que tu travailles fort pour aller mieux. Bien sûr, ça peut attendre un peu, le temps que tes idées soient plus claires. C’est aussi un processus que tu peux entreprendre avec un.e professionnel.le de la santé.
J’espère que le tout t’est aidant. N’hésite pas à nous réécrire au besoin, d’accord?
J’en profite aussi pour te dire qu’AlterHéros ira faire un tour à Fière la Fête, à Sherbrooke, les 23 et 24 août prochains. Si ça te tente de participer aux activités avec tes amis, vous êtes bienvenus. On peut même marcher ensemble samedi après-midi, si ça vous tente – il y a des gens de toutes les orientations sexuelles dans la Marche, en passant, personne ne doit porter une étiquette et personne ne vous questionnera sur votre identité ! Tu peux même te déguiser si tu ne souhaites pas être reconnu. 🙂
Prend soin de toi,
Marie-Édith, B.A. sexologie, pour AlterHéros

About Marie-Édith Vigneau

Marie-Édith est une femme lesbienne acadienne étudiante à la maîtrise en travail social. Elle est grande fan de la mer, de féminisme, de santé sexuelle, de justice sociale, de musique, d'espresso, de bières de microbrasseries, de bas de laine et de grilled-cheese.

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