Ma mère pense que les non-binaires n’existent pas, que ce n’est qu’une mode… Pouvez-vous m’aider?


Je suis cat(pseudo), et j’espére que vous répondrez.

Ça fait un an et quelques mois que je me pose des questions sur mon orientation et mon genre. Je me suis d’abord penser bisexuel et ça a calmer mon questionnement pendant quelques mois et je pensais m’avoir trouver. A ma rentrée au lycée en septembre, j’ai rencontré un non binaire avec qui je suis devenu ami. Et une nuit alors que j’étais en train de parler avec mon nouveau groupe de pote sur WhatsApp je leur demande “vous me trouver féminine ?) J’avais déjà poser des questions de ce genre a des amis et a ma mère mais les réponses ne m’aidait pas car c’était des choses du style”tu te fait des idées” je m’étais resigner. Mon ami non binaire me demande de passer en mp. On parle deux heures et iel m’aide a comprendre que je ne me faisait pas d’idée, que je suis bien non binaire agenre. Je me sens soulagé. Comme si je le savais depuis longtemps. Je lis des témoignages et me reconnais chaque jour de plus en plus dedans. Le problème ?

Ma mère pense que les non binaire n’existe pas, que ce n’est qu’une mode. Je pensais garder le pronoms elle mais j’ai de plus en plus de mal a le garder. J’aimerais me faire le cheveux court et vert mais ma mère me dit qu’il ne m’irait pas que je dois les garder comme ça(long et roux). J’aimerais aussi garder une petite poitrine toute ma vie pour pouvoir la gaché si j’ai envie. J’en ai aussi marre qu’elle m’achètes des vêtements sans qu’elle me le dise. J’ai plusieurs fois tenter de lui faire comprendre que je n’en voulais pas, mais elle insiste ou ne comprends pas, je ne sais pas. Pourriez vous m’aider ?

Cat

Allô Cat!

 

Merci de nous avoir écrit! Tu sembles avoir fait beaucoup de découvertes sur toi ces derniers temps, alors je tiens à souligner ces belles réalisations. Les termes non-binaire et agenre représentent un sentiment intérieur qui était déjà là depuis bien longtemps, je suis content·e que tu aies pu les découvrir grâce à cet·te ami·e à toi. Par contre, tu crains de l’annoncer à ta mère et d’utiliser de nouveaux pronoms car elle ne respecte pas tes choix et ton autonomie à bien des égards, en plus d’émettre des commentaires vexants et mal informés sur la non-binarité. C’est définitivement pas une situation facile, mais je vais essayer de penser avec toi à quelques stratégies pour t’aider!

 

Premièrement, je pourrais te donner quelques trucs plus généraux. Il s’agit de ton coming out, tu as le droit de choisir le rythme et les étapes, à qui tu veux en parler, si tu veux avoir d’autres personnes présentes, quand (planifié ou spontané sur le moment), de quelle façon (en personne, par écrit, par vidéo). Il n’y a pas de recette magique applicable à tout le monde, ça dépend beaucoup de chaque personne et de leur relation avec leur interlocuteur·ices. Ta sécurité est absolument primordiale, et si tu as l’impression que de dévoiler ton identité pourrait te mettre en danger, tu as le droit d’attendre à plus tard ou de ne pas le faire. Certaines personnes attendent d’être adulte et entièrement autonome avant de parler à leur famille de leur identité, certain·e·s ne le font jamais, en aucun cas cela n’invalide qui tu es.

 

Tes demandes à ta mère sont plutôt simples : te couper les cheveux, qu’elle ne t’achète plus de vêtement sans te demander, et possiblement changer de pronoms. Tu as déjà essayé d’aborder les deux premiers points à plus d’une reprise sans succès. As-tu une idée des arguments qu’elle utilise afin de les réfuter? Si elle te dit que les cheveux courts et teindus ne t’iraient pas bien tu peux lui répondre que ça va repousser, que ton style et tes préférences sont différentes des siennes, que tu connais plein de personnes avec cette coupe et cette couleur de cheveux, etc. Tu pourrais lui montrer des photos d’exemples de ce que tu cherches, des vêtements que tu aimes aussi. Sinon, il y a peut-être quelqu’un·e dans ta famille à qui tu pourrais parler de ce qui se passe et qui pourrait travailler avec toi à la convaincre?

 

Être trans ou non-binaire n’est pas une mode, pas plus qu’être une femme ou un homme cis. À travers l’histoire et les sociétés, il y a toujours eu des gens qui n’ont pas adopté les normes de genre en vigueur, qui ont critiqué ou remis en question le système de deux genres ou qui ont entamé des changements dans leur présentation. Le mot non-binaire est peut-être plus récent, et dans les dernières années il y a eu une popularisation de certains termes, mais c’est une bonne chose. Les gens méritent de pouvoir s’exprimer tel qu’iels sont réellement. Les personnes comme nous existent depuis très longtemps et ne sont pas prêt·e·s de disparaître. Pour t’informer sur le sujet, tu pourrais regarder des documentaires comme Disclosure ou des articles comme Here’s What Older Trans And Nonbinary People Want You To Know. Éventuellement, tu pourrais partager ce que tu trouves avec ta mère, et peut-être même regarder des vidéos ou des documentaires avec elle.

 

J’espère que mes conseils aideront au moins un peu! Tu peux nous réécrire si tu as d’autres questions ou si tu as besoin de parler.

 

Bonne chance pour la suite, 

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxime-iel

Impliqué.e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxime a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent.e amateur.e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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