Quand je dors, je verse dans mon pantalon, et parfois quand je pisse aussi…


Bonsoir Madame cv comment allez vous je m’appelle Ahmed baba Camara je suis un footballeur au Mali j’ai un problème avec mon pénis quand je dors pendant la nuit je verse dans mon pantalon et parfois quand je vais au toilette quand je pise je verse aussi quel est le nom de ce médicament dans la pharmacie on m’a dit que c’est la Dapoxétine est-ce que c’est sa

Ahmed

Salut Ahmed!

Ça va très bien merci! et toi, comment vas-tu? Moi c’est Guillaume et je travaille pour AlterHéros! Merci de prendre le temps de nous écrire aujourd’hui! Si je comprends bien, il t’arrive de verser lorsque tu dors et parfois lorsque tu vas à la toilette. Tu te demandes si le médicament dapoxétine peut être approprié pour toi.

D’abord, que veux-tu dire par le verbe verser ? Est-ce que cela signifie que tu éjacules du sperme pendant ton sommeil et parfois lorsque tu vas à la toilette? Ou est-ce que tu fais ici référence à un écoulement blanchâtre qui s’écoule de ton pénis? Comme tu vois, je vois deux différentes façons d’interpréter ta question!

En premier lieu, s’il s’agit de sperme, il est fortement possible que le liquide que ton pénis verse pendant que tu dors soit simplement une éjaculation nocturne. C’est un réflexe complètement naturel du corps humain, qui est involontaire et incontrôlé. On appelle parfois l’éjaculation nocturne une émission ou pollution nocturne, ou encore rêve mouillé. À la différence de l’éjaculation régulière, ce phénomène survient sans que le pénis ne soit stimulé directement. Il est complètement normal qu’à l’adolescence, en raison de la forte production de sperme et de spermatozoïdes, que des éjaculations nocturnes soient plus fréquentes. Ces éjaculations ont simplement comme but d’éliminer l’excédent de spermatozoïdes contenus dans les testicules. Si c’est quelque chose qui te gêne, tu peux essayer de te masturber avant le sommeil pour réduire la possibilité d’avoir une éjaculation nocturne. Néanmoins, s’il s’agit bel et bien de sperme dont tu fais référence dans ta question, une éjaculation nocturne est complètement normale et sans danger.

En deuxième lieu, il pourrait également s’agir d’écoulements dont la cause pourrait être une infection, dont certaines infections transmissibles sexuellement ou par le sang (ITSS) pourraient en être responsables. À ce sujet, comment décrirais-tu le liquide qui se verse de ton pénis? Est-il blanchâtre? Est-ce qu’il y a une odeur qui s’en échappe? Est-ce que ça brûle ou pince un peu lorsque tu urines? Est-ce que tu as déjà eu un rapport sexuel non-protégé? Par un rapport sexuel, j’entends tout contact entre ton pénis et une bouche, un anus ou un vagin où aucun préservatif n’a été utilisé?

Voici un extrait d’une réponse précédente qui décrit quelques-unes des principales possibilités (Il y a un écoulement de liquide blanc quand je finis d’uriner qui dure depuis des années…) :

«Il y a notamment deux ITSS qui pourraient bien correspondre à tes symptômes. Premièrement, il y a la gonorrhée. Les symptômes de la gonorrhée commencent à apparaître de 2 à 7 jours suite aux relations sexuelles non protégées. L’un des symptômes classiques de la gonorrhée si tu as un pénis est une « urétrite » : il s’agit de l’inflammation de l’urètre, qui peut s’accompagner d’un écoulement blanc au bout du pénis. L’urétrite peut également causer des douleurs ou malaise urinaire. Quand tu vas uriner, as-tu remarqué si tu avais des douleurs, brûlures ou un malaise dans ton pénis ? Aussi, les écoulements du pénis dus à la gonorrhée sont souvent un blanc-jaunâtre clair. Quelle couleur sont tes écoulements ?

Deuxièmement, ce pourrait être la chlamydia. La chlamydia est aussi traitable avec la prise de médicaments, comme la gonorrhée, et elle aussi s’attrape suite à des relations sexuelles non protégées. Les symptômes apparaissent de 7 à 14 jours après les relations sexuelles non protégées. La chlamydia cause elle aussi une « urétrite » si tu as un pénis, avec les mêmes symptômes d’écoulement et de douleur ou malaise urinaire. La différence, c’est que l’écoulement dû à la chlamydia est d’un blanc plus clair, plus laiteux, parfois même transparent.

Il existe également quelques ITSS moins connues et moins souvent diagnostiquées par les professionnel.le.s de la santé, mais avec des symptômes similaires. Par exemple, la mycoplasma genitalium ne fait généralement pas partie des tests traditionnellement faits par les médecins, ce qui signifie qu’il est possible d’avoir répondu négatif à la chlamydia et la gonorrhée, mais d’être tout de même positif à une ITSS! La meilleure solution est d’exposer ta situation en toute transparence à ton ou ta médecin.

Si tu n’as pas eu de relations sexuelles non protégées, ça peut être ce que l’on appelle du smegma. C’est un liquide blanc qui se forme sur le gland du pénis si la peau du gland et sous le prépuce n’est pas lavée assez souvent. C’est assez facile de se débarrasser du smegma : il s’agit simplement de se laver plus souvent le pénis.

Finalement, ton écoulement blanc pourrait peut-être aussi être causé par une infection urinaire. Dans tous les cas, seul.e un.e professionnel.le de la santé pourra te le confirmer. Si c’est une ITSS ou une infection urinaire, il est important de traiter cela avec les médicaments requis. Il faut bien suivre les instructions et suivre le traitement et les recommandations jusqu’à la fin. Si jamais tu reçois un diagnostic positif d’une ITSS, il est important d’avertir tes ancien.ne.s partenaires sexuels afin qu’ils ou elles puissent également recevoir un traitement et ainsi limiter la propagation de l’infection ! Se faire dépister régulièrement, se faire traiter et en informer ses partenaires sont de bons éléments pour promouvoir la santé sexuelle.»

 

En troisième lieu, tu nous demandes si la dapoxétine pourrait être utile dans ta situation. En fait, la dapoxétine est un médicament utilisé pour pallier à une éjaculation précoce chez certaines personnes ayant un pénis… et en fonction des informations que tu nous as transmises, il ne semble pas que tu expérimentes des effets négatifs liés à une éjaculation précoce. Puis, il ne s’agit pas d’un médicament à prendre sans l’avis d’un.e professionnel.le de la santé! De plus, la dapoxétine ne fait non plus l’humanité auprès de la communauté scientifique, où il n’est pas jugé suffisamment efficace.

À la lumière de ces informations, il m’est naturellement impossible, par simple courriel, de te confirmer la cause de tes écoulements ou versements au niveau du pénis. La meilleure façon d’avoir les bonnes informations est de consulter un.e professionnel.le de la santé à ce sujet. Cette personne pourra ainsi te donner des pistes de réponses fiables et te proposer des solutions adaptées à ta situation.

Je t’encourage à nous écrire de nouveau si tu en ressens le besoin! Je te souhaite bonne chance pour la suite des choses et n’oublie pas de prendre rendez-vous auprès d’un.e professionnel.le de la santé pour en avoir le coeur net concernant ces écoulements au niveau du pénis! 🙂

Chaleureusement,

Guillaume (il/he), pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.

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