Je me pose des questions en lien avec mon orientation sexuelle, mes attirances, mes expérience passées et la pornographie…


Bonsoir,
Je me permet de poser quelques questions concernant mon orientation même si je sais que ça a beaucoup été posé et je m’excuse par avance pour le pavé . J’ai un parcours plutôt délicat en effet ces questions sont apparues cette année à la suite d’un flashback . Dans mon enfance j’ai eu une expérience homosexuel avec une personne de mon entourage alors qu’elle avait 6 ans de plus que moi , à l’époque je ne comprenais pas grand chose j’étais juste curieuse de découvrir le plaisir on va dire sauf que cela s’est répété plusieurs fois à la suite et elle employait une technique bien spécifique : porno puis passage à l’acte. Pendant je fermais les yeux et je ne recherchais qu’une « délivrance » sexuelle l’embrasser me répugnait, mais le frottement me permettait de ressentir du plaisir ,en grandissant j’ai commencé à ne plus vouloir me rendre chez cette personne parce que je n’arrivais pas à dire non quand elle me le proposait puis en grandissant j’ai réussi à y mettre un terme . Par la suite j’ai quand même voulu savoir si j’avais un penchant homo j’ai une expérience sexto mais j’avais pas vraiment d’attirance et j’ai aussi voulu essayer de retenter l’expérience avec une personne de confiance quand j’étais un peu alcoolisé mais je me suis rendu compte qu’en réalité je voulais faire du mimétisme par rapport à mon passé en plus encore une fois la personne ne m’attirait pas et je pensais plus à ne pas rendre l’appareilpendant l’acte et ça ne c’est pas passé .Depuis ce jour je sais que les femmes ne m’attirent pas.
Malgré tous ça je n’ai jamais questionné ma sexualité , mon cercle d’amis est composé de personnes lgbt ect donc les différentes orientations ne m’étaient pas inconnues.
Donc comme je le disais c’est questionnements dont apparus lorsque j’ai fais un cauchemar d’une des expériences que j’ai eu dans mon enfance me réveillant affolé et en crise de panique. J’ai eu une addiction à la pornographie ça m’étais déjà arrivé d’être excité par de la pornographie lesbienne c’est les premiers que je regardais car le corps de l’homme me faisait terriblement peur à l’époque du coup regardais du porno sans pénétration me rassurait puisqu’il n’existe pas vraiment de porno hétérosexuel sans celle ci . Par la suite j’ai réussi à trouver du plaisir dans le porno hétérosexuel et plus du tout sur le lesbien.Sauf qu aujourd’hui je fais une fixation sur le fait d’être lesbienne ou bisexuelle refoulé et maintenant ça empathie sur ma libido et là porno que je regarde comparant d’un porno lesbien à un porno hétérosexuel , je ne sais même plus si je suis excité par de la porno lesbienne parce que je fais de l’angoisse devant et que je n’arrive plus à faire la différence entre excitation et angoisse puisque ça en devient maladif à vouloir me tester toute les 5min même si j’en ressens pas l’envie si je ne le fais pas je vois ça comme le signe d’un refoulement et maintenant que je suis focalisé dessus j’ai l’impression de n’être plus autant excité par le porno hétérosexuel alors que dans ma tête si beaucoup et même avant d’avoir ce problème .
Pour dresser mon portrait je suis quelqu’un d’hypersensible et angoissé j’ai eu pleins de tocs qui ont réussi à disparaître mais il ont été remplacé par cette obsession .
En ce qui concerne mes expériences, je n’ai toujours eu des crushs envers les hommes , de l’attirance, je ne suis pas encore tomber amoureuse bien que j’ai déjà eu des sentiments qui s’en rapprochent. J’ai eu des déceptions et j’ai vécu une expérience traumatisante auprès d’un homme lors de mon premier date à 18ans. Je suis vierge et je n’ai j’avoue avoir très peur de la pénétration vaginal et que je suis très intimidé par les hommes

