Je ne sais pas si je suis bi, pan, omni ou autre… Et il m’arrive souvent de vouloir être un garçon….


Bonjour,
Je m’appelle Manaële (mais je préférerais qu’on m’appelle Elio si possible), j’ai 14 ans et je suis en couple avec une personne non-binaire.
Jusqu’à maintenant je me suis toujours dit que j’étais bi, mais récemment j’ai commencé à avoir des doutes. Je ne sais pas si je suis bi, pan, omni ou autres et ça m’embête car quand les gens me demandes je ne sais jamais quoi répondre.

Et pareil pour mon identité ; je suis biologiquement une fille, mais j’ai de nombreuses périodes où j’aimerai vraiment beaucoup être un garçon. Alors forcément ça m’embrouille.

Si vous avez des idées ou des solutions pour m’aider à régler ces “problèmes” c’est avec plaisir que je les prends.

Elio

Allô Elio!

 

Ça me ferait grand plaisir de te proposer quelques pistes de solutions!

 

En ce qui concerne l’orientation sexuelle, la bisexualité, pansexualité et omnisexualité peuvent avoir différentes définitions selon chaque personne, elles se ressemblent mais ont aussi leurs propres couleurs/nuances. Ça peut définitivement être difficile de s’y retrouver! Par exemple, certaines personnes vont dire que bi = 2, donc qu’’être bi c’est d’être attiré‧e par deux genres, par les hommes et les femmes, mais beaucoup de personnes bi sont attiré·e·s par une multitude de genres différents, ou par tous les genres. C’est pour ça que j’aime mieux la définition de bi comme étant attiré·e par des genres similaires au nôtre et par des genres différents.

 

Mais ça ne répond peut-être pas à ta question. Comment choisir et savoir quoi répondre quand les gens nous posent des questions? C’est possible de se renseigner et d’y réfléchir pour préparer ses réponses en avance. C’est aussi possible d’adapter ses réponses selon les personnes qui nous demandent. Par exemple, si je parle à une personne plus âgé·e dans ma famille, je m’attend à ce que bi soit la seule identité qu’iel connaisse et c’est souvent ainsi que je vais me décrire. Mais si je discute avec une personne plus proche et faisant partie de la communauté 2SLGBTQIA+ je vais avoir tendence à utiliser des termes plus précis ou moins connus, comme queer, quitte à devoir les expliquer. Tu as aussi le droit de ne pas utiliser uniquement une identité en particulier et parler plus librement de ton expérience, des personnes qui t’attirent et que tu aimes, sans mettre de mot dessus.

 

Par rapport au genre, c’est tout à fait normal d’avoir des périodes où tu te sens beaucoup plus masculin et d’autres moins. Il y a certaines personnes pour qui cette variation est suffisamment centrale dans leur identité pour se décrire comme genderfluid. Comme conseils, je pourrais te dire que peut-être commencer par réfléchir à ce que ça veux dire pour toi être une fille, être un garçon ou être d’un autre genre comme non-binaire. Est-ce que c’est surtout au niveau de l’apparence, du style, des comportements? Est-ce que c’est quelque chose de plus profond, d’indescriptible? Est-ce qu’il y a des changements qui serait facile à faire et qui t’intéressent, comme de nouveaux vêtements, une coupe de cheveux ou un parfum? Tu utilises déjà le prénom Elio, as-tu aussi pensé aux pronoms (iel, elle, iel, y, el, etc.) et aux accords (étudiant, étudiante, étudiant·e) que tu aimerais? Tu as le droit d’alterner entre plusieurs options par périodes ou en même temps. Un des meilleurs moyen de mieux comprendre son genre c’est souvent d’essayer de nouvelles façons de présenter son genre qui nous intriguent et de voir comment l’on se sent.

 

J’espère que cela te donnera quelques idées au moins! N’hésite pas à nous écrire pour plus d’informations ou si tu as d’autres questions.

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.