Avez-vous des trucs pour qu’une rupture ne soit pas trop désastreuse?


Salut Fanny, salut Chloé.
Merci pour vos réponses continuées.
Bon… Alors j’ai fait mes listes. Et après beaucoup de réflexions, de tensions, de chicanes, d’angoisse et de larmes, j’arrive devant une nouvelle sorte de question… Avez-vous des trucs pour qu’une rupture se passe pas trop désastreuse? J’ai l’impression d’arriver à un point que je ne peux plus continuer dans la même direction et c’est comme un barrage qui craque. Je pense que je ne peux pas faire durer la situation du moment, c’est comme si je n’avais pas réalisée avant comment toute mon énergie va dans quelque chose qui ne devrait pas me vider de cette manière. Mais je ne sais pas trop comment me lancer, c’est comme être devant un gros ravin. Je ne sais pas comment rassembler le courage. Je ne veux pas blesser ma copine. C’est inévitable mais j’aimerais que ce soit le moins pire possible. Je ne sais pas si c’est mieux que ce soit bref ou une très longue conversation. J’ai peur que ce soit brusque ou bien que ca tourne en rond. Je ne sais pas c’est quoi le meilleur lieu ou le meilleur moment pour être respectueuse de tout le monde. J’ai peur que ca fasse une très très grosse colère (mes amis ont proposé de m’attendre dehors mais si ma copine les voit ca sera pire). Ou qu’elle ne soit pas d’accord et qu’elle refuse qu’on se sépare. Ou encore qu’après elle soit complètement brisée et que ca soit dangereux pour son moral ou sa santé. Je ne sais pas si ca serait mieux d’avertir de ses amies ou de sa famille qu’elle passe un moment difficile, c’est toujours très important pour elle de préserver son intimité et de ne pas mêler d’autres gens à ce qui se passe entre nous. Ca la dérange vraiment quand je parle d’elle à des personnes. Je veux respecter ca mais aussi des fois on dirait des signes que ca ne marche pas comme ca devrait. Elle était vraiment fâchée que je vous ai écrit vs mes amis qui m’ont félicité que c’est bien de s’ouvrir et de chercher des solutions avec du monde neutre ou avec de l’expérience d’aide. C’est un meilleur sentiment de me sentir encouragée. Et mes amis ils n’étaient pas sur la défensive quand j’ai dit que je vous ai écrits parce que je ne savais pas comment me placer entre eux et ma copine et par rapport à avoir montré mon corps et douté de mon honnêteté. Ils ont dit que c’était normal que j’ai de la confusion et des grosses émotions et tant mieux si je pouvais en parler pour m’éclairer et m’enlever un poids. Il me semble que c’est la bonne manière d’être des amis… Que ca devrait être la bonne manière d’être des amoureuses ici. Mais je vois à quel point je n’ai pas beaucoup ca dans le quotidien avec ma copine et de moins en moins en plus. Mais c’est dur de choisir que je veux arrêter qu’on essaye de faire des efforts pour être ensemble. Juste à y penser mes mots s’étranglent dans ma gorge et ca ne serait pas ok de le faire par écrit. J’ai essayé de noter mes idées et mes sentiments mais même avec ca mon corps et ma voix bloquent pareil quand j’essaye de me pratiquer.
Aussi, je suis stressée à cause des paroles de “dévoiler des histoires intimes, des messages intimes ou des images intimes”. Mes amis essaient de me convaincre que c’est sûrement 99% juste pour me faire peur, que ca lui causerait plus de tort qu’à moi, etc. Ils ont suggéré de demander clairement et directement de ne pas diffuser d’informations personnelles et d’effacer toutes les images “compromettantes”. Ils disent que je devrais aussi le demander par écrit pour avoir une preuve claire et avertir que c’est illégal de refuser. Est-ce que c’est vraiment illégal si elle garde des images? Ou si elle en montre mais que je suis majeure et pas nécessairement toute nue? Je me demande si ce serait une bonne précaution ou bien si ca risque d’alimenter les disputes ou de lui donner des idées….
Avez-vous des idées rassurantes et applicables pour une rupture “clean” et sans trop de drames?
Merci!

Bonjour M-E,
Je te remercie de ta confiance envers AlterHéros.

Tout d’abord, je tiens à te féliciter pour ton cheminement personnel et pour la demande d’aide que tu as faite. Je suis consciente que cela n’est pas toujours facile.

Si je comprends bien, tu souhaites savoir comment quitter ta copine et cela crée en toi beaucoup d’anxiété. Ta copine a eu des comportements violents envers toi. Tu en es rendue à un point où tu ne peux plus continuer dans cette voie. Tu crains les réactions violentes de ta copine lors de la rupture et tu as peur de la blesser. Tes ami.e.s t’offrent beaucoup de support.

Je tiens à te mentionner que tu mérites d’être en sécurité, tant psychologiquement que physiquement. Ton bien-être est primordial. 

