Questions sur mon identité, manque de confiance en moi et rejet de la féminité : y a-t-il un lien ?


Je suis quelqu’un de réservé, aucune confiance en moi. Quand on me regarde, parle de moi ou qu’on prononce mon nom me mets mal à l’aise.
ça commencé vers mes 12 ans, depuis c’est de pire en pire (j’ai été rejeter sans raisons).
Je suis incapable de parlé à des gens, j’ai toujours été seule, incapable de faire des choses seul.
Aujourd’hui je suis perdu, il y a pas longtemps, j’ai vu par hasard un forum pour transgenre, j’ai lu plusieurs témoignages, j’avais l’impression de me reconnaître dans certains mais pas dans tous, depuis je me pose la question non stop sur mon genre.
Je n’ai pas de problème avec mon corps sauf ma poitrine, que j’ai toujours voulu caché. Je ne suis pas à l’aise en tant que fille mais pas non plus en garçon.
J’envie les garçons, ça aurais été mieux pour moi de naître garçon, je préférais avoir un torse, être un garçon dans le couple, socialement et physiquement.
J’ai peur de mélanger ça avec mon caractère ou d’un rejet de la féminité.
Qu’en pensez vous ?
Nanou
Bonjour Nanou,
Je te remercie d’écrire à AlterHéros!
Tu te décris comme une personne très réservée et tu as un grand malaise lorsque tu dois parler avec des personnes ou lorsque tu es le centre d’attention. Tu as vécu du rejet et tu nommes que tu manques de confiance en toi. Dernièrement, tu as lu des témoignages de personnes trans et cela t’a apporté énormément de questionnements et de doutes.
Laisse-moi te dire que je trouve que tu as beaucoup de courage de nous partager tes émotions. Chapeau! Je te propose d’explorer avec moi différentes pistes de réflexion pour démêler  les différents aspects de ta question.
D’abord, tu expliques que cela « aurait été mieux » pour toi de naître garçon. Par exemple, tu aimerais avoir un torse plat. Tu dis aussi que tu aimerais être un garçon « dans le couple, socialement et physiquement ». J’aimerais te proposer un exercice de réflexion. Imaginons un instant que je t’offre une baguette magique qui te permettrait d’avoir une identité de genre (qui je suis) et une expression de genre (comment je l’exprime) avec lesquelles tu te sens bien. Imaginons aussi que tout le monde autour de toi t’aurait toujours connu.e ainsi et trouverait la situation parfaitement normale. Que choisirais-tu ? Souhaiterais-tu conserver certains éléments ? Quel serait ton prénom ? Quels pronoms utiliserait-on pour parler de toi ? Quels vêtements aimerais-tu porter ?  Comment serait ta personnalité ? Chaque personne est unique et il y a une infinité de façons d’être un garçon ou d’être une fille.
Puis, tu ajoutes que tu n’es « pas à l’aise en tant que fille mais pas non plus en garçon ». Tu sais, c’est aussi le cas de beaucoup d’autres personnes. Plusieurs choisissent de  définir leur genre comme neutre, non binaire, etc. Je t’invite à consulter ce lexique pour en apprendre plus!
Ensuite, tu te demandes si tes questionnements sont en lien avec ta personnalité ou avec un rejet de la féminité. Regardons ces deux éléments de plus près!
D’une part, je ne vois pas de lien direct entre le fait de se questionner sur son identité de genre et le fait d’avoir une personnalité plus anxieuse ou plus réservée. Par contre, c’est tout à fait possible que ces questionnements t’amènent du stress. Quand on se questionne sur soi-même, on peut avoir l’impression d’être perdu.e et de chercher son chemin dans un labyrinthe! C’est pour cela qu’il est important de se rappeler de prendre soin de soi en même temps. Comment aimes-tu te détendre ? Qu’est-ce qui te fait du bien (lire, bouger, prendre un bain, méditer, écrire un journal, etc.) ?
Si toutefois tu te sens mal dans ta peau ou que ton malaise prend beaucoup de place dans ta vie, je t’invite à consulter un.e professionnel.le en psychologie, en sexologie ou en travail social. Parfois, lorsqu’il est trop difficile de se confier à voix haute, cela peut être aidant de rédiger un message sur papier ou par courriel pour expliquer nos besoins et ce qui est plus facile ou plus difficile pour nous.
D’une autre part, se questionner sur son identité de genre ou sur son expression de genre n’implique pas nécessairement un rejet de la féminité. On peut ne pas aimer certaines choses tout en respectant le droit des autres de les apprécier. Est-ce que c’est possible que ce soit ton cas ? En même temps, c’est vrai que la société envoie souvent des messages sexistes : on nous dit que les femmes sont superficielles et que les hommes sont réalistes. On dénigre ce qui est traditionnellement associé aux femmes dans notre culture et dans notre époque : la douceur, la patience, les robes fleuries, le maquillage, etc. C’est une des raisons pour lesquelles les hommes qui affichent des intérêts qu’on considère comme « féminins » sont malheureusement la cible de discrimination. Bref, tu as entièrement le droit à tes goûts personnels peu importe lesquels !
Enfin, je te suggère fortement de lire cette réponse rédigée par ma collègue Jessica qui aborde les aussi les ressources disponibles en France.
Je te souhaite de tout cœur de trouver, à ton rythme, des réponses qui pourront apaiser tes doutes.
N’hésite pas à nous réécrire si tu as d’autres questions !
Carine St-Jacques-Karozis, technicienne en travail social pour AlterHéros


About Carine St-Jacques-Karozis

Carine est technicienne en travail social et intervenante bénévole pour AlterHéros. Elle s’intéresse tout particulièrement aux domaines de la diversité sexuelle, de la violence sexuelle et de la neurodiversité.

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