Après 6 semaines d’une prise de risque, dois-je réaliser un deuxième test de dépistage pour le VIH?


Bonjour ,
Après 6 semaines de prise de risques j’ai fait l’analyse suivant : eclia vih1 et 2 ag p24 et la sérologie c’était negative et ce que je dois refaire un test ou pas

Alex

Salut Alex !

Merci pour la confiance que tu donnes à AlterHéros. Si je comprends bien ta question, tu as récemment fait un test de dépistage pour le VIH, et ce six semaines après une prise de risques, et tu te demandes que signifient les résultats. Tu te demandes également s’il est nécessaire de refaire un deuxième test de dépistage.

D’abord, je souhaite souligner ta proactivité! Tu as très bien réagi en allant te faire tester à la suite d’une prise de risque, c’est exactement la chose à faire! Même si cela peut être stressant, connaître son statut sérologique concernant le VIH est la meilleure façon de prendre soin de soi et de nos partenaires.

 

Dépistage

Tout d’abord, si tu as des questions précises concernant des résultats de dépistage, l’idéal est de contacter directement ton ou ta médecin ou le laboratoire où les échantillons ont été analysés afin d’adresser tes questions. Puis, je tiens également à te rassurer que tu aurais été contacté‧e directement par un‧e professionnel‧le de la santé si une anomalie ou un résultat positif avait été détecté. Ce qui, selon ta question, ne semble pas le cas. En cas de doute, je me répète, n’hésite pas à communiquer avec la personne responsable de ton dépistage pour avoir plus d’informations ou pour adresser tes questions. 🙂

Il existe plusieurs tests permettant de détecter le VIH dans le corps humain. Dans la situation décrite dans ta question, lorsque le résultat se lit comme suit «sérologie négative», ou même comme «test non réactif» ou «test négatif», cela signifie qu’aucune trace de VIH n’a été détecté dans le sang. Le terme ECLIA est l’abréviation du «test par électrochimiluminescence» qui est simplement le nom donné au type de test de dépistage que tu as réalisé. Ce type de test permet le diagnostic d’une infection par les deux types de VIH (soit le VIH-1 et/ou le VIH-2). La façon que le dépistage du VIH fonctionne, c’est que l’on tente de détecter l’antigène p24 du VIH-1 et des anticorps anti-VIH-1 et/ou anti-VIH-2 dans les échantillons de sang pris lors du dépistage. C’est beaucoup de mots et d’abréviations compliqués et je suis entièrement d’accord avec toi que la lecture des résultats de nos tests de dépistage devraient être beaucoup plus simples et accessibles! Mais en gros, ce que tu as à regarder est l’indication «sérologie négative» qui signifie que ton test de dépistage est négatif, donc qu’aucune trace de VIH n’a été détecté.

 

Le VIH et sa transmission

Parlons maintenant du VIH plus précisément! Le VIH est le virus de l’immunodéficience humaine. C’est un virus qui s’attaque au système immunitaire et qui l’affaiblit. Il évolue en différents stades. Alors que le sida est la quatrième phase d’évolution du virus du VIH. Le sida est en quelque chose le stade maladie du VIH. En d’autres mots, on ne contracte pas le sida, on contracte le VIH. Cette distinction est importante, car en ayant un suivi médical approprié et un accès à des traitements antirétroviraux, il est possible de contrôler suffisamment le VIH afin d’éviter de développer de symptômes pouvant être apparentés à un stade de maladie. 

Pour citer cette page du Portail VIH/sida du Québec : «Il est important d’avoir en tête que la transmission du VIH n’a pas lieu aussi facilement que certaines personnes le croient. En effet, pour que la transmission se fasse il faut réunir ces éléments : (1) une porte de sortie du virus (saignement, éjaculation, production de liquide pré-éjaculatoire, allaitement, utilisation de matériel d’injection), (2) une porte d’entrée du virus dans un organisme non porteur (plaie ouverte, lésion de la peau, muqueuse anale, vaginale, injection, ingestion, tatouage, perçage) et (3) un porteur (messager) du virus entre ces deux portes (liquide biologique comme le sperme, le liquide pré-éjaculatoire, les sécrétions vaginales, anales, le lait humain, le sang).»

