Pouvez-vous m’expliquer le concept de fluidité sexuelle?


Bonjour/bonsoir,

Ayant déjà entendu parler de fluidité sexuelle, j’aimerais en savoir d’avantage sur cette notion.

Fait-elle comprendre qu’on peut passer de homo à hétéro, de hétéro. . . à asexuel.le ?

Est-ce ça ?

Ou est-ce plutôt une fluidité sexuelle légère qui opère chez certaines personnes avec le temps ?

Cela s’applique t-il qu’avec les bisexuel.les, ou avec les homosexuel.les aussi ? Mais dans ce cas, iels sont bi et non homo ? 

Moi je ne ressens plus grand chose en ce moment, dans le sens sexuel du terme (et romantique aussi d’ailleurs), alors que je suis jeune (j’ai 16 ans)… Vous pensez que ça pourrait être parce que personne ne m’attire en ce moment ? 

J’ai aussi un mal fou à identifier mon orientation sexuelle. J’ai l’impression de pouvoir tomber amoureuse d’un garcon mais il me semble bien que ce n’est jamais arrivée.

J’ai aussi l’impression de ne pas pouvoir être romantiquement attirée par les filles, alors qu’il me semble avoir déjà été amoureuse d’une d’elles (coups de chaud, la chercher du regard…) et j’ai envie que ça continue ! était ce de l’amour ? 

Je ne me sens pas très à l’aise avec le terme lesbienne. Je ne sais pas si c’est parce que je le trouve moche ou si c’est parce qu’il ne me correspond pas. Le truc, c’est que j’ai beau trouver et apercevoir des hommes beaux, parfois les regarder, me penser amoureuse d’eux quelque fois (avant mes questionnements), malgré tout ça, je n’ai jamais rien ressentis. À contrario, les coups de chaud m’envahissaient souvent quand il s’agissait de femmes qui me plaisent. Mais j’ai du mal à placer le mot “attirance” dessus..

Qu’en pensez-vous ? Est-ce possible de croire réellement qu’on est attirée par les hommes ? De les regarder surtout depuis mes questionnements en me disant, “mais c’est bizarre que j’ai pas vu ça avant, le corps d’un garçon n’est pas moche”, en ne m’attardant même plus sur le corps des femmes !?

Bonjour!

 

Merci de nous faire confiance! Ça me ferait plaisir de te donner plus d’information sur la fluidité sexuelle et de parler d’orientations sexuelles et d’attirances avec toi.

 

Alors, la fluidité sexuelle est un concept assez large qui permet de décrire différents phénomènes. Comme tu le mentionnes, les fluctuations peuvent être au niveau de l’identité, une personne peut à différents moments de sa vie et dans différents contextes se dire homosexuel·le, bisexuel·le, asexuel·le, etc. Ce n’est pas uniquement pour les termes que l’on utilise pour se décrire, ses attirances et ses comportements peuvent aussi varier, que nos étiquettes identitaires changent ou non. Une personne peut, en théorie, se dire bisexuelle en n’ayant été qu’avec des femmes, ou encore avoir des fantasmes sur des personnes de différents genres et se dire hétéro parce que c’est qui correspond davantage avec ses comportements et sa perception de soi.

 

C’est assez complexe, et je ne sais pas à quel point mes exemples sont clairs. Pour te répondre plus directement, la fluidité sexuelle peut faire autant référence à un changement important qu’à une évolution plus subtile, autant pour l’identité, que les attirances et les comportements. Ça ne touche pas uniquement les personnes bisexuelles, un individu peut être gay ou hétéro et avoir vécu des variations dans les différentes sphères de sa sexualité au cours de sa vie.

 

Beaucoup de gens disent que la fluidité sexuelle est plus présente à l’adolescence car les ados se cherchent et sont en pleine quête identitaire. Je pense que la vérité est probablement un peu plus complexe, et que les jeunes ont plus d’autonomie et une meilleure connaissance de soi que ce que beaucoup d’adultes croient. Toujours est-il que l’adolescence est une bonne période pour apprendre à se connaître et pour expérimenter dans ses relations et sa sexualité.

 

Maintenant, à propos de l’amour et des attirances. Il n’y a pas exactement une liste de symptômes et manifestations officielles. Ça peut très bien être un coup de chaleur et une envie de regarder l’autre personne et de passer du temps avec, c’est un peu différent pour chaque personne. Mais c’est généralement un peu plus intense que de trouver une personne jolie, on n’est pas nécessairement amoureux·euse, ni même attiré·e, par toutes les personnes que l’on trouve beaux et belles esthétiquement. C’est possible de vivre une attirance particulière, et légèrement différente, entre les garçons et les filles. Tu pourrais ressentir davantage la chaleur avec les filles, et avoir un intérêt particulier pour les corps des garçons.

 

À 16 ans, c’est tout à fait correct de ne pas ressentir grand-chose ou de ne trouver personne attirant·e pour le moment. C’est correct de penser que théoriquement tu pourrais tomber amoureuse de personnes d’un ou de plusieurs genres, sans pour autant l’avoir déjà expérimenté avec certitude. Tu peux te donner le temps de voir.

 

Tu as le droit de ne pas te reconnaître dans le terme lesbienne. Personnellement j’aime bien le terme, c’est peut-être parce que je connais, admire et apprécie beaucoup de lesbiennes. En n’en rencontrant et en t’habituant ton opinion pourrait aussi changer! Je crois qu’il y a encore beaucoup d’idées négatives qui circulent dans la société sur l’amour entre femmes et sur les identités lesbiennes. Ça peut prendre un moment pour s’en défaire. Dans tous les cas, il y a plusieurs façon de décrire son attirance pour les femmes : gaie, homosexuelle/homoromantqiue, queer et saphique par exemple. Cette réponse de ma collègue Marie-Édith est une bonne lecture sur les distinctions et les nuances entre ces différents termes.

 

J’espère que ça répond au moins un peu à l’ensemble de tes questions! Je pourrais écrire encore longtemps, tu peux toujours nous envoyer un autre message si tu aimerais approfondir certains points ou si tu as d’autres questions!

 

Solidairement,

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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