13 avril 2024

Depuis mes 12 ans, je me pose beaucoup de questions sur mon identité de genre...

bonjour

je suis une fille et depuis mes 12 je me pose beaucoup de questions sur mon identité je m’en fou si ont me dit il ou elle j’aime pas ma poitrine mais je préfère plus il mais j’ai la peur de le dire à mais proche j’ai la peur de sortir avec mon blinder

Émilie Grandmont

Bonjour à toi!

 

Merci de faire confiance à notre équipe pour répondre à ta question.

 

Tu es donc en questionnement par rapport à ton identité de genre, préférant le pronom « il » et n’appréciant pas ta poitrine. Tu ne sais pas comment en parler à ton entourage et tu as peur de sortir en portant ton binder.

 

Premièrement, comme dit maon collègue dans cet extrait d’une ancienne réponse:

Tout d’abord, définir son identité de genre n’est pas toujours une étape facile. L’identité de genre fait référence au genre auquel une personne s’identifie, sans égard à son sexe assigné à la naissance ; c’est un sentiment personnel et intime que seule la personne concernée peut affirmer. L’identité de genre est invisible. Ce qui est visible, c’est l’expression de genre. L’expression de genre ce sont les caractéristiques comme l’habillement, la coiffure, le maniérisme, la voix, etc. qui sont genrées dans nos sociétés. […] L’expression de genre n’a pas à être « conforme » à notre identité de genre ou notre sexe assigné à la naissance.

L’identité de genre est un concept fluide qui peut évoluer dans le temps et il est tout à fait normal de se questionner sur son genre. […] Personne ne peut déterminer ton identité pour toi, c’est une réflexion qui t’appartient entièrement et que tu peux avoir à ton rythme. Ce n’est pas une course! D’ailleurs, beaucoup personnes trans ou non-binaires changent de façon de s’identifier au fil de leur exploration ou de leur transition, ce qui est tout à fait légitime et normal. Et même si, après avoir exploré, tu te rendais compte que tu te sens plus confortable avec le genre qui t’as été assigné à la naissance, ça n’invalide en rien ce que tu vis présentement!

Comme je l’ai mentionné, tu as le droit d’explorer tes sentiments à ce sujet et de prendre le temps d’explorer différentes identités. Jouer avec son expression de genre et ses pronoms est un très bon début pour trouver l’identité qui te plait. Tu peux expérimenter avec différents types de pronoms, des vêtements plus masculins, etc. pour voir ce que tu préfères.

 

Ensuite, il est certain que si tu souhaites utiliser le pronom « il », ça implique d’en parler à tes proches. Je tiens toutefois à te dire que le coming-out n’est pas un processus obligatoire. Tu pourrais explorer sans en parler tout de suite aux autres, ou alors y aller à ton rythme et commencer tranquillement. Par exemple, tu pourrais demander à une personne en qui tu as confiance et avec qui tu penses qu’il serait possible d’être encouragé et supporté de commencer à te genrer au masculin, pour voir comment tu te sens avec cela. Si tu te sens bien avec ce pronom, tu pourrais progressivement demander à d’autres personnes de confiance de faire la même chose. Tu peux aussi décider à qui tu fais ton coming out, par exemple, tu pourrais seulement en parler à tes ami·e·s, pas ta famille, ou le contraire. Il y a aussi différentes manières de le faire, que ce soit en personne, par message texte, par courriel, par lettre, par téléphone, etc.

 

Voici aussi quelques pistes de mon collègue Hadrien qui pourraient aider:

  • Tu peux le faire graduellement, en exprimant petit à petit des pans de ton identité [de genre] (par exemple, en changeant ta coupe de cheveux ou ta garde-robe) pour permettre à [tes proches] de s’habituer.
  • Tu peux choisir la façon de l’annoncer à [tes proches], en fonction de tes préférences (lieu, moment, canal de communication écrit ou verbal…), ainsi que le temps que tu veux consacrer à la discussion (courte ou longue).
  • Tu peux demander à une personne de confiance de t’accompagner au moment de faire ton coming out à [tes proches] pour te soutenir.
  • Tu peux insister sur l’aspect positif de la nouvelle: lui dire que c’est un moment important pour toi, que c’est une preuve de confiance et que tu ressens du soulagement à lui dévoiler cette partie de toi.
  • Tu peux essayer de répondre à ses questions, nuancer ou reformuler ses propos. Sache toutefois que tu n’as pas à faire son éducation ou à subir d’insultes.
  • Si la conversation prend une tournure qui te met mal à l’aise, planifie une «porte de sortie», c’est-à-dire un endroit où tu peux te retirer. Tu pourrais ensuite réessayer d’aborder le sujet plus tard, si tu en as envie.

 

Et quelques ressources, provenant de cette réponse de maon collègue Maxim·e qui pourraient être utiles à toi ou tes proches:

Il y a cet article qui mentionne différentes réactions négatives possibles des parents (mises en doute, déni, questions sur l’origine, honte ou dégout, idées reçues, etc.) lors d’un coming out.[…]

Le site WikiTrans est une bonne introduction sur les réalités trans que tu peux utiliser et partager. Je te recommanderais les pages suivantes :

 

Finalement, sais-tu pour quelles raisons exactement tu as peur de sortir avec ton binder? Est-ce à cause du regard des autres? Des questions que tu pourrais te faire poser? De ton confort? Je te conseille, encore une fois, d’y aller à ton propre rythme. Tu pourrais commencer en l’essayant dans ta chambre pour voir si la sensation et l’apparence te plaisent. Si c’est le cas, tu pourrais simplement continuer en le portant une fois de temps en temps dans ta chambre, chez toi. Il se peut qu’un jour, tu te dises que tu aimerais le porter pour aller à l’extérieur, mais tu n’as pas à le faire tant que tu n’es pas à l’aise! Écoutes tes sentiments et tes envies, fais-toi confiance. 🙂

 

J’espère que ma réponse pourra t’aider. N’hésite pas à nous recontacter si tu as d’autres questions!

 

Émilie (elle/she), pour AlterHéros

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