 

Le VIH et la période fenêtre

Pour citer encore une fois le Portail VIH/sida du Québec, «Les plus récents tests de dépistage du VIH effectués à partir d’une prise de sang (tests standards) peuvent détecter la présence ou non du VIH de 16 à 40 jours après une possible transmission. Ces tests détectent les anticorps du VIH ainsi que l’antigène P24. Après 34 jours, les tests sont fiables à 95%. Pour avoir un résultat fiable à 100%, il est recommandé de passer un test trois mois (12 semaines) après la possible transmission.».

La période fenêtre maximale pour être certain‧e à 100% de dépister le VIH dans notre corps est donc de trois mois après l’exposition. Je t’encourage donc à refaire un test de dépistage pour le VIH en comptant trois mois à la suite de la prise de risque du risque.

 

Et la suite?

Bien que le résultat négatif de ton test de dépistage soit sûr à 95% en raison du fait que tu as attendu six semaines, je voulais quand même prendre le temps de de partager des informations supplémentaires sur certaines technologies traitements de disponibles! L’usage du préservatif (interne ou externe) est un outils accessible et abordable pour prévenir la transmission du VIH. Il est aussi possible de faire les démarches auprès d’un‧e professionnel‧le de la santé pour obtenir la PrEP (abréviation de Prophylaxie pré-exposition) qui est une stratégie de prévention qui consiste à prendre des médicaments antirétroviraux pour éviter la transmission du VIH. Les études scientifiques ont démontré l’excellente efficacité de la PrEP, notamment pour les partenaires séronégatif‧ve‧s en relation avec une personne vivant avec le VIH.  Pour plus d’information, rendez-vous sur maprep.org ! Finalement, avenant un test positif au VIH un jour, il est possible de faire les démarches avec ton ou ta médecin, ou bien en étant référée par l’association VIH/sida de ton pays ou ta région, afin d’obtenir un traitement antirétroviral qui, si pris correctement, peut éliminer le risque de transmission lors des relations sexuelles. Cette stratégie efficace est aussi connue sous nom de TasP (de l’anglais treatement as prevention) et elle s’est popularisé avec le slogan Indétectable = Intransmissible. Connais-tu ce slogan? Les données démontrent qu’une personne vivant avec le VIH, prenant ses traitements et qui maintient une charge virale indétectable, ne peut pas transmettre le virus à ses partenaires sexuel‧le‧s par voie vaginale, anale ou orale. La prise de traitement antirétroviral est donc une stratégie efficace pour prévenir la transmission du VIH, mais également pour éviter que le virus se développe davantage dans son propre corps! Le site du Portail VIH/sida du Québec regorge d’informations pertinentes et vulgarisées concernant le VIH et les différents traitements antirétroviraux.

Je t’invite à consulter cette page de nos collègues du Portail VIH/sida du Québec qui explique de façon très vulgarisée tout ce que tu dois savoir concernant le VIH! Il y a également plein d’articles concernant les différentes infections transmissibles sexuellement ou par le sang. 🙂 L’important lorsqu’on parle de santé sexuelle est simplement de demeuré‧e renseigné‧e sur les différentes infections transmissibles sexuellement ou par le sang (ITSS), d’avoir une communication honnête avec notre ou nos partenaire(s) sur notre santé et nos antécédents, d’utiliser divers outils de prévention comme le préservatif et d’opter pour des dépistages réguliers selon nos comportements sexuels ou le nombre de partenaires que nous avons. Encore une fois, je tiens à te féliciter pour ta proactivité concernant la prise en charge de ta santé sexuelle! C’est réellement tout à ton honneur! N’hésite pas à nous écrire de nouveau si tu en ressens le besoin, ou même pour nous donner de tes nouvelles! 🙂

Bonne chance pour la suite des choses! N’hésite pas à nous écrire de nouveau si tu en ressens le besoin!

Chaleureusement,

Guillaume (il/he), pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.

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