Est-ce qu’une dépression peut provoquer un questionnement par rapport à l’identité de genre? Peut-on être trans sans le savoir? Est-ce que mes questionnement sur mon genre sont une manifestation de mon homosexualité?


Bonjour

Je vous écris à nouveau parce que je ressens un nouveau malaise Et vos réponses davant m’ont beaucoup aidé.

J’ai des nouveaux questionnements que je n’avais jamais eu auparavant sauf durant l’enfance et l’adolescence par rapport à l’identité de genre qui me trouble.

Cette nuit je ne savais plus si j’étais fille ou garçon alors que jusqu’à maintenant je m’identifiais en tant qu’ homme cisgenre et je m’identifie à nouveau homme mais j’ai des doutes…

Est ce que une dépression cacher peut me provoquer ce délire de ne plus savoir qui je suis ?

 

Peut on se découvrir transgenre tardivement?

Est ce que parce que j’ai été perturbé par le coming out trans de l’acteur Elliot Page en 2020 peut signifier que je pourrais avoir une dysphorie de genre refoulée ou c’est simplement que je trouve l’acteur plus attirant et séduisant en tant que garcon transgenre que fille cis et ça a commencé à me faire découvrir mon homosexualité ?

Est ce que le refoulement d’une transidentité est possible (Je veux dire je peut être trans inconsciemment ?)

Elliot Page c’est le seul acteur dont le coming out m’a perturbé alors que je n’ai n jamais été perturbé par aucun coming out d’acteurs ou d’actrice par le passé. Pourquoi lui me perturbe autant ?

 

Y a t il différence entre dysphorie de genre et transidentité ?

 

Si durant l’enfance et l’adolescence j’ai eu des doutes sur mon identité de genre est ce que c’est juste lié que je suis gay et je me découvrais gay à ce moment ?

Ou est ce de faux souvenirs que je me fabrique et tout ça est une invention ? Comme j’ai parfois l’impression que je ne suis pas gay, c’est juste une invention dans ma tête.

 

Parce que j’ai souvenirs d’être un enfant solitaire rejeté par les autres enfants au début de l’école primaire parce qu’il y avait une différence en moi que je ne suis jamais à identifier. Ensuite je suis arrivé à m’intégrer aux autres mais j’avais tendance à préférer jouer naturellement avec les filles les jeux des garçons étant trop brutal pour moi dans ma tête. Mais peu à peu j’avais honte et j’ai commencé à plus jouer avec les garçons plus par honte d’être avec les filles que par plaisir.

J’avais alors des doutes si j’étais bien un garçon.

A l’adolescence je m’amusais à cacher mon sexe entre les jambes pour savoir ce que ça faisait d’être une fille ou si ce ne serait pas mieux sans mon sexe masculin et puis j’avais souvent ce fantasme sexuel d’être une femme faisant l’amour avec un homme.

Mais à l’âge adulte ça m’est passé.

En revanche la question de savoir ce que ça fait d’être dans un vrai corps de femme quand on fait l’amour m’a toujours questionné et sporadiquement j’ai envie d’être une femme lesbienne pendant quelques heures en étant dans un vrai corps de femme (la dernière fois que ça m’est arrivé cette crise c’était il y a 2 ans).

 

Mais j’ai quand même des doutes sur la réalité de ce vécu d’enfance et d’adolescence ? Est ce que je peux m’inventer un problème comme celui-ci qui n’est pas la ?

Après j’ai aussi cette sensation par moment de m’être inventé une homosexualité qui n’existe pas.

 

Qu’est ce que j’ai d’après vous ? Est ce une simple manifestation de mon homosexualité que je n’accepte pas ?

Est ce que je peux être trans inconsciemment sans le savoir ? ça me fait très peur si j’étais transgenre sans le savoir ?

Est ce que je suis pas en train de faire une dépression à cause de mon homosexualité ?

Comment savoir si on est trans ? Comment une personne trans découvre qu’elle est trans ?

J’espère que c’est la dernière fois que j’ai besoin de votre aide et soutien parce que je commence à me sentir épuisé physiquement d’avoir ces malaises ponctuels sur mon orientation et mon identité de genre.

2e partie :

Bonjour
Désolé avec mes questions en plus, je me sens très perturbé psychologiquement plus que d’habitude..
Quelle est la différence entre congruence de genre et dysphorie de genre ?

Y a t il un nom en psychologie/psychiatrie pour les personnes qui sont juste en question sur leur identité de genre surtout durant l’enfance et l’adolescence et ce questionnement provoque un malaise identitaire temporaire ? Avez vous de la littérature scientifique à ce sujet abordable ?

Est ce que l’homosexualité non acceptée durant son adolescence peut pprovoquer ce trouble sur son identité de genre ?

Et je me rappelle qu’en sport scolaire j’étais un garçon très nul encore plus nul que la plus nul des filles en sport j’avais en dessous de la moyenne et donc mes camarades se moquaient de moi ou me classer en fille à cause du sport et moi je me classais en fille à cause du sport je ne me sentais pas à l’aise pour tout ce qui est sport de garçons (comme le foot) .
Et ado aucun sports masculins ne m’attiraient ….
Et aussi quand j’étais très petit on me confondait parfois physiquement avec une fille…
Et parfois des femmes me disent récemment que j’ai un côté féminin pourtant je fais tout pour être un homme cisgenre viril.
C’est troublant pour moi.

Mon seul problème est que c’est juste que j’ai une partie de ma personnalité qui n’est pas conforme à mon genre et je suis un gay qui n’arrive pas à totalement à s’accepter ? Et je ne dois pas m’inquiéter plus….

