Je ressens beaucoup de stress et d’angoisse à l’idée d’être homosexuel, comment vivre avec mon identité avec plus de sérénité?


Bonjour à l’équipe d’alterheros
Désolé de vous solliciter à nouveau mais je ne vais pas très bien.
Durant mon adolescence j’étais un ado homosexuel, uniquement attiré par les garçons sur le plan sexuel mais si je ne suis jamais arrivé à l’accepter je faisais beaucoup de crise d’angoisse liée à mon homosexualité et je me suis retrouvé bien seul à affronter ça.
Adulte je ne voulais pas être homosexuel et être hétéro, c’est ce que j’ai fait. Mais aujourd’hui depuis 1 an je suis pied au mur à devoir accepter que je suis gay .
Je croyais y être arrivé mais finalement non j’ai totalement rechuté je fais beaucoup de crise d’angoisse je voudrais par moment être hétéro. Je sais plus trop quoi faire pour m’accepter comme je suis, c’est émotionnellement trop dur toute cette homosexualité ca me parait par moment insurmontable d’être différent des autres …
Ça me génère beaucoup de stress psychologique par exemple j’ai besoin de m’inventer une vie virtuelle d’un mec gay sur les réseaux sociaux pour faire disparaître toute ces angoisses. Je deviens totalement mythomane et je sais pas comment arrêter mais j’ai de telles crise d’angoisse.
Je ne sais pas si je suis bien normal à créer cette vie virtuelle tellement j’en peux plus d’être homosexuel depuis l’âge de 10 ans.
Je voulais savoir comment les autres personnes gaies ou trans font pour vivre avec sérénité leur homosexualité ou leur transidentité. Certains amis à qui j’ai fait mon coming out ne comprennent pas par exemple que j’ai mis au tant de temps à faire mon coming out gaie car autour d’eux ils voient des personnes homosexuelles bien dans leur peau. Même certaines personnes gaies ne semblent pas me comprendre et je n’ai plus trop envie de fréquenter ces derniers ou il faut s’assumer absolument. Mes amis er certains gays Ils n’arrivent pas à comprendre que pour certains être lgbt c’est presque quelques choses d’impossible comme pour moi.
Alors comment faire pour affronter tout ça car moi je voudrais être tellement hétéro. Le seul point positif dans toute cette histoire je n’ai plus honte de mon homosexualité mais ça ne fait pas disparaître mes angoisses.
Salut
Désolé pour le 2ème message mais j’y arrive pas avec mon homosexualité.
Il y a un truc dont j’ai honte je me faisais passer pendant une période pour une femme lesbienne sur les réseaux parce que j’avais besoin de savoir virtuellement ce que ça faisait d’être une fille et donc j’ai correspondu avec des femmes comme ça pour juste échanger sur leur ressenti d’être aussi homosexuelle parce que je ressentais trop de honte d’être un homme gay et de le dire même en étant anonyme.
Maintenant j’arrive à prendre une identité d’homme gay en étant anonyme sur les réseaux et ne plus me faire passer pour une femme.
Mais je sais que ça faisait beaucoup de bien d’être une femme virtuelle et vivre une féminité virtuellement sur le moment …
Est-ce de la mythomanie ? Bon bref, ça devient beaucoup trop pour moi d’être gay, j’ai toujours ressenti de forts malaises avec mon homosexualité depuis la découverte de mon homosexualité à l’adolescence.
De plus enfant je ressentais un profond malaise avec tout ce qui est sexe masculin qui est passé qd je me suis découvert gay mais ado parfois je voulais devenir une fille , cette phase de l’enfance et l’adolescence est ensuite passé et je l’avais totalement oubliée, mais il y a un mois des souvenirs de ce questionnement sont revenus et j’étais vraiment pas bien et je me sens vraiment pas bien maintenant.
Je me sens trop chamboulé émotionnellement . Je n’ai jamais voulu faire face à tout ca ado c’était trop pour moi émotionnellement à l’époque. J’essaie d’y faire face depuis un an mais j’en peux plus, ca me fait trop mal intérieurement d’être gay . Ça me génère beaucoup de douleurs intérieurement d’être gay.
Pour vous tous ce que je vis actuellement est ce normal ? Vais je arriver à surmonter tout ça parce qu’il y a 2 mois je pensais l’avoir surmonté mais finalement non je rechute complètement ? J’ai peur de totalement disjoncter, est ce normal ?
Je peux pas me tourner car ils ne comprennent pas mes difficultés psychologique actuelles.
Bonjour
Désolé de vous déranger encore et monopoliser votre attention, je voulais savoir si des violences familiales subits enfant et adolescence pouvaient totalement bloquer l’acceptation de son homosexualité.
Je suis gay depuis mes 11 ans voire depuis mon enfance mais je n’y suis jamais arrivé à l’accepter. J’arrive à l’admettre aujourd’hui je pensais y être arrivé à l’accepter recemment mais ça me chamboule trop intérieurement et je me sens bloqué.
Je ne me sens pas capable d’assumer mon homosexualité.
Je ressens une véritable détresse psychologique et je fait n’importe quoi (envie de me détruire et de me faire du mal ).
Comment faire pour finir par être serein avec mon orientation sexuelle et aussi mon identité de genre (car je ressens aussi des malaises de ce côté là depuis l’enfance ) ?
J’ai l’impression que je n’ai jamais eu le cadre avec ma famille (trop de violences psychologiques ) pour m’epanouir et me construire correctement enfant et ado surtout avec par dessus ce problème d’homosexualité pour moi.
Donc je sais plus quoi faire !

