Est-ce possible de contracter une ITSS en allant dans des toilettes publiques?


Bonjour,

Est-ce que c’est possible de contracter une ITSS lorsqu’on fait un dépistage des ITSS par auto prélèvement lors d’un contact indirect avec des fluides corporels? Par exemple, si une personne infectée va aux toilettes, fait les prélèvements sur elle puis débarre la porte en ayant un peu de fluide infecté sur sa main et sort des toilettes. La personne suivante entre quelques secondes plus tard, barre la porte et se retrouve alors avec un peu de fluide infecté sur sa main. Elle procède ensuite à son auto prélèvement et cette main touche ses propres muqueuses ou alors le coton tige utilisé, qui lui touchera ses muqueuses… Ou alors c’est vraiment impossible d’être infecté comme ça?

Merci!

Caro

Bonjour Caro,

Merci de faire appel à AlterHéros pour répondre à tes questions. Je vais m’assurer de te fournir une réponse complète et rassurante. Si je comprends bien, tu te questionnes sur les moyens de transmission des infections transmissibles sexuellement ou par le sang (ITSS), plus précisément tu aimerais savoir s’il est possible de contracter une ITSS lors d’un dépistage par auto prélèvement. 

Pour répondre à ta question simplement : non, tu ne risques pas de contracter une ITSS lorsque tu fais un dépistage par auto prélèvement lors d’un contact indirect avec des fluides corporels. La situation que tu décris est un mythe qui est assez courant concernant les tests de dépistage par auto prélèvement et les résidus possibles d’ITSS sur une poignée de porte ne constituent pas un risque significatif de transmission. Les bactéries et virus causant les ITSS survivent difficilement à l’extérieur du corps humain. Je sais qu’aller se faire dépister pour des ITSS peut être assez anxiogène et que l’on peut avoir peur d’avoir des ITSS. Cette peur provient principalement de nos cours d’éducation à la sexualité qui dépeignent les ITSS comme quelque chose de super grave, d’irresponsable ou de pas propre, alors que ce n’est pas du tout cela! 

J’aimerais te mentionner qu’il y a seulement cinq liquides qui peuvent être porteurs d’ITSS : le sperme (incluant le liquide pré-éjaculatoire), les sécrétions vaginales, le sang, le lait parental et les sécrétions anales.  Aucun autre liquide à par ces derniers ne peut te faire développer d’ITSS. De plus, il est seulement possible de développer une ITSS en :

  • ayant des rapports sexuels anales, orales et/ou vaginales non protégées,
  • en entrant en contact avec les organes génitaux de quelqu’un qui a une ITSS  
  • en partageant des objets qui auraient pu toucher des sécrétions ou du sang contaminé (genre un rasoir, une brosse à dents, des jouets sexuels, seringues).

De plus, j’aimerais te mentionner que bien que je sais que la possibilité de contracter une ITSS peut être très stressant, il est important de garder en tête que la possibilité de contracter une ITSS fait partie des risques auxquels on s’expose lorsqu’on est sexuellement actif. C’est quand même très commun d’expérimenter une histoire d’ITSS au moins une fois dans sa vie! L’important c’est de trouver les outils de prévention les mieux adaptés à notre situation, de se faire tester régulièrement, de notifier nos partenaires advenant un résultat positif, de prendre les traitements appropriés le cas échéant, et d’avoir une bonne communication avec tes partenaires afin de discuter de santé sexuelle. Néanmoins, c’est tout à ton honneur d’avoir réalisé un test de dépistage! C’est une excellent habitude à avoir! Cela permet te prendre ta propre santé sexuelle en main et de contribuer à celle de tes partenaires. 🙂 

Je t’invite à lire cette réponse un peu similaire à la tienne : Quels sont les risques pour le VIH ou les hépatites si ma valise a roulé sur du sang et que j’ai déposé cette valise sur mon lit?

J’espère t’avoir fourni une réponse complète et rassurante.

N’hésites pas à nous réécrire si tu as d’autres questionnements,

Chaleureusement,

Misanka, intervenante à AlterHéros


About Misanka

Misanka a récemment gradué en études féministes à l’Université Concordia. Elle est passionnée par l’études des pratiques sexuelles basées sur le plaisir et par l’étude de la race en corrélation avec la sexualité. En parallèle avec son poste à AlterHéros, elle est aussi coordonatrice du projet Sens, un programme d’éducation à la sexualité dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal (https://headandhands.ca/programs-services/sense-project/)

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