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12 avril 2024

Fierté Trans 2007 - Mais où était notre Fierté?

C’est le 28 avril que s’est déroulée la 4e édition de la journée de la Fierté Trans, présentée cette fois-ci sous le thème «Respectons nos différences». La journée se déroulait à l’UQAM, dans un petit local qui n’était de toute évidence pas prévu pour l’énorme assistance qui s’est présentée. La foule était très diversifiée, rassemblant des personnes trans, leurs parents et amis, et même des universitaires tout simplement intéressés à en apprendre sur le sujet.

Élyse Vander

La première conférence du matin, donnée par Mme Patricia Paquette, portait sur la différence entre orientation sexuelle et identité de genre. Évidemment, ces deux réalités sont totalement distinctes. Cette conférence voulait donc briser les tabous sur l’homosexualité chez les personnes trans. Le but principal de la conférencière était d’expliquer que l’orientation sexuelle n’est pas quelque chose de fixe, qu’elle peut fluctuer, et ce beaucoup plus facilement que l’identité de genre.

La seconde conférence était donnée par le Dr. Marc Lafrance, de l’institut Simone de Beauvoir de l’Université Concordia. Une heure vraiment intéressante, où les définitions universitaires des termes liés au parcours trans ont été expliquées.

Des témoignages encourageants

La première conférence de l’après-midi était donnée par Mme Gilberte Talbot, et se voulait sur le thème de l’acquisition de la féminité chez les femmes trans. Le gros de la conférence fut consacré aux témoignages de trois femmes trans, qui nous ont parlé de leur cheminement, de leurs appréhensions, de leur coming-out au travail et même, pour l’une d’entre elles, de sa relation avec ses deux jeunes enfants.

C’était très intéressant, et les personnes en début de transition y ont sûrement trouvé beaucoup d’encouragement. La période de questions fut assez houleuse, certaines personnes dans la salle profitant de celle-ci pour exprimer leur frustration par rapport aux coûts qu’engendrent la transition et le suivi psychologique. Finalement, le sujet de la féminité a été peu abordé, à ma grande déception.

Après une courte conférence sur le vieillissement chez les personnes trans donnée par Mme Vanessa Giovanetto, deux hommes forts de la communauté trans, Tynan Jarrett de Projet 10 et Sam Singer de ASTT(e)Q, sont venus nous offrir un bref résumé des procédures légales pour changer de nom et pour se faire rembourser les opérations par la RAMQ. S’il y a une chose que cet exposé a permis de comprendre, c’est que chaque personne a sa propre histoire par rapport à ces procédures, que le traitement des demandes n’est pas uniforme, et que le flou juridique qui existe présentement est une source de bien de la colère et de la peur chez les personnes trans.

Une fierté bien timide
La soirée s’est terminée au Café Cléopâtre, sur St-Laurent, où un spectacle de drag king a été présenté, mais surtout où des prix de reconnaissance ont été remis à trois personnes pour leur implication sociale : Samuel Singer, Dale Altrows et Danielle Chénier. C’est étrange, quand l’animatrice, Marie-Marcelle Godbout, a demandé à ceux qui étaient fiers d’être trans de se manifester, les applaudissements se sont fait très timides. Comme s’il y avait un malaise… mais lequel?

Malgré tout les efforts mis à la préparation de l’événement et la qualité des conférenciers, je n’ai pu m’empêcher de ressentir ce malaise grandir tout au long de la journée. Peut-être était-ce de la naïveté de ma part, mais je m’en allaia à cette journée en croyant que ce serait une célébration de notre fierté. Hors, à travers les questions et interventions de la foule durant les exposés, j’ai pu constater que la communauté trans a encore beaucoup de travail à effectuer à l’intérieur d’elle-même. On est loin du slogan de l’événement de cette année, «Respectons nos différences». Il m’a semblé que la fierté et le respect étaient largement camouflés par de la colère, de la frustration, de la jalousie.

La vérité est que nous ne formons pas un tout uniforme et que malheureusement, certains d’entre nous sont dans des situations de vie pas du tout faciles et ont peu de ressources. Il faut que la cohésion s’accentue entre les plus pauvres et les plus fortunés, entre ceux qui ont accès aux services médicaux et ceux qui se font fermer les portes. Il faut une meilleure communication entre les Montréalais et les gens dans les régions. Il faut se tenir ensemble pour que des services dignes et de qualité soient disponibles partout et pour tous. Il faut que les gens en difficultés aient un médium pour expliquer leur colère à longueur d’année, et non seulement une fois aux 12 mois.

Quand les gens auront accès à des ressources et qu’ils sentiront que leur voix est écoutée, alors la Fierté Trans deviendra la véritable fête qu’elle devrait être. D’ici là, on ne peut qu’encourager les organisateurs de l’événement à poursuivre leur travail colossal l’an prochain, en espérant que l’édition 2008 sera un pas de plus dans la bonne direction.

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