Bonjour Titi,

 

Merci pour ta confiance! Tu n’as vraiment pas à t’excuser pour tes messages, nous sommes là pour ça et ça nous fait plaisir de te répondre . Demander de l’aide peut être très difficile et confrontant, c’est pourquoi je tiens à souligner ton courage dans ton désir d’aller mieux. Je vais faire de mon mieux pour essayer de t’aider dans tes interrogations. 

 

Alors si je comprends bien ta situation, tu as de la difficulté à accepter ton orientation sexuelle et de genre et cela te cause beaucoup d’anxiété. Il y a eu des périodes de ta vie où tu as refoulé tes sentiments et d’autres où tu as essayé de les accepter, mais tu dis ne pas avoir réussi comme tu vis quand même de la détresse et que tu as des crises d’angoisse. Si je comprends bien quand tu parles de rechute, cela fait référence à ces périodes où tu essaies d’assumer tes différences, mais que tu n’y arrives pas et que cela te cause de la souffrance. Tu as essayé de vivre ces identités de façon anonyme sur Internet. J’ai cru comprendre que cela t’apportait un certain réconfort, mais que comme tu considérais cela comme de mentir sur ton identité, tu as arrêté. Tu te demandes également si cela correspond à de la mythomanie. Aussi, tu as l’impression que les gens autour de toi, dont des personnes de la communauté, ne te comprennent pas ou minimisent la douleur qui peut être associée au fait d’être différent.e.s. Un environnement familial difficile n’a également pas aidé à te sentir accepté dans ta différence. Est-ce bien cela?

 

Pour commencer, il faut se rappeler que chaque personne est différente et donc, que certaines personnes vont avoir plus ou moins de difficulté à accepter d’être d’une autre orientation sexuelle ou identité de genre. Bien que je souhaite à toustes de vivre sans difficulté la découverte de ses différences, plusieurs facteurs influencent notre compréhension, l’expérience et notre ressenti d’un même phénomène. Par exemple, le degré d’ouverture dans la société à ces différences, le degré d’ouverture de ses proches, famille et ami.e.s, de saon employeur.e, ses valeurs et croyances, les droits de ces personnes dans le pays où l’on habite, etc. Tous ces éléments peuvent influencer à quel point on est à l’aise de se questionner lorsqu’on ressent que l’on est différent.e et qu’on ne correspond pas à la « norme » (où la « norme » fait référence à être hétérosexuel.le et cisgenre). Tu as donc tout à fait raison de t’éloigner des personnes qui ne te font pas sentir à l’aise et avec qui il faut absolument s’assumer. La découverte de soi et de son identité est un cheminement personnel et personne ne devrait pousser une personne à aller plus vite que ce avec quoi elle est à l’aise. Toutefois, si tu rencontres des personnes avec qui tu te sens en confiance, il est certain que d’en parler et d’être soutenu par d’autres gens, qu’iels soient membres de la communauté ou pas, peut aider à se sentir moins seul·e dans toute cette vague d’émotions.

