Ma soeur a vécu une agression sexuelle et je veux me confier à quelqu’un, mais je ne sais pas qui.


[Avertissement / Trigger Warning : Cette question/réponse traite d’un sujet pouvant déclencher des émotions fortes. Celle-ci aborde le sujet d’agression sexuelle et de risque suicidaire. Si vous ressentez le besoin de parler, n’hésitez pas à nous écrire.]

Bonjour , je trouve le concept de votre site super , et c’est pour cela que j’ai décidé de vous écrire . Désolé si il y a des fautes d’orthographe, j’espère que ce sera clair . Bon je me lance . Ma sœur s’est fait agresser sexuel ment l’année dernière , mais je l’ai appris seulement il y a quelques mois , et je suis toujours autant bouleversé ! C’est elle qui me l’a dit , et j’ai fondu en larme . Aujourd’hui , elle s’est confiée à moi et elle a éclaté en larme , elle m’a dit que mon père lui faisais peur parfois lorsqu’il était énervé , et que lorsqu’il lui prenait le poigner ( ce qui est très rare , mon père ne nous a jamais frappé et ne le fera jamais ) ça lui rappelait son agression sexuelle , et tout ce qui c’était passer l’année dernière . Elle dit ne plus se souvenir exactement de son agression , elle ne sait pas qui le lui a fait , un inconnu d’après elle … Ce n’est évidement pas mon père qui l’a agresser sexuellement , j’en suis sûr , elle l’aime de tout son cœur mais en ce moment ils s’entendent très mal et se disputent beaucoup , mais mon père ne ferai jamais une chose pareil , et je ne dit pas ça parceque c’est mon père ! J’ai beaucoup pleuré car je suis très empathique , mais je ne crois pas que ça l’ai dérangé , je n’espère pas en tout cas . Elle m’a dit que c’était très rare que quelqu’un la voix pleurer autant , pourtant , elle n’a pleurer que quelques seconde , alors que moi je suis encore en l’arme . Je m’en veux énormément , j’ai l’impression de ne pas faire les bonnes choses , pourtant , elle m’a fait comprendre que j’ai été parfaite . Mais je ne cesse de culpabiliser, je l’aime tellement et je n’en peut plus des disputes contantes qu’elle a avec mes parents , ça devient très dur . Elle m’a même dit que à un moment elle avait voulu prendre des cachets , mais que elle les avait confondu avec un médicament pour la gorge , et que ducoup ça n’avait rien fait . Je n’ai pas vraiment réagi , j’ai réalisé plus tard ce que elle m’avait dit . Je suis abasourdi , et ma culpabilité m’empêche de dormir ou de penser à autres choses . J’ai peur qu’il lui arrive quelque chose , mais je sais que malgré tout elle aime la vie , et que elle veut un avenir . De plus , mes parents sont de très bon parents qui nous ont toujours soutenu , mais je pense qu’il n’en peuvent plus de ma sœur ( qui est en seconde et horrible avec nous tous ) , et que donc il ne réfléchisse pas à ce qu’ils lui font ou disent . J’aimerai arranger ça , mais je suis impuissante . Je suis terriblement malheureuse . J’ai besoins d’aide , mais pas pour moi , pour ma sœur . Elle refuse de voir un psy , et ne peut plus voir mon père depuis 1 semaines car ce dernier aurai fait un geste brusque ( rien de grave bien sûr ) qui l’aurai terroriser . Depuis , il essaye d’être gentil mais elle ne lui pardonne pas , ce que je comprend . Je veux faire réaliser à mes parents que ma sœur n’as pas seulement besoins de se faire prendre en charge par une psy , elle a besoins de eux et de leur soutien , même si c’est difficile il faut tenir et ce pour sa survie . Et une dernière chose , j’ai l’impression d’avoir son traumatisme . Maintenant, dès que on me parle de viole , j’ai envie de pleurer , et je pense à elle . En plus je suis très féministe et engagée contre l’homophobie, le racisme … tout comment mes parents ; donc ce genre de chose me porte très à cœur . Et certains de mes amis me disent que je leur soule avec mes discours de féminisme , mais ils ne savent même pas ce qui est arrivé à ma sœur , ils ne savent rien . D’autre , au contraire , me soutiennent . Je ressent le terrible besoins de dire tout ça à quelqu’un, mais je ne sais pas qui . Un psy serait peut être une solution , mais j’ai envie d’en parler à quelqu’un qui m’est chaire … Pourtant , je ne trouve personne pour le faire Donc voilà ma question : « que dois-je faire , je tombe en dépression , et c’est horrible . Je suis très triste pour ma sœur et mes parents , et je ne sais pas quoi dire . Que dois-je faire ?

Ps: ma sœur a 16ans , c’est l’aînée

 

Bonjour à toi!

 

Merci de te confier à l’équipe d’AlterHéros et de rechercher du soutien pour ta soeur. Je peux comprendre qu’il est angoissant de sentir que nous n’offrons pas assez de soutien à un·e proche et de craindre pour son bien-être. Je tiens tout de même à te rassurer, juste par le fait d’être présente pour elle et de l’écouter, c’est déjà beaucoup et je te remercie de le faire! Tu as aussi pris le temps de nous écrire, ce qui est une bonne démarche pour trouver des solutions!

