J’ai été assigné fille à la la naissance mais depuis pas mal de temps je me demande si je ne suis pas un garçon…


Bonjour,

J’ai 15 ans et j’ai été assigné fille à la la naissance mais depuis pas mal de temps je me demande si je ne suis pas un garçon.

En ce moment il n’y plus que cette question en tête : “est ce que je suis un garçon ?”. Ça m’obsède, me coupe l’appétit, il ne se passe pas une minutes sans que j’y pense, et c’est pour ça que je me suis décidé à poser ma question sur ce forum.

D’aussi loins que je me souvienne j’ai toujours voulu ressembler aux garçon (je voulais a tout prix jouer au foot alors que je n’aimais pas particulièrement ça) et je me souvient avoir déjà demandé à mes parents pourquoi je n’en était pas un. Je n’ai jamais aimé porté de robe et de jupe, à part pour me déguiser ou pour sortir en été, mais maintenant rien que de m’imaginer en porter une me retourne l’estomac. J’en mis une a noel pour faire plaisir a mes grands parents et je me senti mal toute la soirée.

Quand j’ai commencé a avoir de la poitrine j’ai commencé a aller vraiment mal je detestais (et deteste encore) mon corp au point de ne plus pouvoir me regarder dans une glace. Je le detestait tellement que je portais des sweats et des pantalons en été.

Au collège j’aimais bien me demandé en quoi j’aimerais me réincarner si je le pouvais et a chaque fois be m’imaginais en garçon. Plus jeune encore je me disais que si un jour je devais changé d’identité je me déguiserais en garçon et cette possibilité me faisait rêvé.

J’aime les garçons (ou du moins je crois) et je ne m’imagine pas en tant que fille en couple avec un garçon.

Je me dis que si comme je le pense je suis un garçon je vais devoir l’annoncer à ma famille et a mon entourage. Je pense que mes parents réagiront relativement bien, mais j’ai très peur en ce qui concerne mes oncles, tantes, grands-parents, camarades et amis et je ne sais pas si je serais un jour capable de leur annoncer.

Quoi qu’il en soit toutes ces question m’obsède et en ce moment je vais vraiment très mal.

Je ne sais pas si avoir l avis de quelqu’un d exterieur a la siation me fera aller mieux mais j’ai vraiment besoin de réponse.

Nico

Bonjour Nico!

 

Merci vraiment de te confier à AlterHéros! Ce n’est pas facile d’être seul lorsque l’on souffre et je suis vraiment content.e que tu aies pris la décision de nous écrire ces questionnements que tu as en tête depuis un bon moment. Désolé.e de ne pas t’avoir répondu plutôt, un membre de notre équipe a eu un petit problème de santé (iel est correct, ne t’inquiète pas!) Je vais essayer de te répondre avec ce que je sais, ce que j’ai vécu et ce que je connais des expériences des gens autour de moi.

 

Pour résumer, si je comprends bien, tu te poses des questions sur ton genre depuis quelque temps. Tu préfères porter des vêtements plus masculins et tu n’aimes pas ta poitrine. Tu crois être garçon,  tu y penses très souvent mais tu hésites à en parler. Toutes ces pensées te causent une certaine souffrance. Pour beaucoup de personnes trans et non-binaire, la puberté et les changements corporels qu’elle apporte est un moment clé dans la découverte de son identité.

 

Premièrement, quelques petites définitions tirées d’une autre de mes réponses :

Identité de genre : sentiment intérieur d’être une femme, un homme, ni l’un ni l’autre, les deux (simultanément ou en alternance) ou autre.

Expression de genre : façon de se présenter au monde extérieur par l’habillement, l’attitude, les cheveux, la pilosité, etc.

Dysphorie de genre : inconfort, mal être, anxiété ou dépression lié au fait de ne pas vivre dans son vrai genre.

Euphorie de genre : bien être lié au fait d’être capable d’exprimer son vrai genre ou d’être reconnu.e comme tel, “contraire” de la dysphorie de genre.

 

Si je te mets ces termes, c’est simplement pour te montrer que tu peux être un garçon sans être particulièrement masculin et inversement. Le genre ne se limite pas aux vêtements, aux intérêts ou aux parties du corps (mais si cela peut en faire partie), c’est surtout quelque chose que l’on ressent à l’intérieur. Selon ce que tu écris, j’ai plutôt l’impression que les deux s’alignent du côté de la masculinité. 

