Faut-il passer par la prise d’hormones avant d’effectuer une chirurgie de changement de sexe?


Bonjour, je suis un garçon trans et je me demandais s’il fallait obligatoirement passer par la prise d’hormones pour faire les opérations pour le changement de sexe?
Merci

Salut Elliot,
Merci de nous faire confiance pour répondre à cette très bonne question. Je vais tenter d’y répondre de la manière la plus complète possible en te laissant aussi des liens vers des ressources médicales qui pourront confirmer les différentes options qui s’offrent à toi.
Pour résumer, tu te demandes si l’hormonothérapie est obligatoire pour procéder à une intervention chirurgicale dans le cadre de ta transition, est-ce bien cela? J’entends que tu souhaites vivre une transition adaptée à tes besoins, et je pense que tu as tout à fait raison d’être à l’écoute de ton ressenti et de t’informer sur tes différentes options. On dit souvent qu’il y a autant de façons de transitionner que de personnes trans, alors je te souhaite de pouvoir trouver celle qui te convient à toi!
Dans ton message, tu parles d’opérations de changement de sexe. Je ne suis pas sûr si tu parles seulement des opérations génitales ou plutôt des différentes chirurgies en général, donc je vais aussi inclure des informations à propos de la top surgery/mastectomie au cas où, j’espère que cela te convient!
 
En ce qui concerne les chirurgies du torse, la prise d’hormones n’est pas nécessaire. Comme je vois que tu habites à Montréal, je te laisse un lien vers le site de GRS Montréal si tu souhaites plus d’information au sujet de ces chirurgies, qui sont couvertes pour les résidents québécois et parfois canadiens. Il est toutefois possible de passer par une autre clinique privée au Canada ou à l’étranger.
Chirurgies reproductives/génitales
L’hystérectomie consiste en l’ablation de l’utérus, et peut être combinée à l’ablation du col de l’utérus, du cervix, des trompes de Fallope et/ou des ovaires. C’est une chirurgie couverte au Québec. L’hormonothérapie n’est pas requise sauf si les deux ovaires sont enlevés. Dans ce cas, il faudra supplémenter le corps avec des hormones (que ce soit testostérone ou œstrogènes). Comme tu le sais sûrement déjà, il n’est plus possible de porter un enfant après une hystérectomie. Finalement, tant que ces organes sont présents, un dépistage régulier (disponible ici entre autres) pour prévenir le cancer du col cervical est recommandé.
La métoïdioplastie est une chirurgie visant à créer un pénis avec le tissu génital déjà existant. La prise d’hormones pendant au moins un certain temps est généralement nécessaire pour cette chirurgie puisque la testostérone a entre autres pour effet de faire grossir le clitoris/dicklit qui sera dégagé pour créer le pénis. Il pourrait toutefois y avoir des exceptions à la nécessité de l’hormonothérapie si l’anatomie de la personne s’y prête déjà. Il est aussi possible de rediriger l’urètre dans le pénis, de procéder à une scrotoplastie (création d’un scrotum avec implants testiculaires) et une vaginectomie (ablation et fermeture du vagin avec hystérectomie préalable). Cette chirurgie est aussi couverte au GRS Montréal.
La phalloplastie consiste en la création d’un pénis à partir d’une greffe de peau le plus souvent en provenance de l’avant-bras, ou plus rarement de la cuisse, de l’abdomen ou du dos. Comme pour la métoïdioplastie, l’urètre peut être redirigé dans le pénis et un scrotum avec implants testiculaires peut être formé. Une vaginectomie est souvent recommandée si l’urètre est allongé. L’hystérectomie est par ailleurs nécessaire à la vaginectomie. Il est ensuite possible d’insérer un implant ou une tige érectile. Ces différentes étapes s’effectuent généralement en plusieurs opérations.
La plupart des chirurgien·ne·s performant cette chirurgie, dont au GRS Montréal (sans coûts) s’appuient sur les standards de soins de la WPATH (World Professional Association for Transgender Health) pour déterminer les critères que les patient·e·s doivent remplir pour être candidat·e·s à une chirurgie d’affirmation de genre. Parmi les critères actuels pour la phalloplastie, cette association recommande « une période de 12 mois continus sous hormonothérapie appropriée aux objectifs de genre du patient (à moins que le patient ne présente une contre-indication pour la prise d’hormones) ».
Toutefois, la prise d’hormones n’est pas médicalement nécessaire à la phalloplastie (à moins de choisir d’enlever ses ovaires lors d’une hystérectomie préalable, ce qui n’est pas nécessairement requis), et les expressions « hormonothérapie appropriée aux objectifs de genre du patient » et « contre-indication à la prise d’hormones » peuvent laisser place à interprétation. Il y aurait donc peut-être une possibilité de remplir les critères pour cette chirurgie avec une lettre d’un·e médecin ou d’un·e thérapeute spécifiant que la prise d’hormones n’est pas compatible avec tes objectifs de genre, ou alors que tu préférerais avoir cette chirurgie avant de débuter la prise d’hormones par exemple, si c’est ton cas. Pour avoir une réponse sûre à cette question, il faudrait toutefois la demander directement à l’équipe médicale choisie, que ce soit le GRS Montréal (coordonnées ici) ou ailleurs.
Autres chirurgies d’affirmation du genre
 
La plupart des autres chirurgies de masculinisation du visage, du corps ou de la voix qui n’ont pas été mentionnées ne nécessitent pas de prise d’hormones mais ne sont pas couvertes au Québec.
J’espère que cette réponse a pu t’éclairer un peu et je te souhaite bonne chance dans ton cheminement! N’hésite pas à nous réécrire quand tu veux 
A‧b.

About abab

Bonjour, Je suis étudiant.e dans le domaine de la santé et il me fait plaisir de discuter avec vous.

Leave a comment