Est-ce que mes questionnements sur mon identité de genre sont liés à un trauma sexuel?


Bonjour, j’ai découvert récemment en thérapie (que j’ai du arrêter à cause de manque de fonds), que je fais de la dissociation à cause de traumas sexuels vécus à l’enfance. Donc pour ce qui est de la partie génitale, la dissociation est parfois beaucoup plus grande que celle que je vie en général psychologiquement. C’est tellement intense, que souvent j’ai le gout d’avoir un pénis. Juste comme fuck le vagin. Comment faire pour comprendre psychologiquement si ce que je vie est plutôt relié aux traumas ou bien à un questionnement d’identité de genre? Si j’ai pas envie d’être un homme non plus. Et aussi, il y a des jours ou je suis ben correcte d’avoir un vagin, mais que j’ai pas le gout d’être perçue comme une femme. Mais des fois j’ai le goût d’être ultra féminine aussi…C’est des vagues d’émotions ben contradictoire en constance, et ce des fois plusieurs fois dans la même journée.

Giny

Bonjour Giny,

 

Merci beaucoup de nous écrire! Désolé·e que tu aies dû renoncer à ta thérapie, j’espère que tu pourras trouver des alternatives à tarif modulable ou que tu puisses te qualifier aux remboursements d’aide psychologique offerts par l’IVAC.

 

Pour ta question, je crois que je dirais qu’un questionnement d’identité de genre vise généralement plusieurs aspects de l’identité et caractéristiques de sa présentation. Tu dis ne pas vouloir être un homme, parfois aimer être féminine et d’autres fois ne pas vouloir être perçu‧e en tant que femme. Les sentiments en lien avec son genre et la façon dont on veut l’exprimer peuvent être complexes, et comme tu le mentionnes aussi, fluctuer et changer de jour en jour. En théorie, il est possible d’être une femme sans vouloir être perçu‧e ainsi par moments, ou encore de ne pas être une femme (être un homme trans ou une personne non-binaire par exemple) et d’avoir un côté féminin développé que l’on aime montrer aux autres. Je ne pourrais pas vraiment si l’une ou l’autre de ces explications, ou encore une totalement différente, s’applique à ton cas. En tout cas, il s’agit d’une réflexion intéressante à avoir et à explorer 🙂

 

Je dirais aussi qu’un traumatisme sexuel subi à l’enfance peut entraîner certains triggers (ou déclencheurs) qui rappellent les évènements ou provoquent une réaction de dissociation, ces triggers pourraient être en lien avec des organes génitaux ou des caractéristiques masculines/féminines. Généralement cela peut aussi avoir un impact sur sa vision et ses émotions en lien avec la sexualité et ses organes génitaux ou ceux des autres. Je ne pourrais pas non plus confirmer hors de tout doute, mais ça me semble aussi être une explication plutôt logique à ce que tu ressens.

 

En termes de solutions, as-tu déjà entendu parler des différents modèles de packers (prothèses péniennes) et/ou de dildos? Il existe différentes tailles, formes et couleurs, certains sont flacides, d’autres en érection, d’autres permettent d’uriner debout. Ils se portent généralement dans des sous-vêtements ou harnais spécialisés. L’avantage est qu’ils sont temporaires, tu peux en porter un les jours “fuck le vagin” et l’enlever le lendemain. Et c’est possible d’avoir un packer indépendamment de son identité ou expression de genre (féminine, masculine, neutre), et indépendamment de ses traumas, triggers ou tendances à la dissociation. C’est possible de packer juste pour le plaisir, parce que ça nous tente et nous rend plus confortable.

 

Pour plus d’info sur les packers :

Pour en acheter :

  • Jeunesse lambda et TransEstrie ont des programmes d’accessibilité à ce type de produits, tu peux leur écrire pour des conseils et/ou de l’aide financière
    • rdaag@transestrie.org
    • admin@jeunesselambda.com

 

J’espère que ces quelques informations te seront utiles, et que ton chemin de guérison et/ou de transition seront un peu plus clairs.

 

Passe un bon temps des fêtes,

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.