Je suis en garçon trans, comment faire mon coming out à mon père sans qu’il ne s’énerve et faire comprendre à ma mère que j’ai besoin d’elle?


Bonjour, je m’appelle Mathéo, j’ai 14 ans et je suis un garçon transgenre.

En ce moment c’est très compliqué pour moi car je souffre de dysphorie de genre. J’ai donc décidé de faire mon coming out à ma famille très prochainement car la situation ne fait qu’empirer. J’ai déjà fait mon coming out à la plupart de mes amis qui m’acceptent comme je suis ce qui est déjà super. Mais depuis le début des grandes vacances d’été, je les vois de moins en moins et le fait de me faire appeller par mon dead name et les pronoms elle par ma famille tout le temps est devenu très difficile. Pour faire mon coming out à ma famille, je devait d’abord savoir si mes parents m’accepteraient ou non.. J’ai donc pendant des mois posé plusieurs questions à mes parents pour savoir ce qu’ils pensaient des personnes transgenres. Il se trouve que mon père ne le les acceptent pas du tout, j’en ai déduit cela car il s’énerve à chaque fois qu’on parle du sujet, il trouve ça stupide, que c’est une phase ou encore que c’est pour la mode, pour le style etc.. Et malgrès les réponses similaires de ma mère j’ai décidé il y environ 2 semaines et quelques de lui faire mon coming out. À ma surprise, cela s’est passé mieux que je ne le pensait, mais malgrès ma demande de transition, elle a dit préféré attendre car elle a peur de la réaction que pourrait avoir mon père mais aussi que je suis sois disant trop jeune. J’ai essayer alors de l’informer un peu plus sur le sujet en lui envoyant plusieurs sites et vidéos expliquant comment gérer la transidentité de son enfant, mais j’ai l’impression qu’elle fait comme si de rien n’était ce qui me fait beaucoup de mal. Espérant recevoir de l’aide de mon frère aîné, j’ai décidé de lui faire mon coming out il y a environ 1 semaine. Point positif, il m’accepte comme je suis mais malheureusement il ne sais pas dutout comment m’aider, et pareil pour mes amis. J’ai vraiment besoin d’aide pour savoir comment est-ce que je pourrais le dire à mon père sans qu’il s’énerve sachant que l’ambiance chez moi est très tendue et comment je pourrais faire comprendre à ma mère que j’ai besoin d’elle. Pourriez vous me proposer des solutions s’il vous plait? Merci.

 

PS : Désolé pour mes fautes d’orthographe. J’espère aussi que mon texte n’est trop long et qu’il est compréhensible et que mes questions n’ont pas déjà étaient posées.

 

Mathéo.

Salut Mathéo,

 

Merci de nous avoir écrit. Je comprends très bien l’importance (et l’urgence) que peut avoir un coming out à ses proches lorsqu’on ressent beaucoup de dysphorie. Vraiment content.e que tes ami.e.s aient répondu positivement à la nouvelle en passant! 

 

Un coming est bien souvent un mélange de positif et de négatif. Parfois, les gens peuvent nous surprendre, ça a été le cas avec ta mère qui l’a plutôt bien pris. Pourtant elle refuse que tu effectue une transition. Tu a fait de ton mieux pour l’éduquer et lui partager des ressources et c’est tout à ton honneur, je crois que c’était la bonne chose à faire, même si ça n’a pas donné les résultats que tu espérais.

 

Je dirais donc dans un premier temps que comme tu as pu le voir, les réactions à un coming out peuvent être plus positives que l’on aurait cru au départ. Personnellement, ma mère est plutôt conservatrice et avait assez mal réagi à mon coming out d’orientation sexuelle, mais lorsque je lui ai annoncé être non-binaire quelques années plus tard c’était le contraire complètement. C’est possible que ton père réagisse de plusieurs façons, peut-être surprenantes et peut-être en partie négatives. Mais sa réaction initiale ne représente pas comment il va te traiter pour toujours.

 

Par contre, et c’est vraiment important de le mentionner, tu n’es pas obligé de faire un coming out. Surtout si les signes de son niveau d’ouverture ne sont pas très encourageants ou s’il y a des tensions à la maison. Je sais bien qu’être mégenré au quotidien est terrible, mais je ne voudrais pas que tu te retrouves dans une situation encore pire ou que tu subisses toute forme de violences. Certaines personnes trans attendent d’être adulte et complètement autonome avant de commencer leur transition et de faire l’annonce à leurs parents. Si tu te retrouves à devoir attendre, ce n’est pas la fin du monde et tu pourrais quand même avoir recours à l’hormonothérapie et aux chirurgies pour atteindre tes objectifs de transition.

 

En termes de pistes concrètes dans l’éventualité où tu décides de faire un coming out , je crois que tu fais bien d’identifier ta mère comme possible source de soutien. Est-ce que tu peux lui demander d’être là avec toi lorsque tu feras ton annonce? Je crois comprendre qu’elle souhaite te protéger à sa façon de la réaction de ton père, il serait peut-être possible de mettre l’emphase sur comment le fait d’être ouvertement toi-même t’aiderait davantage. Il y a peut être aussi moyen de s’assurer de trouver le bon moment, lorsque les tensions seront plus basses. Je sais aussi que certaines préfèrent faire des coming out à l’écrit (lettre, courriel, texto) pour bien penser à comment formuler ce qu’iels veulent dire et éviter au moins temporairement les premières réactions. Avec le temps, si ta mère et ton frère continuent de respecter ton identité cela pourrait avoir un impact sur ton père.

 

Selon ton message, tu semble être un jeune bien informé, très mature avec une excellente capacité à t’exprimer. J’ai confiance que lorsqu’au moment venu tu sera en mesure de faire ton annonce, nommer tes besoins et bien vivre avec les conséquences.

 

Solidairement,

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.