Je vois également que tes ami.e.s se soucient beaucoup de toi. Je crois que la situation entre ta copine et toi les inquiète beaucoup. Tu leur as parlé de la violence que tu vivais, tant psychologiquement que physiquement. Menacer quelqu’un de partager ses histoires intimes ou ses photos, ce n’est pas rien et cela est une forme de contrôle. De plus, c’est illégal partager des photos intimes sur le web ou par texto sans le consentement d’une personne. Le site Éducaloi vulgarise le tout.
Si je comprends bien, c’est uniquement le partage d’images intimes qui est illégal, et pas la conservation de celles-ci (lorsqu’on est majeur.e). Par contre, j’étudie en sexologie, alors le droit n’est pas la discipline avec laquelle j’ai le plus d’aisance. Pour ce qui est du partage des histoires intimes, je ne suis pas une spécialiste en la matière, mais je crois qu’il n’y a rien qui encadre légalement cela. Pour en être certaine, tu pourrais peut-être te renseigner auprès d’une ressource en matière de violence conjugale puisque les menaces de dévoilement de photos ou d’histoires intimes sont assez communes dans des situations de rupture où le ou la partenaire est 
violent.e.
Tu te questionnes aussi sur la façon à procéder pour éviter le partage de tes photos intimes suite aux menaces de ta copine. Ta copine n’est peut-être pas au courant de la loi sur le partage des photos intimes. Peut-être que lui en faire part pourrait l’en dissuader ? Par contre, tu as peur que cela alimente la dispute ou lui donne des idées. Il est impossible de prévoir sa réaction ni ses comportements. Que tu lui mentionnes ou non, elle t’a menacée… Dans les deux cas, il y a un risque qu’elle les dévoile. Il en revient à toi de prendre une décision éclairée.

Tu as peur de blesser ta copine. Tu sais, une rupture n’est jamais facile des deux côtés. Il se peut que tu la blesses. Il se peut que tu aies toi-même de la peine. Cela fait partie du processus de rupture. Il n’y a malheureusement pas de bon moment et de façon universelle de rompre avec quelqu’un. Une rupture peut se faire en personne (dans un lieu public, chez toi ou chez elle), par texto, au téléphone, par courriel, etc.
Il est important que tu trouves une solution avec laquelle tu es à l’aise. Tu crains les réactions violentes de ta copine lors de la rupture et tes 
ami.e.s t’ont proposé de t’attendre à l’extérieur de chez elle. Ta sécurité est importante et je crois que tes craintes et celles de tes ami.e.s est un signe que tu dois prendre des précautions. On ne peut pas prévoir la réaction de quelqu’un, mais on peut mettre en place un filet de sécurité. Tu te soucies d’elle là-dedans et tu fais preuve de sensibilité, mais je crois qu’il faut te soucier de toi d’abord. Quelle option penses-tu être la plus sécuritaire pour toi ? 

Tu mentionnes que ta copine ne veut pas en parler aux autres afin de ne pas mêler d’autres gens à ce qui se passe entre vous et cela la dérange également quand tu parles d’elle à d’autres personnes. Parfois, il y a des gens qui aiment préserver leur intimité, mais dans le cas où le ou la partenaire perpétue de la violence envers l’autre, cela est souvent un signe de contrôle. Dans beaucoup de cas, les proches ne sont pas au courant des situations de violence conjugale parce que le secret est bien gardé. C’est parfois pour une de ces raisons que des partenaires violent.e.s ne parlent pas de leur relation ou n’aiment pas quand l’autre partenaire en parle.
Tu mentionnes qu’elle était fâchée lorsqu’elle a appris que tu nous as écrit. Penses-tu que cela pourrait être pour la raison que j’ai énoncée précédemment ? Si tu parles de la rupture à ses 
ami.e.s pour t’assurer qu’elle ait du support dans cette étape de sa vie, ne penses-tu pas plutôt que cela montre un réel souci envers son bien-être malgré la violence qu’elle te fait subir? Si jamais tu ne souhaites pas en parler, tu peux toujours lui recommander des ressources pour obtenir de l’aide, par exemple, Le Seuil. Cet organisme offre des services pour les personnes ayant perpétré de la violence dans leur(s) relation(s) de couple. Souvent, ces personnes éprouvent beaucoup de détresse et d’insécurité. Ce genre de ressources pourrait les aider dans leur cheminement. 

Dans tout ça, je vois que tu fais preuve d’un courage et d’une résilience exceptionnels. Malgré les embûches, tu es arrivée à en parler à tes ami.e.s et à demander de l’aide et à faire beaucoup de démarches. J’ai lu les messages précédents que tu as envoyé à AlterHéros et j’ai pu voir que tu as fait un cheminement incroyable.

La violence vécue dans les relations intimes n’est jamais facile. C’est pourquoi je vais te présenter une liste de ressources que tu pourras consulter si jamais tu en as besoin.

 Je te souhaite la meilleure des chances pour la suite. Si tu as d’autres questions, n’hésite pas et nous serons là pour toi.

Bonne journée,
Sandie


About sandie

Sandie est étudiante au baccalauréat en sexologie à l’UQÀM. Elle trippe sur le vintage, les couleurs pastel, les paillettes et les fleurs.

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