 

Ensuite, les sentiments plutôt négatifs que tu décris ressemblent assez à de la dysphorie de genre. Ça peut être un indice qui peut te guider dans tes questionnements, mais je crois qu’observer ce qui t’apporte de l’euphorie de genre est un meilleur moyen d’apprendre à te connaître.  Tu peux par exemple expérimenter avec certains aspects de ton apparence et de ta présentation (vêtements, cheveux, prénom, pronoms et accords) et voir ce qui te fait sentir mieux, plus en confiance plus toi-même. Connais-tu les binders? Il s’agit d’un sous-vêtement pour aplatir la poitrine, plusieurs personnes trans-féminin.e.s en portent. Il y a plusieurs façons de s’en procurer sur internet à différents prix. Fais seulement attention de respecter les consignes de sécurité. Toutes ces expériences prennent du temps et n’ont pas toujours des résultats que l’on espère du premier coup, c’est pourquoi il faut beaucoup de patience et de persévérance. Selon ton récit, j’ai l’impression que tu es quelqu’un de fort et de résiliant, j’ai confiance que tu en es capable. 🙂

 

Tu mentionnes les rêves, le jeu et le déguisement, il s’agit de très bonnes stratégies pour explorer son identité de genre dans un contexte sécuritaire! Moi, par exemple, j’ai longtemps joué à des jeux vidéos de type RPG et j’ai participé à de nombreuses campagnes de donjon et dragon et puis j’ai presque toujours joué des personnages féminins. Sur le coup, je ne pense pas que je le réalisais, mais en y repensant aujourd’hui, je pense que c’était un peu une façon de visiter un autre genre sans avoir à prendre de risques ou avoir à subir le regard d’autres personnes.

 

Un autre point que j’aimerais nommer est l’importance de faire partie d’une communauté. Beaucoup beaucoup de gens sont passé.e.s par des parcours qui ont des points communs avec le tien. Si tu aimerais discuter avec d’autres personnes trans, tu pourrais regarder avec les associations membres de la Fédération trans et intersexe de France ou de l’Association Nationale Transgenre (ANT). Il y a peut-être aussi un groupe LGBTQ+ à ton école? Sinon, il existe plusieurs groupes Facebook et chanels Discord pour les personnes trans, non-binaires et en questionnement.

 

Tu dis que tu “dois” l’annoncer à ton entourage et que tu crains la réaction de certaines personnes. Si tu ne te sens pas en sécurité ou confortable de le faire, je ne crois vraiment pas que tu sois obligé. C’est ta décision au final et tu peux choisir à qui tu en parles ou non. Sache aussi qu’il y a plus d’une façon de faire ce type de dévoilement! Est-ce que ce serait plus facile pour toi d’envoyer une lettre ou un courriel plutôt que de l’annoncer de vive voix? De faire une vidéo ou d’envoyer une vidéo modèle par une autre personne?

 

Les deux réponses suivantes de notre site pourraient peut-être également t’intéresser au sujet du coming out?

 

Je comprends que tes questions identitaires t’obsèdent et prennent beaucoup de place dans ta tête en ce moment. Je ne pense pas pouvoir te donner une réponse claire “oui ou non” à savoir qui tu es, seul toi est en mesure de le découvrir. Une chose que je peux te dire par contre c’est que la plupart des personnes cisgenres ne doutent pas aussi fortement de leurs genres, pour la plupart d’entre elleux il s’agit d’une réalité plutôt simple. Le fait que tu te poses autant de questions et que tu ressentes toutes ces émotions peut donc être un signe, mais encore une fois il revient à toi d’en trouver la signification.

 

Voilà, j’espère que ces quelques brefs mots pourront te rassurer un minimum. N’hésite pas si tu aimerais en savoir plus ou recevoir plus d’encouragements! Tu es un individu incroyable et tu mérites beaucoup de bonheur dans la vie.

 

Bonnes réflexions et n’oublie pas de prendre soin de toi,

 

Maxime, stagiaire pour AlterHéros


About Maxime-iel

Impliqué.e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxime a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent.e amateur.e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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