Il m’arrive de ressentir de la dysphorie de genre en raison de certains éléments de mon corps…


Salut ,c’est encore moi Leo,je suis trans et ça fait presque 1an que je le sais.Sauf que parfois quand je me regarde dans un glace je me déteste car je ressemble à une femme et parfois je suis heureux de moi.Parfois je me trompe sur mes propres pronon(c’est assez rare mais bon…) et du coup je me dis que ma mère a raison,que je fais ça juste pour attirer l’attention sauf que dans l’avenir je me vois homme ,je je suis perdu .J’ai besoins de conseil s’il vous plaît .

Leo

Salut Léo!

 

Merci beaucoup de nous réécrire! Je vais faire de mon mieux pour te rassurer et te donner quelques conseils.

 

Tu es un garçon trans et ça fait maintenant un an que tu es au courant. Il t’arrive pourtant encore de ressentir de la dysphorie de genre, un malaise, de l’inconfort ou de la souffrance en raison de certains éléments de corps et de ton apparence ou de comment ceux-ci si sont interprétés par les autres. Il y a beaucoup de garçons de ton âge (cis et trans!) qui désirent atteindre un niveau de masculinité plus ou moins réaliste et qui évitent de montrer tout signe de féminité. En tant que garçon trans, ce besoin de paraître masculin est encore plus important car il peut déterminer si les gens vont te traiter correctement ou te mégenrer. Il y a beaucoup de gens trans qui ressentent de la dysphorie de genre à différents niveaux, et les stratégies pour la réduire peuvent varier tout autant. Quand tu te sens particulièrement mal, tu pourrais par exemple :

  • Faire des activités pour te calmer ou te distraire (écouter un film, faire des exercices ou jouer à un sport, dessiner, etc.)
  • Parler à tes proches de comment tu te sens, particulièrement avec des gens qui vont te genrer au masculin. Parler avec d’autres personnes trans qui comprennent ce que tu vis peut avoir un effet extrêmement réconfortant et validant.
  • Changer quelque chose de ton apparence (te couper les cheveux, porter des vêtements plus confortables ou affirmatifs comme un chandail plus grand, une casquette ou un binder
  • Comme le dit Séré, se rappeler que notre corps nous appartient : si tu es un garçon, ton corps est déjà un corps de garçon, car il est à toi. Les garçons ont toutes sortes de corps. Certains sont nés avec un pénis, d’autres avec une vulve, d’autres avec un mélange des deux. Ton corps n’est pas mauvais, c’est le fait que la société t’ait assigné un genre sans te demander ton avis qui est mauvais. Tu es un garçon important et qui a de la valeur, peu importe à quoi ton corps ressemble. 
  • Penser davantage aux parties de ton corps que tu aimes que celles qui te dérangent, aussi difficile que cela peut sembler parfois, c’est possible de trouver des choses comme son sourire, la forme de ses yeux ou de ses jambes que l’on apprécie et d’y porter davantage attention.
  • Suivre des gens trans qui nous inspirent sur les réseaux sociaux ou encore écouter de la musique et des histoires mettant en scène des personnes trans peut être aidant de se rappeler que nous sommes partout, que notre existence et nos expériences sont valides et importantes et qu’il y a une lumière au bout du tunnel.

 

Et plein d’autres choses! Si cette courte liste te donne d’autres idées, essaie-les!

 

Comme tu le dis, au moins tu ne te sens pas tout le temps mal, il t’arrive aussi d’être heureux avec qui tu es. Tant mieux! Profite de ces moments d’euphorie de genre et essaie de les recréer le plus souvent possible.

 

Je tiens aussi à te dire que te tromper très occasionnellement de pronom pour toi-même ne signifie en aucun cas que tu n’es pas réellement trans. Je te fais confiance quand tu dis que tu sais qui tu es. Reste que c’est une adaptation, après avoir utilisé certains mots pour parler de soi pendant des années on finit par développer une habitude. Mais les habitudes ça se change avec l’effort et la pratique! Par contre, ça doit être vraiment difficile d’entendre de ta mère que tu mens ou que tu fais semblant alors que ce n’est clairement pas le cas. Dans un contexte familial comme celui-là je peux comprendre qu’il soit difficile d’exprimer qui tu es ou même de le comprendre et de l’accepter. J’espère que tu arriveras à continuer de trouver du bonheur et de la confiance où tu peux en attendant le jour où tu pourras faire ta propre vie d’homme sans avoir à cacher qui tu es.

 

L’équipe d’AlterHéros reste là pour t’écouter, te respecter et te conseiller quand tu en auras besoin! 

 

Prends soin de toi et bon courage Léo!

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

Leave a comment