Enfin quand j’ai le fantasme d’être une femme depuis mon adolescence, Est ce juste un fantasme car en dehors de ces périodes de doute et de panique je m’identifie comme homme cisgenre et je ne me suis jamais habillé au féminin toujours en homme masculin et avoir un sexe masculin me plait beaucoup …. Je ressens juste parfois le besoin de savoir ce que peut ressentir une femme dans un corps de femme en sensations en sensibilité et quand elle fait l’amour…
Je me dis juste que si je dois me reincarner je voudrais l’être dans un corps féminin. 

Pour vous j’ai les symptômes d’un trouble ? Ou c’est juste une crise d’angoisse que je fais. 

Désolé pour ce long roman…

Bonjour,

 

Ravi.e que nos réponses précédentes aient été utiles. Je vais répondre à tes deux questions en un message si tu me le permets.

 

Je tiens premièrement à dire que se poser des questions sur son identité de genre, tout comme sur son orientation sexuelle, n’est pas un délire ou un problème de santé mentale. Il n’y a absolument rien de mal de malsain à naître garçon puis plus tard à s’identifier comme fille. Il n’y a pas non plus d’âge pour avoir ces réflexions. Certaines personnes le réalisent très jeunes, d’autres beaucoup plus tard.

 

Pour répondre en premier à l’une de tes questions, la dysphorie de genre fait référence à un sentiment de souffrance dû à la différence (ou l’incongruence) entre son identité de genre et la façon dont son genre est perçu. Par exemple, il est possible de ressentir de la dysphorie à cause de certaines parties de son corps, ou parce qu’une personne nous a genré au masculin et appelé monsieur. La transidentité est le fait d’être trans, donc d’avoir un genre qui est différent de celui qui nous a été assigné à la naissance. Certaines personnes trans ressentent une grande dysphorie de genre, d’autres moins ou pas du tout, certaines personnes trans vont effectuer une transition pour modifier leur apparence, leurs papiers légaux ou leur corps, d’autres n’en ressentent pas le besoin ou n’ont pas la capacité de le faire.

 

Dans tous les cas : il n’y a absolument rien de mal à être trans, ni à vouloir effectuer une transition. Il s’agit dans la grande majorité des cas de la meilleure façon de faire diminuer l’angoisse et la dysphorie de genre.

 

Le type de jeux et le genre des enfants avec lesquels on joue durant l’enfance peuvent parfois être un signe pour certaines personnes trans, mais pas toujours non plus. Ce n’est certainement pas toutes les filles qui aiment le rose et qui jouent exclusivement avec des poupées après tout. Même principe pour l’intérêt envers le sport et la personnalité, il y a des femmes très sportives, et des hommes avec un caractère doux et posé.

 

Je suis vraiment désolé.e que tu aies subi des moqueries et des commentaires désobligeants lorsque tu étais jeune pour ne pas correspondre aux stéréotypes et aux attentes en lien avec la masculin. Ça a du être assez difficile, mais ça n’a pas causé ton genre ou ta sexualité.

 

Il est possible que le coming out d’Elliot Page ait eu un impact. Parfois la représentation de célébrité.e.s LGBTQ+ peut servir d’élément déclencheur à ses questionnements identitaires personnels. Il peut arriver que l’on se reconnaisse davantage dans certaines personnes ou dans leurs parcours. Je ne sais pas pourquoi Elliot Page a davantage d’effet sur toi que d’autres, mais je suis quand même content.e que tu en sois venu à te poser des questions. Apprendre à mieux se connaître ne peut être qu’une bonne chose au final.

 

Je crois qu’il est possible de “refoulé” sa transidentité, dans le sens de ne pas admettre et d’éviter inconsciemment le sujet afin de se protéger mentalement. Cela pourrait tout de même laisser le sentiment général qu’il y a quelque chose qui ne marche pas, à être inconfortable, sans arriver à identifier de raison.

 

Beaucoup de personnes LGBTQ+ vont douter d’iels-même au moment de découvrir leur orientation et/ou leur genre. On vit dans une société qui peut souvent être fermée, voire même violente, à l’égard de la diversité sexuelle et de genre. Accepter et affirmer une identité non-hétérosexuelle et non-cisgenre n’est pas facile, mais être authentiquement et visiblement soi-même en vaut la peine.

 

Il y a tout de même une différence entre un fantasme ponctuel d’avoir un corps féminin lors de relations sexuelles, et le désir d’adopter une identité et une apparence féminine dans les autres aspects de la vie courante. Les deux sont possibles et légitimes, et ils peuvent coexister simultanément ou non.

 

Il n’est pas impossible que intérêt pour la féminité ne t’amène pas à vouloir adopter un rôle de femme, et que comme tu mentionne cela soit plutôt en lien avec ta sexualité et ton oriention. Certains hommes gays et bi ont une relation avec la masculinité et la féminité qui est différente des hommes hétéro. Il n’y a aucun problème si cette possibilité t’interpelle davantage. 

 

Au final, je comprends que toutes ces interrogations entraînent beaucoup d’anxiété, de détresse et d’épuisement. Ça fait partie du processus. Je t’encouragerais à essayer de trouver ce qui te fait plaisir et ce qui affirme qui tu es, puis de le faire intentionnellement le plus souvent possible. Tu peux faire des expériences, essayer des nouveaux vêtements, accessoires ou du maquillage, essayer un prénom et des pronoms féminins et voir comment tu te sens là-dedans. Essayer est probablement la meilleure façon de savoir, ou en tout cas d’avoir une meilleure idée. 

 

On est toujours là si tu as besoin d’aide ou de soutien, 

 

Prend soin de toi,

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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