Pour le porno lesbien je n’arrive pas à me masturber dessus je suis seulement émoustillé je n’arrive pas a m’imaginer avec une femme.
Pour moi je suis hétérosexuel je suis attiré exclusivement par les hommes , ce n’est qu’en présence de certains qui me plaisaient que j’ai ressentis l’envie de leur plaire , des papillons..
Je trouve certaines femmes très belles c’est tout ,bien que j’en sois certaine j’ai l’impression que tous ce que j’ai vécu et par rapport au porno me rends fataliste dans le sens où j’ai peur de me voiler la face comme si le fait d’avoir vécu ça était une preuve irréfutable et cette obsession déréglé complètement ma manière de penser. A un moment les images que je voyais envahissaient meme mes rêves mais aujourd’hui ça va mieux et meme si ça m’arrive j’arrive à relativiser parce que je sais que l’angoisse joue beaucoup sur l’inconscient et les rêves ainsi que les images vues dans la journée . J’ai aussi bien conscience que se poser des questions sur ça sexualité et tout à fait normal j’en ai même discuté avec ma mère qui a très bien réagit
J’ai bien conscience que la sexualité est fluide et que la bisexualité existe seulement je n’ai pas vraiment l’impression que cela me concerne ça ne résonne pas en moi .
J’ai déjà suivis une psy quand j’étais atteinte de tca mais aujourd’hui je n’arrive plus à aller vers eux .Je ne sais pas si j’ai le droit de me poser en tant que victime concernant ce que j’ai vécu même si quelque part la personne me faisait un peu de chantage affectif (c’était une proche, je n’avais pas vraiment d’ami et après elle changait de comportement lorsque je disais non ) car j’estime que certaines personnes vivent bien pire et de plus qu’elle était aussi mineur même si bien plus que âgé et que le fait que même si je fermais les yeux je pouvais en ressentir physiquement du plaisir par stimulation et du fait que je ne disais pas non et aussi que peut être qu’elle n’avait pas conscience je n’en s’ai rien.
En écrivant je crois que c’est surtout cette période de ma vie qui m’affecte le plus j’en ai déjà parlé à quelques personnes mais aucunes ne m’ont prise au sérieux mettant ça sûrement sur le dos de la découverte sexuelle sauf que de mon côté j’en ai des souvenirs amers.J’ai l’impression que mon hétérosexualité que je proclame n’est pas légitime vis à vis de tous ça .J’avais une question en plus à savoir s’il est possible d’avoir des rapports avec des personnes du memes sexes sans avoir d’attirance? Je précise que je ne suis pas contre les lgbt je participe justement à ce que ceux ci sont respectés et je soutiens un proche qui est en pleine transition. Seulement je ne souhaite pas retenter l’expérience avec une femme et je ne ressens pas d’attirance particulière et le terme de bisexualité ne me convient pas .Mes fantasmes dans ma tête me donne une sensation de bien-être qu’avec des hommes.

Pensez vous même si je sais que ce n’est pas à vous de me donner mon orientation que je sois refoulé ?Est ce que tout de même je suis en droit de me considérer comme étant hétérosexuel ?

Voilà je vais m’arrêter ici parce que c’est déjà bien long je m’en excuse d’avance ! C’est sûrement bourré de fautes et pas mal dans le désordre j’ai du oublié certaines choses mais j’écris ça dans un moment d’angoisse mais cela m’a permis de me calmer un moment .Je vous remercie tout de fois de m’avoir lu

Bonjour,

 

Pas de stress pour la fautes ou la longueur de ton message, je suis simplement content·e que cela t’ait permis de ventiler un peu sur cette situation stressante 🙂

 

Si tu me permets, je vais revenir sur quelques éléments importants de ton récit. À l’enfance, tu as vécu quelques expériences sexuelles avec une personne plus âgée qui te faisait des menaces, tu a parfois ressenti un certain plaisir physique, mais tu n’a pas apprécié d’autres aspects de la relation et tu as mis fin à celle-ci plus tard. Ressentir quelque chose suite à une stimulation physique de certaines zones est une réaction automatique et purement biologique. Cela ne signifie pas que tu as eu du plaisir ou que tu étais confortable là-dedans. Tu dis ne pas avoir réussi à dire non, c’est compréhensible étant donné ton âge et l’âge plus avancé de l’autre personne. Je suis désolé·e que certaines personnes ne t’aient pas prise au sérieux et aient tenté d’invalider ta perception des évènements. Tu sais, même si l’autre personne était aussi mineure, même si tu n’as pas dit non, et même si « d’autres ont vécu pire », ce que décrit correpond à une forme de violence sexuelle, et tu as le droit de répertorier les conséquences que cela a sur toi à l’âge adulte. 