 

Tu mentionnes que tu as essayé d’accepter ton identité, mais que tu fais des rechutes. Je ne sais pas pour toi, mais ce terme « rechute » me fait drôlement penser à la maladie. Par exemple une rechute d’un cancer ou dans la toxicomanie. Je me demande donc pourquoi tu as utilisé ce terme? Est-ce que tu as l’impression que l’homosexualité ou la transidentité sont des maladies? Car les orientations sexuelles et identités de genre ne sont pas des maladies et donc, on ne peut pas « retomber » dans l’hétérosexualité et le cisgenrisme. Toutefois, elles ont déjà été considérées comme telles il n’y a pas si longtemps et même qu’encore aujourd’hui, certain·e·s considèrent encore que ce sont des maladies. Ces courants de pensée ont peut-être influencé ta façon de voir les orientations sexuelles et identités de genre. Cela pourrait donc être une piste de réflexion pour mieux comprendre pourquoi il est difficile d’accepter de s’identifier à ceux-ci. En effet, les termes qu’on utilise pour se décrire ont un impact sur la façon dont on se perçoit. La route vers l’acceptation de soi n’est pas linéaire et il est possible qu’il soit plus difficile de s’assumer lors de certaines périodes. Mais, comment faire pour aller mieux, me diras-tu? Et bien, il n’y a pas de réponse magique malheureusement, mais on peut explorer des pistes de réflexion ensemble. 

 

Alors pour commencer, d’admettre nos préjugés, homophobie intériorisée ou transphobie intériorisée est la première étape pour ensuite les déconstruire. J’en ai déjà parlé plus tôt, mais on vit dans une société qui met de l’avant certaines normes (hétérosexualité et cisgenrisme). Ainsi, cela peut nous conduire à intérioriser ces modes de pensées. En d’autres mots, à force de se faire répéter un même discours, on finit par y croire et il peut être difficile d’accepter que ce discours était peut-être faux en fin de compte. D’ailleurs maon collègue Maxim·e l’explique bien dans cet extrait de réponse : « La première chose sur laquelle j’aimerais insister, et possiblement l’une des plus importantes, c’est qu’il n’y a strictement rien de mal à être attiré par les hommes, à aimer les embrasser ou à avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes. En grandissant dans nos sociétés parfois fermées d’esprit, il est difficile de ne pas associer (souvent inconsciemment) l’homosexualité et les relations entre personnes de même sexe avec quelque chose de négatif, d’invalide, d’inaproprié ou même de dégoutant. c’est ce qu’on peut appeler de l’homophobie intériorisée. Il est possible que tes premières expériences avec des garçons aient provoqué un inconfort inattendu à cause de ce type d’associations négatives. Je tiens donc à t’encourager à identifier et à réajuster ce type de croyances, je t’assure qu’être gay ou bi n’est pas la fin du monde. »

 

Voici des questions qui peuvent alimenter ta réflexion :

Quelle image me vient en tête quand je pense à un homme qui aime un autre homme? Ou à une personne trans? 

Quelles sont les personnes LGBTQ+ que je connais ou que je vois dans les médias? Est-ce que ce sont des modèles positifs ou non? Pourquoi?

Qu’est-ce que cela voudrait dire de moi si j’aimais les hommes? Si j’étais une femme trans? Ou une personne non-binaire?

Pourquoi j’ai déjà voulu ou qu’il m’arrive encore de vouloir être hétérosexuel?

