Comment jeter de façon écologique et propre les capotes que j’utilise pour me masturber?


Bonjour,

Je suis assez embêté par la situation suivante :

Pour me masturber, j’utilise un préservatif, une fois celui-ci utilisé, je prend un petit sachet (ex : sac congélation), et place le condom à l’intérieur et puis l’ensemble v à la poubelle.
Mais, vus la fréquence, je pense que cette méthode, bien que très propres, ne soit pas très écologique.

Donc, n’y a t-il un autre moyen plus écologique et tout aussi propre de jeter la capote usagée ?

Merci

Bonjour Stéphane,

Merci de faire confiance à AlterHéros pour ta question!

À la suite d’une autre question, tu aimerais avoir des idées pour trouver d’autres options plus respectueuses de l’environnement afin de disposer des déchets créés par les moyens que tu utilises actuellement pour la masturbation. Je te propose qu’on suive ensemble un outil développé pour diminuer notre impact environnemental : la règle des « R ». Cette méthode consiste à appliquer les stratégies suivantes en respectant leur ordre de priorité : Refuser, Réduire, Réutiliser/Réparer, Recycler/Composter.

Dans la situation que tu décris, nous pouvons séparer l’action en plusieurs séquences distinctes : se masturber, utiliser un préservatif, mettre le préservatif dans un sac, jeter le sac à la poubelle. J’en profite pour rappeler que les fluides que notre corps produit lors de l’excitation sexuelle et de l’orgasme sont sains et naturels. Ils ne sont pas plus « sales » que les autres fluides que notre corps produit comme les larmes, la transpiration, la salive ou l’urine. En même temps, c’est normal de désirer se nettoyer après avoir été en contact avec ces substances puisqu’elles peuvent être collantes, visqueuses ou dégager des odeurs que nous trouvons désagréables après un certain temps. Plusieurs personnes neuroatypiques peuvent justement être plus sensibles aux textures et aux odeurs. D’autres personnes pourraient aussi ressentir de la dysphorie de genre par rapport aux fluides émis par leur corps. On peut aussi avoir un sentiment de dégoût très intense pour différentes raisons, notamment en raison de nos croyances ou parce que cela nous rappelle des événements difficiles du passé.

Nous pouvons donc commencer par nous demander s’il est possible de refuser de produire des déchets dans cette situation. Évidemment, nous pourrions décider de tenter de tout refuser, mais on se rend bien compte que ce n’est pas réaliste. Nous avons besoin d’utiliser différents objets au quotidien pour faciliter notre vie, nous protéger des intempéries, palier à des handicaps, conserver et préparer la nourriture, etc. Une première stratégie possible serait donc d’explorer s’il est possible de ne pas utiliser du tout de préservatifs ou de sachets en plastique. Je comprends bien en lisant ta question que ce n’est probablement pas une solution souhaitable ou possible pour toi. Cependant, si jamais tu te masturbes près d’un évier, d’un bain, d’une douche, d’une toilette ou d’un bidet, il y a la possibilité d’éjaculer directement dedans et de rincer à l’eau. Un nettoyage régulier de ces surfaces avec les produits de ménage habituels fera ensuite très bien l’affaire. Si tu utilises une chaussette que tu as déjà, c’est aussi possible de la rincer et de la mettre au lavage par la suite.

Tu pourrais aussi tenter de réduire la quantité de déchets en utilisant un seul sachet pour recueillir les préservatifs pendant un certain temps, surtout si tu te masturbes plusieurs fois dans une journée ou dans une semaine. Une fois que le préservatif est noué, son contenu ne devrait pas s’écouler tant que la paroi n’est pas endommagée. Il est donc possible de jeter directement le préservatif utilisé à la poubelle. Si tu souhaites un peu plus de discrétion, tu peux le camoufler en l’enroulant d’un mouchoir par exemple.

Ensuite, tu pourrais considérer acquérir un objet que tu pourras réutiliser à cette fin. Les préservatifs sont conçus pour un usage unique, mais il existe d’autres options comme les masturbateurs (fleshlight en anglais) qui peuvent être nettoyés et réutilisés plusieurs fois. Cela permet aussi de varier les sensations puisque différents produits ont des textures différentes. Qui sait, cela pourrait être une belle découverte! Pour ce qui est de l’hygiène, voici des conseils détaillés pour que tout reste propre! Enfin, il est possible de choisir des objets que tu peux recycler ou bien des sachets et des sacs de poubelles que tu peux composter. Tu peux aussi t’informer sur les pratiques environnementales des différentes marques. Pour les préservatifs, pourquoi ne pas essayer des marques comme Glyde ou Green Condom Club?

J’espère que ces quelques idées pourront t’aider à trouver une méthode qui te convient et qui a moins d’impacts négatifs sur l’environnement. Tu devras peut-être faire plusieurs essais pour trouver ce qui te convient et c’est bien correct si tes besoins changent dans le temps. N’hésite surtout pas à nous réécrire si tu as d’autres questions!

Rose Dorian, technicien.ne en travail social pour AlterHéros


About Rose Dorian

Rose Dorian est une personne autiste, queer, trans et non binaire diplômée en techniques de travail social depuis 2016. Iel intervient principalement avec des personnes survivantes/victimes d'agression sexuelle et de violences ainsi que leurs proches et avec des personnes neuroatypiques.

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