Je souhaite avoir des rapports sexuels sans préservatif, quelle est la meilleure méthode contraceptive pour moi?


Bonjour, je me présente, je suis une femme de 47 ans, divorcée depuis 2 ans mais depuis quelques semaines je refais ma vie avec un homme sauf que depuis nos débuts nos rapports se font toujours avec préservatif car de mon côté je n’ai plus de moyens de contraception et ce depuis 3 ans au retrait de mon second stérilet au cuivre que j’ai commencé à porter après ma dernière grossesse (j’ai 3 enfants). Nous sommes fidèle et amoureux et du coup aimerions avoir une sexualité naturelle sauf que n’étant plus moi même protégée ni encore ménopausée je m’interroge sur la meilleure façon de procéder. J’ai bien sûr une gynéco qui m’a toujours suivie, mais s’agissant d’une amie je préfère ne pas lui en parler car elle me connait trop bien et sais que depuis mon divorce je lui ai dit que jamais je ne referai ma vie avec quelqu’un, donc comprenez bien que c’est assez gênant pour moi d’en parler avec mon entourage. Aussi souvent je me suis posée la question de me faire ligaturer les trompes mais maintenant au vu de mon âge est ce encore une bonne solution ? De même que la pose d’un nouveau stérilet mais pareil est ce encore envisageable ? Après je me doute très bien que je dois être à l’abri d’une éventuelle grossesse au vu de mon âge mais cependant je suis encore réglée comme une horloge comme quand j’avais 10 ou 15 ans de moins et toujours avec des règles très abondantes. Bref quelle serait la meilleure solution dans mon cas ? Merci. Sylvie.

 

Bonjour Sylvie!

 

Vous vous demandez donc quelle méthode contraceptive vous conviendrait, étant donné que vous avez 47 ans, mais n’êtes pas encore en ménopause et avez des menstruations toujours aussi régulières qu’il y a 10 ans.

 

Puisque vos règles sont encore régulières, il y a, en effet, toujours un petit pourcentage de chances de devenir enceinte (environ 10% à partir de 45 ans), alors, comme réponse brève à votre question, oui, toutes les options de contraception que vous avez nommées sont bonnes. Je crois que je ne vous apprendrais rien en vous disant que, pour avoir les meilleures options qui vous conviendraient personnellement, consulter un·e gynécologue serait de mise. Je vais vous fournir quelques pistes, mais il faut prendre en considération que je ne suis pas une professionnelle de la santé. 🙂

 

Maintenant, allons plus en profondeur sur les options possibles. Aucune méthode contraceptive, jusqu’à l’âge de 50 ans, n’est contre-indiquée en se basant seulement sur le facteur de l’âge. Ce qui est important à prendre en compte, ce sont les facteurs de risque individuels, comme les antécédents personnels et familiaux, ainsi que la présence de comorbidités. Généralement, ce qui sera proposé la plupart du temps (encore une fois dépendamment de tout facteur individuel), sera toute forme de contraception progestative ou la ligature des trompes.

 

Le stérilet est encore une méthode bonne à considérer, que ce soit celui en cuivre ou les autres à base de progestérone. Son avantage, c’est qu’il pourrait probablement vous accompagner en tant que contraception jusqu’à la ménopause, étant donné que, comme vous le savez probablement déjà, le stérilet avec hormones peut rester en place jusqu’à 5 ans et celui en cuivre jusqu’à 10 ans. Si nous continuons dans la comparaison de ces deux types de stérilets, le stérilet à progestatif, comme le Mirena, peut permettre de réduire le flux menstruel, jusqu’à possiblement l’arrêter complètement après 3 mois. D’un autre côté, le stérilet en cuivre peut augmenter l’abondance des règles et la douleur associée, mais il dure 5 ans de plus que l’autre!

 

Ensuite, une autre option à considérer serait l’implant sous-cutané, qui est aussi de type progestatif et qui a une durée d’action de 3 ans.

 

Pour ce qui est de la ligature des trompes, c’est en effet une procédure pour laquelle optent beaucoup de personnes âgées de plus de 40 ans. C’est une méthode qui protège contre certains risques de cancer, dont le risque augmente avec l’âge. Il faut tout de même y accorder une certaine réflexion, puisque comme toute chirurgie, il y a certains risques faibles (dépendamment encore une fois des facteurs de risques individuels). C’est pourquoi, pour les personnes approchant de la cinquantaine, donc plus près de la ménopause, le stérilet serait parfois préféré, considérant le nombre d’années restantes avant la ménopause, donc le nombre d’années pendant lesquelles elles pourraient profiter des avantages de cette procédure. Mon conseil personnel (encore une fois je ne suis pas médecin·e, donc vous n’êtes pas obligée de le prendre en compte ;)), est que, considérant le fait que la contraception concerne toute personne dans la relation, il pourrait être intéressant d’envisager que votre partenaire pourrait avoir recours à une vasectomie. Si vous êtes partante à en discuter avec lui, qu’il ne compte pas avoir d’autres enfants et que c’est quelque chose qu’il serait prêt à faire, c’est une procédure moins invasive, plus rapide, plus facile et comportant moins de risque que la ligature des trompes!

 

Finalement, n’oublions pas que ces méthodes contraceptives ne protègent pas contre les ITSS! Si ça n’a pas déjà été fait à la suite de vos relations sexuelles précédentes, avec vos partenaires antérieurs, je vous invite, avant d’arrêter l’utilisation du condom, à aller faire un test de dépistage, pour être certain·e·s que tout va bien de ce côté. 🙂

 

Alors, pour discuter de ces options, je vous conseille, encore une fois, d’aller consulter votre gynécologue. Il ne faut pas oublier qu’elle reste une professionnelle, je doute qu’elle vous jugera! Après tout, nous avons toustes le droit d’avoir autant de relations que nous souhaitons. C’est aussi votre propre choix et votre propre corps, vous en faites ce que vous voulez!

 

J’espère que cette réponse pourra vous aider. N’hésitez pas à nous recontacter pour quoi que ce soit!

 

Émilie (elle/she), pour AlterHéros

 


About Émilie Grandmont

Émilie (elle/she) est une femme bisexuelle et polyamoureuse. Elle possède un baccalauréat en sexologie de l’UQAM. Elle est entrée dans ce programme avec le but d’en apprendre davantage sur la diversité sexuelle et de genre, sur la santé sexuelle et sur l’éducation sexuelle intersectionnelle. Aujourd’hui, elle souhaite venir en aide aux survivant.es d’agressions sexuelles et offrir une écoute inclusive et sécuritaire à toute personne faisant partie de la communauté LGBTQIA2S+. Ses ami.e.s la décriraient comme passionnée des animaux, effrayée par les papillons et difficile à réveiller aux petites heures du matin.