Pourquoi j’ai peur d’aimer les hommes? D’où vient cette peur?

Qu’est-ce que ma famille pense des personnes LGBTQ+? Et mes ami.e.s?

Qu’est-ce que j’ai aimé lors de mon expérience anonyme sur le Web? Qu’est-ce que je ressentais?

Qu’est-ce que je recherche en amour?

 

Je t’encourage à faire preuve de bienveillance envers toi-même. Il est normal de douter et de trouver cela difficile. Toutefois, cela ne sert à rien de vouloir aller trop vite ou de se comparer. Par contre, il est vrai que cela est plus facile à dire qu’à faire, mais selon mon expérience, c’est un « réflexe » que l’on peut développer. Lorsque tu te sens bien, tu pourrais, par exemple, t’écrire des phrases qui te font te sentir bien et qui te le rappellent. Ainsi, lorsque tu sens l’anxiété monter, tu pourrais les lire pour te rappeler cette bienveillance. Tu pourrais également essayer de trouver les actions qui t’aident à désamorcer les crises. Qu’est-ce qui a déjà fonctionné dans le passé? Qu’est-ce que tu fais qui te procure du bonheur (ex : aller marcher, dessiner, cuisiner). Tu peux aussi aller dans un endroit calme et essayer des techniques de respiration. Je te mets le lien d’un site qui explique bien les différents types d’anxiété et donne des pistes de solutions.

 

Il est certain que pour tout avis médical et donc pour l’anxiété et la mythomanie, il faut consulter un·e professionnel·le de la santé comme un·e médecin ou psychologue pour en savoir davantage puisque nous ne sommes pas habilité·e·s à se prononcer là-dessus. Je suis vraiment désolée d’apprendre que tu as vécu de la violence psychologique durant ton enfance. Les personnes qui s’occupent de nous enfants ont de grandes responsabilités et, malheureusement, il arrive qu’elles ne sachent pas répondre à nos besoins. Je t’invite donc à considérer d’autres ressources d’aide comme celles-ci si tu en ressens la nécessité. Pour ma part, je crois qu’on ne peut jamais avoir trop de ressources d’aide :

 

Croix-Rouge écoute (association)

Soutien psychologique pour toute personne ressentant le besoin de parler (solitude, dépression, violence, addictions…), par des bénévoles formé·e·s, service anonyme et gratuit 

0 800 858 858 (lundi au vendredi 9h-19h, samedi dimanche 12h-18h)

 

SOS crise (association Les transmetteurs)

Écoute et orientation pour obtenir de l’aide pour toute personne inquiète ou angoissée, par des professionnel·le·s de la santé, du social ou de l’éducation à la retraite et bénévoles. Service gratuit et anonyme, seuls le prénom et le code postal sont demandés. 

0800 19 00 00 (7j/7 9h-19h)

 

SOS homophie

Pour toute demande d’aide, d’écoute, questionnements.

Chat’écoute sur le site Internet ou ligne d’écoute anonyme au 01 48 06 42 41

 

Les lignes d’écoute – Psycom

 

Sexualités info santé

 

 

J’espère avoir pu t’aider un peu et si tu as d’autres questions ou que tes questionnements persistent, n’hésite pas à nous réécrire. 

Je te souhaite le meilleur pour la suite!

 

Mégane

 


About Mégane

Je m'appelle Mégane (elle/la) et je suis étudiante en ergothérapie à l'Université du Québec à Trois-Rivières. De nature curieuse, j'adore en apprendre plus sur les gens qui m'entourent et les différentes expériences qu'iels peuvent vivre. Je m'intéresse particulièrement à la grossophobie, au racisme et à la santé mentale. Je suis également l'heureuse propriétaire de 2 chats, Marguerite et Tournesol, et j'espère un jour vivre dans un petit cottage dans le milieu de la forêt entouré de fleurs et d'un jardin ce qui illustre bien ma nature optimiste considérant mon incapacité à garder un cactus en vie.

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