Suis-je bisexuelle ou nymphomane ?


Salut Océane.

Tout d’abord, je te remercie de nous avoir écrit.

Dans ton message, tu nous expliques que, lors de relations avec des gars, tu endurais la pénétration comme « un supplice », mais que tu acceptais ce type de pratique « pour faire plaisir à (tes) partenaires ». Depuis, tu as découvert en toi un intérêt pour les filles et aimes tellement le sexe avec ta copine que tu « ne peux pas rester trois semaines sans faire l’amour ». Bref, tu te demandes si tu es bisexuelle et/ou nymphomane.

Comme tu as évoqué deux « problèmes » distincts, je vais les aborder séparément. Commençons par la question de l’orientation sexuelle. Je ne peux, bien sûr, te dire si tu es, oui ou non, une personne bisexuelle. La réponse à cette interrogation est trop intime pour que je puisse me prononcer là-dessus. Cependant, à la lumière de ton témoignage, j’entrevois deux possibilités.

(1) Tout d’abord, il se pourrait que tu sois une personne homosexuelle. J’en veux pour preuve le fait que tes relations avec les garçons ne semblaient pas te procurer de plaisir. Pire! Tu admettais avoir reçu la pénétration comme un « supplice » et tu reconnaissais t’y être adonnée seulement « pour faire plaisir à (tes) partenaires ». En revanche, avec les filles, tout porte à croire que les choses se déroulent d’une manière plus naturelle et, surtout, plus plaisante. C’est même à partir du moment où tu as constaté le peu de jouissance que te procuraient les relations sexuelles avec les garçons que tu t’es mise à explorer l’homosexualité, ce qui peut constituer une piste de réflexion très intéressante…

(2) Ensuite, il se pourrait, aussi, que tu sois une personne bisexuelle. Je m’explique. Les douleurs que te procurait la pénétration ne signifient pas nécessairement que tu n’as pas de désirs pour les hommes. Ce type de désagrément tire très souvent son origine d’une lubrification vaginale déficiente, laquelle peut être générée par une faible excitation sexuelle, alors que d’autres femmes ont naturellement peu de lubrification. Autrement dit, tu peux éprouver du désir pour un homme, mais si celui-ci ne parvient pas à déclencher en toi une quelconque excitation d’ordre sexuel – soit parce qu’il ne s’applique pas suffisamment lors des préliminaires, soit parce qu’il est trop brusque ou maladroit -, il est normal, à ce moment, de ressentir des douleurs quand survient la pénétration. D’ailleurs, n’as-tu pas écrit que tu avais rencontré un gars qui t’a « fait prendre goût au sexe dans le vrai sens du terme »? Ainsi, dans la mesure où tu pourrais éprouver à la fois des désirs pour des gars et pour des filles, tu devrais en conclure que ton orientation est la bisexualité.

Au fond, c’est à toi de voir où te portent véritablement tes désirs. Dans tous les cas, que tu sois homo ou bisexuelle, sache que ce sont des orientations tout aussi naturelles que l’hétérosexualité et ce, même si je sais que la société sénégalaise, très conservatrice à ce sujet, n’admet pas encore cette vérité.

Abordons maintenant le deuxième aspect de la situation que tu vis : la question reliée à la nymphomanie. De quoi s’agit-il, au fond? La nymphomanie se définit comme l’attrait irrésistible qu’éprouveraient certaines femmes pour la sexualité. On parle de problème de santé mentale quand cet attrait est si fort qu’il tourne à l’obsession et empoisonne le quotidien de la personne qui en est atteinte.

Voyons ce que tu écris à ton sujet. Tu nous dis, en parlant du sexe, qu’ « à force de le faire trop souvent », tu en es devenue « accroc ». Tout d’abord, sache qu’à priori on n’a jamais « trop » de relations sexuelles dans une vie. Il s’agit d’un plaisir légitime et, lorsque vécu entre adultes consentants, c’est la plus belle et la plus sainte des choses humaines. Encore une fois, on ne parlera de nymphomanie que si ce qui doit d’abord être un plaisir devient une sorte d’esclavage, une obsession comme je disais. Or, peut-on parler d’obsession dans ton cas? Tu nous dis que tu ne peux pas passer trois semaines sans faire l’amour. Ma foi!, si je peux me permettre un commentaire personnel, une relation sexuelle aux trois semaines n’a vraiment rien de maladif ou d’obsessionnel! À titre d’exemple, une enquête réalisée en 2008 auprès des Français et des Françaises établissait qu’en moyenne chaque couple a deux relations sexuelles par semaine. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une règle, mais bien plutôt d’une statistique qui devrait permettre de te rassurer sur tes propres habitudes. Ajoutons, par ailleurs, qu’il s’agit d’une moyenne, tous groupes d’âge confondus. Dis-toi qu’à 23 ans, étant en relation avec une copine que tu aimes et qui te permet d’explorer une nouvelle facette de ta sexualité, il est tout-à-fait normal que tu excèdes, et même de beaucoup, la moyenne évoquée!

Bien sûr, si tu sens que, vraiment, tes appétits sexuels prennent trop de place dans ta vie, peut-être devras-tu en conclure que tu as un problème. Alors, j’avoue qu’il sera bon que tu consultes un psychologue ou un sexologue, ne serait-ce que pour éclaircir tes doutes à ce propos. Je te recommande, aussi, de nous réécrire si jamais tu as d’autres question ou, tout simplement, si tu veux partager avec nous ce que tu vis. Il nous fera toujours plaisir de t’entendre et de t’épauler!

Pour conclure, Océane, quelle que soit ton orientation ou la fréquence de tes rapports sexuels, je te souhaite de vivre toujours en étant à l’écoute de tes désirs les plus intimes et de t’épanouir dans la joie.

Bonne chance!

Benoît

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