Je ne sais pas si je suis une femme trans ou si c’est une manifestation d’aegosexualité ou d’asexualité…


Bonjour,

Je ne sais pas si je suis une femme trans (Homme en Femme) ou si c’est un manifestement d’aegosexualité ou d’asexualité.

Enfaite, je crois que je suis asexuel, mais je m’imagine avoir des rapports sexuels, ça m’existe et tout. Mais je m’imagine être une fille, pas un mec comme je suis. Et genre je peux pas m’imaginer avoir des rapports sexuel en homme, genre sa me dégoûte, quand je vois mon penis je trouve ça deguelasse.

Du coup je me demandais si c’était juste un fantasme et que j’étais asexuel ou un truc du genre ou si je suis trans en gros.

Mais le truc c’est que, j’aime pas mon visage et tout, j’aimerais bien être une fille, mais je crois je veux pas être trans, genre c’est bizarre. Je crois je veux faire semblant d’être une fille qui veut être un mec. Genre je veux être efféminé que les gens pensent que à la base je suis une fille, mais qu’ils m’identifient comme un homme trans alors que je suis femme trans. Du coup je me demande si c’est une apparence sa ou si c’est une question de genre. Est-ce que c’est pas juste un caprice et tout ?

J’adore être raser comme une fille et tout, mais genre j’aime pas les jupes, le maquillage et tout mais j’aimerais bien avoir les cheveux long et que les gens pensent que à la base je suis une fille.

Enfaite je sais pas. Je suis sur que je suis pas non-binaire, je suis sur que je suis pas totalement trans comme tout les autres gars qui le sont, mais après je sais pas si c’est un caprice ou un style de fantasme sexuel lié à de l’asexualité ou un truc du genre.

Bonjour,

 

Merci beaucoup de faire confiance à AlterHéros. 

 

J’aimerais commencer par te répondre que le genre est un concept complexe, mélangeant et parfois contradictoire. Il y a un infini de façons de se sentir vis-à-vis de la masculinité, la féminité et l’androgynie, et envers son apparence en général. Tu fais bien de réfléchir à tout ça et il y a quelques éléments sur lesquels je pourrais revenir avec toi.

 

Pour commencer, au niveau de la complexité, c’est possible d’être une fille trans et d’apprécier ses traits plus masculin, ou encore d’être un garçon et d’avoir une expression de genre extrêmement féminine. Je connais des personnes transféminines qui portent un binder (pour camoufler sa poitrine) ou ayant eu une mastectomie (chirurgie pour retirer les seins), des personnes transmasculines qui portent des robes, des gens qui portent fièrement la barbe et du maquillage. Il est également possible de ressentir simultanément ou d’alterner entre une identité de garçon et de fille, et entre une expression masculine, neutre ou féminine. Tu parles de ton désir d’avoir les cheveux longs, de ne pas avoir de pilosité faciale ou corporelle, sans pour autant porter de jupes ni de maquillage. Je t’assure que cela est possible indépendamment de la façon dont tu décides de t’identifier.

 

Bref, ce que je veux dire c’est qu’il y a une différence entre ce que l’on ressent, ce que l’on voit en soi versus ce que l’on présente aux autres et la façon dont on aimerait être perçu.e.s et compris·e·s. Si tu me permet de parler un peu de moi, je suis non-binaire et c’est très clair pour moi, mais j’appécie agencer différentes charactérisques genrées dans ma présentation. J’aime bien créer de la confusion chez les gens, j’aime quand les caissier·ères hésitent à dire monsieur ou madame. Parfois, j’aimerais mettre davantage de l’avant mon côté féminin mais j’ai l’impression que c’est plus difficile, comme si je devais mener un combat contre ma génétique et mon corps. Tout ça pour dire que c’est pas toujours facile d’être perçu·e comme on aimerait.

 

Tu dis être sûr de ne pas être non-binaire, et de ne pas être totalement trans, du moins de ne pas être comme les autres personnes trans. Je t’inviterais à réfléchir et à élaborer un peu là-dessus. Il n’y a pas une seule façon d’être trans et non-binaire. Une façon de décrire la non-binarité est de ne pas se sentir totalement ou exclusivement homme ni femme, cette définition par la négative est inclusive et laisse beaucoup de liberté et de possibilité. Dans un même ordre d’idées, trans peut signifier de ne pas s’identifier strictement ou uniquement à son genre assigné à la naissance, garçon dans ton cas. Et comme je disais plus tôt, trans et non-binaire ne sont pas indicateurs précis de l’apparance, du comportement ou de la personalité d’une personne.

 

Tu pourrais préférer un rôle et une apparence davantage féminin·e·s dans un contexte sexuel. Il existe un éventail de positions, de pratiques, de zones érogènes, de jeux et de jouets qui permettent une sexualité hors de son pénis. Il est possible que tu te situe quelque part sur le spectre de l’asexualité et que ton rapport au sexe et à l’érotisme soit différent, moins présent ou moins intense, que pour la plupart des gens. Être asexuel·le n’implique pas nécessairement automatiquement un dégoût pour ses parties génitales, ça peut être le cas pour certain·e·s mais pas toujours.

 

En ce qui concerne l’aegosexualité,il s’agit d’un terme qui été inventé à la base par des psychologues et décrit comme une paraphilie, une déviance sexuelle. Le terme autogynophilie est un peu similaire, faisant référence en particulier aux femmes trans qui ressentaient de l’excitation sexuelle en tant que femme. Ce deuxième terme a longtemps été utilisé à mauvais escient dans le bût d’empêcher les femmes trans d’effectuer des transitions médicales, puisqu’il ne s’agissait que d’une “perversion”. Ce que j’aimerais surtout te dire c’est qu’il est possible pour toi de vivre une sexualité épanouissante dans un rôle féminin, que tu adoptes ces rôles dans d’autres sphères de ta vie ou non.

 

Enfin, il est possible que l’estime de soi et la confiance en soi de façon plus générale aient un impact sur ta compréhension de ton genre. Il est parfois difficile de faire la différence entre un inconfort envers son apparence lié à son identité de genre ou un malaise plus global, les deux pouvant se ressembler et se chevaucher. Si jamais tu peux voir un·e professionnel·le comme un·e psychologue, à ton école par exemple, je crois que cela pourrait possiblement être bénéfique. 

 

Je tiens finalement à te dire qu’il ne s’agit pas du tout d’un caprice. Tu explores tes émotions en lien avec ton genre, tu te poses des questions et tu expérimentes. Il n’y a rien de mal à cela, c’est même très sain. Que tu finisse par découvrir être une fille trans, un garçon cis, ou tout autre identité, il est toujours utile de chercher à ieux se connaître et se comprendre.

 

Si je ne suis pas totalement clair·e ou si tu te pose d’autres questions tu peux toujours nous écrire!

 

Prends soin de toi,

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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