Comment faire comprendre à mes parents la douleur que je ressens quand on me dit que je suis un garçon et que les robes sont pour les filles?


Bonjour,

Je m’appelle Lohan et je suis assigné garçon de naissance.

Bonjour j’ai bientôt 14 ans et depuis le début de la 6ème je ressens une grande douleur par rapport au fait que les personnes autour de moi me considèrent strictement comme un garçon, alors que je suis non-binaire mais que mes parents n’en ont parlé a personne et font comme si je ne leur avait rien dit. J’ai fais mon coming-out à mes parents. Mais depuis ils ne me prennent pas au sérieux surtout ma mère qui me répète sans cesse qu’il n’y que 2 genre et que c’est des trucs d’enfant qu’il faut se sortir de la tête et que je n’ai que 13 ans et dès que je veut m’épiler ou me faire “jolie” j’essaye de lui en parler mais reste sur ce qu’elle dit. Je voudrais lui dire que je ne veut plus qu’elle me genre au masculin mais plutôt au féminin car mon genre de naissance commence a m’écoeurer après avoir entendu cela.

Quand j’étais en fin primaire jusqu’au début collège ou mes parents se sont séparé, j’avais les cheveux court et je détester ça, depuis je me les laisse pousser et puis ma mère ces mise à me poser des questions comme « ton prénom, il te convient ? » en rigolant j’avais l’impression qu’en réalité elle ne voulait même pas essayer de comprendre car elle penser que c’était “passif” et les gens arrêtais pas de me pousser vers l’un de ces deux genres qui ne me convenait pas. Mais laisser mais cheveux pousser mes amies me suivent et me comprennent ce qui me fait me sentir “bien”

Mais ce n’ai pas la seule chose que je veux changer, je voudrais binder mon torse et sur tout changer mes pronoms, que l’on me genre au Féminin. J’aimerais savoir si c’est possible pour une personne nom-binaire de changer de prénom officiellement et comment faire comprendre à mes parents la douleur que je ressens quand on me dit « c’est pour les filles», « tu es une garçon, je te rappelle les robes c’est pas pour toi c’est pour ta soeur ». Je ne sais pas comment leur faire comprendre que je suis sérieuse, que ce n’est pas qu’une “phase” et que je suis nom-binaire mais je ne veux pas non plus être Trans. J’aimerais faire mon coming out et j’ai besoin d’aide.

J’ai repris quelque phrase de (Laura ) dans lequel je me suis reconnue et j’espère que tout ce passe bien pour lui.

Lohan

Salut Lohan,

 

Merci de nous écrire avec les difficultés et les obstacles que tu rencontres. Ça ne semble pas facile pour toi de faire reconnaitre ton identité non-binaire par tes parents. Je suis non-binaire moi aussi, et je suis passé pas des des choses très semblables, ça me ferait plaisir de te partager ce que je connais et d’essayer de t’aiderà travers tout ça.

 

Avant tout, je tiens vraiment à dire que ton identité est valide et légitime. Tu as parfaitement le droit d’être non-binaire et de vouloir changer certaines choses et pas d’autres. Tu dis que tu ne veux pas être trans, mais être trans c’est de ne pas s’identifier complètement et exclusivement à son genre assigné à la naissance, garçon dans ton cas. C’est possible de faire une transition, de faire des changements par exemple au niveau social, légal et médical pour affirmer son genre. Tu peux avoir ton propre parcours, et en tant que personne non-binaire il peut être différent de celui d’une fille trans ou d’un garçon trans. 

 

Maintenant, les arguments d’être “trop jeune” pour connaître son genre, ou encore qu’il s’agit “d’une phase” temporaire de jeunesse sont souvent utilisés pour invalider le personnes trans et non-binaires et empêcher l’exploration et l’affirmation de genre. L’avantage c’est que tes parents ne pourront pas toujours utiliser ce raisonnement, un jour ou l’autre les années finiront par passer. Souvent, les parents ont besoin de temps pour comprendre et s’habituer. La rigueur, la fermeté et la stabilité sont des façons de montrer que tu es sérieuse dans ce que tu demandes.

 

En attendant, tu peux leur rappeler régulièrement la façon dont tu veux qu’on fasse référence à toi. Tu peux le faire le plus souvent et le plus clairement possible, mais c’est correct de ne pas avoir le goût ou l’énergie de le faire à l’occasion. Un peu comme se faire pousser les cheveux, ça prend beaucoup de temps mais ça avance! Ta mère t’a demandé si tu étais confortable avec ton prénom, et n’a pas vraiment écouté ta réponse, mais c’est peut-être un signe qu’elle commence tranquillement à intégrer l’information.  

 

Un autre point important est qu’il peut être plus difficile pour une personne assigné.e garçon de faire des choses typiquement associées à la féminité que l’inverse. La masculinité est un peu perçu comme neutre ou naturelle, alors que la féminité est visible, extravagante c’est un performance. En tant que personnes non-binaires, on peut déstabiliser le système et les règles en lien avec ça, si on a envie on peut mélanger, minimiser ou exagérer ce qui est associé au masculin/féminin. Tu peux trouver ton style et essayer des stratégies qui t’intéressent, comme l’épilation ou les robes.

Cela dit, je pense qu’une réalité en tant que personne non-binaire est que ce ne sont pas toutes les personnes que l’on vas rencontrer qui vont connaître ou comprendre la non-binairté. En particulier les personnes plus âgé.e.s, ce qui inclut parfois malheureusement nos parents. Je dirais que c’est nécessaire d’apprendre à être autonome, à prendre soin de soi  et à faire des choses pour son propre bonheur plutôt que pour être accepté.e.s. Je dirais aussi que se faire des ami.e.s LGBTQ+, particulièrement des ami.e.s trans et non-binaires. Tes expériences sont communes à beaucoup de personnes, et en parler avec iels peut aider à se sentir moins seul.e.s. En France il y a le serveur Discord Fransgenre et plusieurs associations.

 

Pour répondre à l’une de tes questions, une personne non-binaire peut légalement changer de prénom en France àpartir de 13 ans avecl’accord de ses parents. IL n’y a encore que les metions de sexe F et M de disponible, mais de plus en plus de pays comme le Canada offrent maintenant une option X pour les personnes non-binaire. 

 

Tu termines en disant que tu avais besoin d’aide pour faire un coming out. Est-ce que tu sais déjà à qui tu aimerais en parler? Tu risques d’avoir besoin de faire plusieurs coming out tout au long de ta vie à différentes personnes et dans différents contextes. Les quelques premiers et ceux aux personnes les plus proches sont souvent les plus intimidants. Tu peux aussi avoir une personne qui t’accompagne ou qui sera là pour t’écouter après le coming out. Tu peux faire diminuer l’anxiété en te préparant et en planifiant ce que tu veux leur dire et dans quels mots. Certaines personnes préfèrent des coming out à l’écrit (par lettre, texto ou courriel), pour bien réfléchir à la façon de le formuler, d’autres préfèrent les discussions de vive voix. 

 

Voici quelques ressources que tu pourrais lire pour te sentir plus prêt à faire ton ou tes coming out et à répondre aux questions, ou encore que tu pourrais partager directement avec les personnes de ton entourage:

 

Voilà les principaux trucs que je voulais te partager. J’espère que cela t’aidera dans tes démarches. Je t’envoie beaucoup de courage et de patience.

 

Solidairement,

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.