 

Pour résumer ma compréhension de ta situation, ta soeur a vécu une agression sexuelle il y a un an et elle t’en a parlé il y a de cela quelques mois. Elle a peur de ton père lorsqu’il est en colère et ces situations arrivent fréquemment ces derniers temps, puisqu’elle a un comportement désagréable avec votre famille. Elle ne veut pas faire de suivi en psychologie, mais tu aimerais tout de même faire comprendre à tes parents qu’elle aurait besoin, non seulement d’une prise en charge en psychologie, mais aussi de soutien de leur part. Tu mentionnes aussi qu’elle t’a dit vouloir prendre des cachets, mais que ça n’a pas fonctionné. Depuis qu’elle s’est confiée à toi, tu te sens dépressive et réagis lorsqu’on te parle d’agressions sexuelles.

 

Premièrement, il peut être normal pour ta sœur d’avoir certaines craintes face au comportement de ton père, surtout lorsque ses réactions sont physiques. Ce qu’elle a vécu peut causer des traumas et elle peut commencer à se perdre dans ses sentiments (crainte, peur, détresse, tristesse, honte). Je t’inviterais donc en premier lieu, si tu souhaites, bien sûr, reparler de cet événement avec ta sœur, de lui mentionner que ce qui lui est arrivé n’est pas de sa faute. Qu’elle a le droit de ressentir n’importe quelle émotion, car ce qu’elle a vécu est sérieux. Tu peux lui rappeler que tu es là pour elle et que tu tiens à ce qu’elle aille mieux. Pour ce faire, tu pourrais l’inviter d’une manière bienveillante à parler de l’agression sexuelle qu’elle a vécu auprès d’un·e adulte envers qui elle a confiance. Ça pourrait être votre mère, un·e professeur·e à votre école ou un·e intervenant·e. Si elle ne souhaite toujours pas en parler, il y a toujours l’option d’appeler ou de clavarder avec des organismes de manière anonyme. Ça pourrait l’aider à se sentir écoutée et possiblement la porter à accepter une prise en charge, ou simplement obtenir le soutien dont elle a besoin.

 

Les organismes qu’elle peut contacter en France sont les suivants:

  • Fil Santé Jeunes – possibilité de clavarder sur le site Internet ou d’appeler au 0 800 235 236
  • La Ligne de prévention contre les violences sexuelles au 3919
  • Les organismes de cette liste, de prévention et de lutte contre les agressions sexistes et sexuelles.

 

Ensuite, je sais que tu mentionnes plusieurs fois que ce n’est pas ton père qui a fait ça, car tu sais qu’il en serait incapable, mais il ne faut tout de même pas excuser une personne qu’on aime d’un acte qui pourrait avoir été fait, seulement parce que nous sommes attaché·e·s à cette personne. Attention, je ne suis absolument pas en train de dire que c’est ton père qui a agressé ta sœur, car je ne suis pas en position de le savoir, mais seulement te mentionner de ne pas ignorer complètement cette possibilité. Je remarque que tu mentionnes souvent que ton père a eu un contact physique violent avec ta sœur, ce qui lui a fait peur. Ceci demeure de la violence physique. N’importe quel geste brusque envers une personne est de la violence. Il ne faut donc pas diminuer la peur que ta sœur ressent lorsqu’elle vit ce genre de geste de la part de ton père. Ceci pourrait aussi être un élément à discuter possiblement avec ta mère, ou une autre personne qui pourrait aider. Il serait bien, selon moi, que ton père sache respecter les limites de ta sœur, de ne pas se laisser emporter et d’éviter ces gestes brusques.

 

Mon souhait présentement serait que tu te libères de toute cette charge émotionnelle qui pèse sur tes épaules. Je t’invite donc aussi, de ton côté, à discuter de ce que ta sœur t’a confié à un·e adulte, que ce soit ta mère, ou une autre personne de confiance, à ton école ou dans ton entourage. Je ne sais pas si tu es présentement la seule à qui ta sœur s’est confiée, mais il serait génial de savoir que tu aies aussi demandé du soutien pour elle et même pour toi à une autre personne. Étant donné que ta sœur mentionne avoir voulu prendre des médicaments à un certain point, j’y aperçois un risque et aussi une détresse psychologique de sa part. C’est pourquoi il serait important d’en parler.

 

Merci pour tout ce que tu fais pour ta sœur, elle a vraiment de la chance de t’avoir à ses côtés! Penses aussi à ton bien-être dans tout ça, tu as aussi le droit de demander l’aide dont tu as besoin 🙂

 

N’hésite pas à nous réécrire pour quoi que ce soit!

 

Émilie (elle/she), pour AlterHéros

 


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About Émilie Grandmont

Émilie (elle/she) est une femme bisexuelle et polyamoureuse. Elle possède un baccalauréat en sexologie de l’UQAM. Elle est entrée dans ce programme avec le but d’en apprendre davantage sur la diversité sexuelle et de genre, sur la santé sexuelle et sur l’éducation sexuelle intersectionnelle. Aujourd’hui, elle souhaite venir en aide aux survivant.es d’agressions sexuelles et offrir une écoute inclusive et sécuritaire à toute personne faisant partie de la communauté LGBTQIA2S+. Ses ami.e.s la décriraient comme passionnée des animaux, effrayée par les papillons et difficile à réveiller aux petites heures du matin.