Ça m’arrange plus qu’autre chose d’être trans… est-ce normal ?


Bonjour.
Je ne sais pas vraiment par ou commencer (et encore désolé si je fais des fautes)
Voilà, depuis un mois maintenant, Je me questionne sur le fait que je puisse être transgenre 
j’insiste bien sur le « amicales » parce qu je ne suis jamais sorti avec aucun garçon, j’ai uniquement des amis et ça me va très bien. Ensuite je me suis toujours considéré comme gars, même si c’était plutôt inconscient. Je mentais un peu que ce soit sur internet ou dans la vrai vie, sur mon genre. Vers mes 10 ans, à l’entrée du collège, je me suis dit que c’étais mal de mentir, et que l’identité du genre n’existais pas vraiment, c’étais seulement dans nos têtes. Alors j’étais une fille, pas « girly » mais pas du genre à jouer au foot non plus.
Et il y a quelques mois, un ami nous à annoncé qu’il était trans. Je ne me suis pas posé de questions parce que je comprenait pas vraiment ce que ça voulait dire. Je me suis alors renseigné, j’ai cherché sur internet, et je me suis rendu compte que transgenre étais un terme plutôt correct pour me définir, si l’identité du genre existe vraiment. 
J’ai du mal avec le fait d’être considéré comme un fille, avec mon corps, et tous ça. 
Mais ce qui est étrange, c’est que je traite ça avec un calme extrême. Quand je lis les témoignages de gens qui se rendent compte qu’ils sont trans, ils disent qu’ils pleurent à en crever dans leurs lits, qu’ils font des tentatives de suicides, etc. Moi non, ça m’arrange plus qu’autre chose en fait. Donc je voudrais savoir si ceci est plutôt un fantasme qu’une chose réel. 
merci
Poisson/Diey/Appelez moi comme vous voulez :b
 
Poisson/Diey
 
Bonjour!
C’est chouette que tu nous écrives, c’est toujours bien d’en parler quand on a de tels questionnements.
 
Tout d’abord, je commencerai par te dire que, oui, en effet, le genre existe! Il s’agit d’un continuum allant d’homme à femme et consiste en un ressenti. Ce n’est pas le corps d’une personne qui détermine son genre, c’est comment elle se perçoit et se comprend. Ainsi, indépendamment de nos attributs physiques, on peut se sentir homme, femme ou se situer ailleurs sur le spectre du genre, voire même à l’extérieur de celui-ci. Le genre, c’est dans notre tête, mais ça a des impacts réels sur nos vies. Pour plusieurs personnes, c’est un concept difficile à comprendre parce que leur genre semble aller de soi. Leur ressenti d’être homme ou femme correspond avec le sexe qu’on leur a assigné à la naissance, quand le ou la médecin a regardé les organes génitaux du bébé. C’est ce qu’on appelle être cisgenre. En opposition, quelqu’un dont le genre est différent de ce qu’on lui a assigné à la naissance est donc une personne trans.
Puisque tu parles également d’apparence et de préférences, je tiens à dire que l’expression de genre d’une personne, soit la manière dont elle “montre son genre” par ses vêtements, sa coupe de cheveux ou ses activités par exemple, ne concorde pas toujours avec ce à quoi la société s’attend. Par exemple, alors qu’on pourrait s’attendre d’une fille qu’elle ait les cheveux longs, porte des robes et aime faire de la danse, il est tout à fait possible qu’elle aime avoir les cheveux courts, déteste les robes et préfère jouer au baseball, sans pour autant se considérer comme un garçon. Il n’est pas nécessaire d’adhérer aux stéréotypes de genre (les idées qu’on se fait du garçon ou de la fille typique) pour ressentir un genre ou un autre.
Mais pour en venir au point central de ton message, ce qui semble te tracasser, c’est que tu ne ressens pas vraiment de détresse quant à la possibilité d’être trans. Il est vrai que pour plusieurs personnes trans, la découverte de leur genre, les questionnements et le coming out peuvent être difficiles à gérer et leur causer beaucoup de stress. Pourtant, il y a aussi des personnes pour qui ce processus peut très bien se passer et être plutôt perçu comme une délivrance, ce qui peut possiblement être ton cas. Il y a autant d’histoires qu’il y a de personnes et quelles que soient les émotions que tu vis, celles-ci sont légitimes. Par ailleurs, il n’y a rien de mal à explorer son genre et à essayer des choses, par exemple à demander à tes ami.e.s proches de t’appeler par un nouveau prénom si le tien ne te plaît pas. Et puis, si tu découvres que ce n’est pas tout à fait toi, tu peux changer d’idée! Il n’y a que toi pour dire qui tu es vraiment.

Puisque tu as un ami qui a fait son coming out, peut-être que tu pourrais en parler avec lui? Ça fait toujours du bien de partager ses doutes et ses questions avec quelqu’un qui nous comprend. Quoiqu’il en soit, je trouve ça très bien que tu aies cherché à mieux comprendre tout ça et je crois que tu es sur la bonne voie pour comprendre qui tu es! J’espère avoir pu t’éclairer un peu le chemin.
Bonne chance pour la suite!

Marion, Diplômée du baccalauréat en sexologie, intervenante pour AlterHéros

About Marion Brodeur-Laperrière

Diplômée du baccalauréat en sexologie de l'UQÀM, Marion s'intéresse particulièrement aux enjeux LGBTQ+ et souhaite apporter son aide à cette communauté qu'est la sienne. Musicienne chevronnée et poète à ses heures, elle est un peu trop accro à Harry Potter.


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