 

Je tiens donc à préciser que cette expérience traumatique était hors de ton contrôle, elle a peut-être eu certains impacts (sur ta crainte des hommes et sur les cauchemars et flashbacks que tu nommes par exemple), mais elle ne devrait pas avoir de relation de causalité avec ton orientation sexuelle. 

 

Tu nommes déjà savoir qu’il est normal de se poser des questions sur son orientation, que la sexualité est fluide et que la bisexualité existe. Tant mieux! Ça me sauve d’écrire quelques paragraphes. Tu nomme toutefois ne pas ressentir d’attirance pour les femmes et ne pas te reconnaître dans la bisexualité.

 

Tu parles de ton expérience avec la porno lesbienne et des doutes que cela entraine à propos de ton orientation. À cet effet, je vais te mettre un extrait d’une réponse de mon collègue Guillaume :  

« D’abord, la pornographie est une grande industrie dont l’objectif premier est de faire de l’argent. On s’entend là-dessus, n’est-ce pas? Pour ce faire, la porno nous vend des images et des scénarios dont l’objectif est d’allumer notre imagination et, conséquemment, nous exciter. Puisque notre cerveau est notre principal organe sexuel, il est normal d’être excité par certaines images dont nous n’avons pas l’habitude de voir au quotidien.

 

En ce sens, il est nécessaire de distinguer que ce qui nous excite sur la pornographie ne constitue pas nécessairement ce qui nous excite dans la vraie vie. Certaines personnes hétérosexuelles vont préférer regarder de la pornographie homosexuelle par exemple, sans pour autant que ces personnes veulent avoir une expérience intime avec une personne du même genre qu’elles. Il est donc complètement normal d’être excité par des scènes ou des acteurs/actrices pornographiques sans pour autant que cela constitue des activités sexuelles que nous désirons expérimenter. Or, ces préférences pornographiques ne sont pas forcément liées à nos attirances de la vie de tous les jours. »

 

Plus précisément, tu expliques ressentir une fixation ou obsession, vouloir te « tester » régulièrement et chercher une preuve définitive de tes attirances et de ton orientation. Tu ressens de l’angoisse et du stress, ce qui diminue ta libido, ce que tu perçois comme une indication en lien avec ton orientation et le cycle continue. J’aimerais donc te dire qu’il n’existe aucun test et aucune preuve fiable de l’orientation sexuelle. On peut tenter de comprendre et d’analyser comment l’on se sent dans différents scénarios, mais cela restera toujours partiel et subjectif. En d’autres mots, tu ne choisis pas les personnes qui t’attirent ou les contextes qui t’excitent, par contre, tu peux sélectionner quels mots décrivent le plus fidèlement tes expériences. Et il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, ta compréhension n’est pas fausse ou un mensonge si elle change ou se précise avec le temps. Je comprends que cette ouverture inconditionnelle peut être déstabilisante et même angoissante. 

 

Au final, tu ressens de l’attirance et une certaine crainte envers les hommes, tu n’a pas eu d’expérience amoureuse ou sexuelle autre qu’une date assez traumatisante à 18 ans. Tu crois être hétéro, mais tu hésites, tu ne sais pas si tu as « le droit ». Tu as raison, je ne peux pas déterminer ton orientation pour toi. Je peux te dire qu’il n’y a rien mal à être lesbienne ou bisexuelle, comme tu le sais, et il n’y a rien de mal à être hétéro non plus. Est-il possible que tu refoules inconsciemment une attirance pour les femmes? Peut-être, c’est difficile à dire, mais si je me fie à tes impressions et ton jugement, tu dis explicitement ne pas avoir d’attirance pour les femmes. De façon générale, je crois que tu ferais bien de te faire davantage confiance et de croire tes propres perceptions.

 

Pour répondre à ta deuxième question, il est possible d’avoir des relations sexuelles sans attirance. Il existe plusieurs motivations possibles pour avoir des relations sexuelles, l’attirance physique en fait souvent partie mais pas systématiquement non plus. Parfois c’est par amour plus que par attirance, par routine, pour passer le temps, pour se détendre, pour obtenir une faveur ou encore se reproduire, etc. L’absence d’attirance peut certainement être problématique ou être un frein à une relation sexuelle, ce n’est pas toujours le cas. C’est un peu complexe, j’espère que ça répond tout de même un peu?

 

Dans tous les cas, c’est toujours possible de nous réécrire s’il y a quoi que ce soit!

 

Prends soin de toi,

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


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About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.